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Munch (Edvard)

Munch

En période de récession économique et de pugilats électoraux, l’affaire a fait pousser des (hauts?)cris à certains: l’une des quatre versions du fameux tableau ‘Le Cri’, du peintre impressionniste norvégien Edvard Munch, a été adjugée à quasiment 120 millions de dollars (soit environ 10 millions la minute d’enchères, il valait mieux ne pas avoir envie de s’étirer les bras au mauvais moment). Petit rappel de l’étymologie des prénom et nom de l’artiste qui a peint le second tableau le plus célèbre (et copié) au monde après Mona Lisa, et, parait-il, inspirateur du démoniaque masque de la série cinématographique « Scream ».

Le prénom ne posera sans doute problème à personne: il s’agit bien de l’orthographe scandinave du mot d’origine…anglaise ‘Eadward’, formé sur deux anciennes racines: ‘ead’ signifie la richesse, le bonheur matériel, le succès; et ‘ward’ évoque le verbe garder; une étymologie idéale pour spéculer sur l’art, non? Le sens est évidemment identique pour les Edouard francophones, les Eduardo hispaniques, les Edwards britanniques, et même pour les formes originales comme Eduart ou…Edoire (si çà, çà n’est pas de la phonétique!).

Le ‘nom propre’, lui, vient de l’adjectif grec ‘monos’, qui veut dire ‘seul, unique’. Parmi des centaines d’autres exemples, un mono-moteur, un mono-ski, un mon(o)-ocle, une mon(o)-archie, c’est toujours une histoire qui s’appuie sur un seul élément. A l’origine, un ‘moine’, c’est donc quelqu’un qui vit seul (un ermite) et non pas en communauté dans un mon(o)-astère! Cela étant, le soir, dans la cellule…mon(o)-acale, il y a de quoi se sentir parfois solitaire.

De cette racine va naitre la liste des termes germaniques Munch, Mönch (le terme allemand actuel), mais aussi Munck, qui va émigrer un jour en Britannie sous la forme Monk. Le terme garde alors le sens définitif de ‘moine’, des gens respectés et riches (c’est le second fils de la famille, en général), et donc bien nourris; le ‘Moine’ (comme Claude, dit Eddy Mitchell) évoque donc, en France médiévale, quelqu’un de très envié. Idem évidemment pour les Lemoine.

Les moines étant très en vue à l’époque, comme le copain de Robin des Bois, Frère Tuc (non, ce n’est pas l’inventeur des biscuits-apéritif), ils vont provoquer la naissance de deux autres mots inattendus, pour de simples raisons de comparaison de ‘costume’, en tous cas de couleur de poils ou de plumes: en France, le passereau habillé comme les moines (marron et noir) va devenir le moineau (étymologiquement: le petit moine), qui n’a pourtant qu’un appétit d’oiseau; en Angleterre, c’est au singe (monkey, le petit moine!) que va s’appliquer la comparaison chromatique. On espère en tous cas que le tableau du Norvégien n’a pas été adjugé en monnaie du même nom.


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