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Patachou

Patachou

Imaginez une seconde que vous vouliez devenir ‘vedette de la chanson’ (1948), et que vous preniez comme pseudo le nom du restaurant (en l’occurrence le cabaret) dans lequel vous chantez. Evitez Mc Donald’s (sauf si vous vous prénommez Jeannette*) ou Hippopotamus, ce sera plus pratique pour les médias. Et pourtant, c’est ce qui est arrivé à Henriette Ragon, dite (au début, Lady) Patachou, chanteuse gouaillante et actrice française disparue ce jour.

En fait, la véritable histoire du surnom de Mme Billon (son nom d’état-civil) vient de…la ‘pâte-à-choux’ (si, si), puisque le cabaret en question est une ancienne pâtisserie de la Butte Montmartre. Sur une scène où vont défiler croissant de futures gloires du spectacle (de Brassens à Sardou, d’Aznavour à Jacques Brel, sans oublier un passage éclair -au chocolat- d’Edith Piaf), la dame a très probablement été de bon conseil, car étymologiquement, on ne peut pas faire mieux.

Pour une oreille parisienne, Ragon est un peu énigmatique, le mot n’évoquant aucune racine immédiate; or, le mot n’est pas déformé du tout, c’est même la transcription très bien conservée d’un terme germanique assez fréquent, ‘ragin’ (prononcez raguine), base commune de nombreux vocables français. La chose évoque en effet l’idée d’aide ou de conseil, et plutôt de conseil bien avisé. Ainsi va être créé au fil des siècles le surnom d’un ancêtre particulièrement astucieux, et même parfois…roublard.

Selon les régions et les parlers, on va donc trouver des Ragon (conservés tels quels par l’alsacien, entre autres), mais aussi des Ragonet (diminutif), des Ragonaud et Ragoneau (dans un large arc atlantique). A la limite du sobriquet, il y a également des Raguet, Raguette ou Ragougnaud, dont on soupçonne le peu de fiabilité de jugement…Il n’empêche, avec la francisation ‘académique’, cette racine va évoluer, comme habituellement, vers un ‘g mouillé’: on ne prononce plus ‘gu’ à la germanique, mais ‘j’ (rajine), rapidement noté ‘y’ (rayin).

Nous voici donc avec un ‘rayin’ ou ‘reyin’, sans changer d’un neurone le sens du mot; mais, une fois entré en composition avec une autre racine (hard: dur ou fort) par exemple, on obtient ‘rayin-hard’ ou ‘reyin-hard’, qui va se simplifier pour donner son nom à l’animal que l’on gratifie d’une intelligence fûtée, le ‘ren-ard’! Toute la tradition populaire (et littéraire) fera du rouquin le symbole de la roublardise, que ce soit pour tromper le fermier et attraper ses poules, ou pour mettre en évidence la naïveté lourdingue du loup…

Par contre, aucun point commun entre les Ragon et les Rageon ou les Rageau, issus, eux, d’une racine latine qui signifie…racine (même origine que ‘radical’), au sens le plus terre-à-terre du terme puisqu’il s’agit de souches d’arbres. Quant aux Rage tout court, pas difficile de deviner qu’ils ont un rapport avec les enragés, autrement dit des gens coléreux et violents, rarement à prendre au pied de la maladie (sauf parfois le…renard, peut-être!).

(*) actrice américaine de comédies musicales


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