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Nageurs

Nageurs

Encore un podium pour “les Grands-Maitres’ du relais 4X100, avec la victoire de l’équipe française aux Championnats d’Europe de Londres, avec une composition légèrement différente des précédentes formations olympiques: Florent Manaudou, William Meynard, Fabien Gilot et Clément Mignon…De(s) Manaudou(x), il a déjà été question dans ces chroniques (*), profitons-en alors pour dire quelques mots sur les trois autres champions, sans les séparer.

Le plus fort est Meynard, en tout cas étymologiquement, tout comme les Maynard ou les Maynier occitans, et les Mainard ou Ménard parisiens. En fait, la version originelle est celle de William, dont la racine germanique s’écrivait ‘meyinard’ au Moyen-Age, d’après un ‘maginard’ et même ‘magin-hard’ wisigoth! On reconnaît du coup deux éléments, dont la finale ‘hard’ qui signifie comme d’habitude dur, fort, puissant; et le substantif ‘magin’ qui évoque…la force (pléonasme?). Donc, traduction finale: (sous-entendu) “l’homme fort et dur”, surnom probable d’un guerrier à la carrure (ou à la personnalité, au sens figuré) duquel il vaut mieux ne pas se frotter. En tout cas, idéal pour un sportif de haut niveau.

Le Mignon ne l’est pas tant que ça, car il aurait plutôt tendance à…craindre l’eau. En effet, on pense que l’histoire du mot commence à la fin de l’Empire Romain, où une onomatopée (un son) va donner naissance à ‘mine’, pour désigner le mâle de la minette, autrement dit un chat! (dont le diminutif est le chaton, soit le minou). Or, le mot qui va rester en français post-médiéval est…minet. Et, curieusement, il désigne (à la fin du 13ème siècle) les mendiants (ceux qui miaulent à la porte des églises?)

Le mot réapparait au 16ème siècle, avec le sens figuré de « doux ou…mignon comme un chat », donc agréable, joli, voire (excessivement) gracieux: c’est ce qui permettra d’appeler ainsi les favoris d’Henri III…Le sens moderne arrive plus tard, avec l’adjectif bourguignon “mignot”, définitivement avec le sens de charmant ou gentil, en s’appliquant à de petits objets (des mign-ardises) ou à des endroits pittoresques (le surnom de plusieurs rivières en France, le plus souvent dans l’ombre fraiche). Encore de quoi nager.

Le plus complexe est Gilot (ou Gillot, comme l’ex-Pétré de la météo sur TF1), clairement un diminutif du prénom Gilles. C’est cette racine qui risque de nous faire boire la tasse: on suppose qu’il s’agit d’une déformation du prénom latin Eggius (devenu Eggilus, puis Gillus après la chute de l’initiale); ce qui en ferait déjà au départ une contraction de Eggidus (en latin) et Aegidus (en grec), en rapport direct avec “l’égide”, le bouclier magique de Zeus confectionné à base de la peau de la chèvre Amalthée, dans la mythologie grecque. D’où l’idée dérivée de protection, puis symboliquement de parrainage, sous l’égide de…

Autant dire ici une équipe sous les (bons) auspices de la victoire. Et de la force. Et de la gentillesse. Y compris étymologiquement.


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