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Nat (Marie-José)

Nat

On n’a peut-être pas assez rendu hommage à la brune actrice du film (entre autres) de Michel Drach « Elise où la vraie vie ». L’ex-mannequin de mode y jouait le rôle d’une jeune bordelaise éprise d’un Algérien militant du FLN, avec toutes les réactions dont on pouvait s’attendre de la part de la France de 1969 (1). Coïncidence du scénario (ou pas): Marie-José avait un lien très direct avec ce pays, au moins étymologiquement.

Née à Bonifacio d’une bergère corse nommée Biancarelli, surnom possible d’une famille de mégissiers, ceux qui ‘bianquaient’, qui blanchissaient les peaux après tannage; Marie-Josée a donc pour cousin (linguistique!) le français Jean-Michel…Blanquer, actuel ministre de l’Education, mais pour père un militaire kabyle (nord-est algérien) du nom de Benhalassa.

Voilà qui change radicalement la provenance des racines de son patronyme, lequel est composé d’un mot faisant ici fonction de préposition (ben) et d’un nom commun, halassa. Ce ‘ben’, généralement mais un peu systématiquement traduit -à raison- comme ‘fils de’, semble marquer ici un simple lien de fonction avec ce qui suit, en l’occurrence un élément en rapport avec les ânes. Et en fait, il ne s’agit pas de l’animal lui-même mais d’une sorte de couverture ou de support isolant destiné à préserver son dos lors de lourdes charges.

En français, il y a le mot ‘bât’, qui évoque parfois et le chargement et le dispositif de protection; par conséquent, la ‘logique de l’étymo’ interdisant de traduire Benhalassa par ‘le fils du bât’ (totalement in-sensé, au sens…étymologique), il est probable que le surnom s’appliquait à une personne concernée par la fabrication, la pose ou l’entretien de la pièce en question, et non à l’ânier lui-même.

Il existe même un sens possible, dans l’arabe non-classique (autant dire en argot), où ‘halassa’, au figuré, ne retient que l’idée du dos pour suggérer le comportement de quelqu’un qui ‘courbe l’échine’ devant les autres, par déférence ou par lâcheté, pour ne pas dire qu’il fait l’âne, ce qui semble bien mal s’accorder avec la fonction militaire paternelle.

Mais alors, pourquoi ‘Nat’, syllabe claquante et plus ‘tolérable’ comme nom de cinéma que son état-civil officiel, en tous cas à l’époque de son début de carrière (1955)? Comme souvent dans ce domaine, l’origine d’un pseudo est éminemment anecdotique: quand la jeune fille gagne un concours dont le prix est de figurer dans un roman photo avec l’acteur jean-Claude Pascal, ce dernier se moque de ses…nattes, tressées avec application de chaque côté du visage. Le surnom restera, avec bonheur d’un point de vue linguistique pour contrebalancer un prénom plutôt ‘long’ (2).

On se souviendra longtemps de la voix rauque et de l’allure altière de l’aristocrate des « Gens de Mogador », première saga en couleurs de l’ex-ORTF (1972), interprétée par celle dont la souche familiale venait d’un chargement porté par des ânes et qui héritera pour toujours d’un nom…tiré par les cheveux, y compris donc étymologiquement.

(1) Date de sortie du film. Le roman de Claire Etcheverri, dont il est tiré, situe l’action dans les années 1950, pendant des « événements » pas encore appelés guerre.

(2) En communication, on considère que dépasser quatre syllabes est plus difficile à articuler ou à mémoriser, selon les mots…Ne parlons pas de la place du nom sur les affiches.


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