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Onfray (Michel)

C’est le spécialiste préféré des médias pour pousser de temps en temps un grognement (souvent assez justifié) voire donner un coup de griffe à une situation qui lui semble contraire à la réflexion ou à la raison philosophiques. En plus d’une morphologie imposante, le monsieur avait toutes les chances de se comporter de la sorte, au moins étymologiquement…

Ce patronyme quelque peu inhabituel pour des oreilles ‘françaises’ (les Gaulois, eux, devaient bien…entendre la connotation de ses racines) a en effet pour provenance le répertoire germanique; ce dernier adjectif est à prendre au sens le plus large possible, surtout géographiquement, car il ne se restreint pas à la zone ‘allemande’ actuelle mais à un groupe de parlers de l’Europe du Nord.

Entre le 5ème et le 11ème siècle, dans un grand tourbillon de sons qui ont disséminé des mots à travers tout le continent et ensemencé les graines de nombreuses langues, un dialecte qu’on qualifierait aujourd’hui de scandinave a beaucoup compté dans ce mouvement, le norrois. C’est probablement dans ce registre qu’il faut aller chercher une sorte d’onomatopée qui est ‘unn’ (le grognement de la bête?).

En fait, d’un point de vue graphique, il vaudrait même mieux l’écrire ‘ounn’, et même ‘hounn’ avec un bon coup de diaphragme pour s’approcher -phonétiquement- d’un…ours. Ce n’est certes pas la seule syllabe utilisée pour désigner le plantigrade poilu (1) car la présence de l’animal et surtout ses capacités physiques impressionnaient largement nos ancêtres (accessoirement, la viande et le pelage pouvaient également servir à remplir les rayons des boucheries et les boutiques de manteaux).

Mais il semble qu’il ne faille retenir ici que le symbole de l’ours et non son comportement, d’autant que la seconde partie du nom (-fray) est une adaptation de la racine bien connue de ‘frid’ (ou fried) qui évoque la paix, celle qui se compose avec le son de la victoire (sieg-) pour baptiser le vainqueur toutes catégories de la mythologie nordique, Siegfried (2). Notre ‘ours-qui-fait-la-paix’ (on dirait un titre de chef indien) pourrait avoir été le surnom d’un guerrier grand comme un ours, ou qui était le seul à posséder quelque chose de particulier pris sur un ours (peau, dent, crâne…allez savoir, en tous cas sûrement pas un simple amateur de miel).

Notez bien que les Onfray ne sont pas tout seuls puisqu’on trouve, essentiellement en Normandie (comme de par hasard, piste d’atterrissage locale de quelques voyageurs Vikings), des Onfroy et des Onfré, tous pouvant ‘doubler’ le ‘f’ sans problème dans nos états-civils. Vous pouvez même y rajouter l’option britannique, logiquement importée sur l’île à la même époque dans les bagages de quelques nobles vassaux de William (3), soit Humphrey. Une fois déporté de l’autre côté de l’Atlantique, le nom aura un succès certain, surtout en tant que prénom comme pour un bo-gar(s)t du cinéma américain. Lequel avait la réputation de n’être parfois pas si loin de l’ours; au moins étymologiquement.

(1) En général, on s’appuie sur la combinaison ‘b-r-n’ pour faire bern (nom commun), Bern (nom propre), Berne (la ville), Bernard ou Bruno (les prénoms), etc…

(2) Même son pour la version typiquement allemande cette fois, le ‘salut à la victoire’ (sous-entendu du Führer): ’sig heil’, de funeste mémoire.

(3) Guillaume le Conquérant, pas M.Middleton…


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