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Pavard (Benjamin)

Pavard

Ce n’est peut-être pas le patronyme qui vous a attiré en quelques dixièmes de seconde, sauf si vous êtes fou de football (et, qui plus est, du championnat allemand puisqu’il joue à Stuttgart – personne n’est parfait-) mais, sait-on jamais, le nom vaut la peine de commencer à s’en souvenir. C’est celui d’un joueur français (1) appelé pour la première fois en équipe de France par le sélectionneur national; et l’étymologie du mot recèle quelques surprises. Comme d’habitude, suspendez quelques instants votre curiosité éventuelle pour exercer votre imagination et tenter de retrouver son origine…

Pas si compliqué? Vous avez raison, puisqu’on peut tout de suite penser à découper ‘Pavard’ en deux syllabes, sans doute un ‘pav-ard’, avec un suffixe le plus souvent de tendance péjorative (2), attaché à une racine bien enfoncée dans les…pav(és), autrement dit une histoire de chaussée comme on le comprend aisément dans le Nord (enfer ou pas) sous le terme de ‘pavée’, ou dans le sud méridional avec ‘pavade’ pour qualifier un endroit où il y a beaucoup de cailloux.

Du coup, Pavé, Pavée et Pavade -avec une majuscule- existent bel et bien en tant que toponyme (nom de lieux), le plus intéressant étant la variante Pavageau (ou Pavageon) qui désignait autrefois un personnage, celui dont le métier consistait à percevoir la taxe de ‘pavage’ qui servait à l’entretien des rues ou des routes. Seulement voilà, pas de Pavard (ou même Pavart) dans cette famille-là!

Il faut alors oublier tout ça et se tourner vers le ‘pavois’, c’est-à-dire, au sens premier, un…bouclier (et non pas un beau drapeau flottant à l’avant du bateau, et pourtant c’est le même!). Explication: c’est à la fin du 13ème siècle que l’on fabrique en Italie, à…Pavie -d’où le nom- des boucliers principalement utilisés par les archers et les arbalétriers. Ce sont ces lointains as de la flèche qui sont à l’origine des familles françaises Pavard précisément, puis ensuite les Pavet, Pavot (3) et enfin leur diminutif Pavelet et Pavelot.

Deux siècles plus tard, la même pièce de protection, fixée à l’avant de certains bateaux, va être remplacée par une tenture d’ornement qui permettra dorénavant aux uns et aux autres de… ‘pavoiser’, y compris à terre d’ailleurs dès qu’il y a le moindre fanion aux couleurs de l’équipe dans les tribunes. Notez que plus le pavois est grand, plus il rassemble de coques, surtout à La Rochelle; et que, quand il est petit, il prend évidemment la forme du diminutif en ‘-on’ pour devenir un pavillon (4); mais que, du temps qu’il s’appelait encore un ‘bouclier’ en dur, on pouvait hisser dessus le chef d’irréductibles gaulois pour toiser les Romains de haut.

De nos jours, le Pavard se trouve plutôt aux entrées de la Bretagne (Ille & Vilaine, Mayenne), et je ne sais pas si Benjamin a une voix de ténor mais, malheureusement, même les meilleurs chanteurs de la famille n’ont rien à voir avec encore un autre diminutif possible qui serait…Pavarotti (pavard>pavarot>pavarotti). Ce dernier n’est en fait qu’une coïncidence homonymique venue du nord de l’Italie, issue d’un ‘pavaro’ (pavârrro) qui désigne une oie ou, dans certaines vallées, une pintade, dont le cri, n’en déplaise à Luciano, ne mérite pas spécialement de se retrouver sur les scènes d’Opéra. Y compris donc étymologiquement!

(1) il a fait ses classes dans l’équipe du LOSC (Lille)

(2) (rappel) fuyard, bavard, taulard, chauffard, saoûlard, viandard…

(3) on se calme, l’autre, le ‘commun’, vient du nom latin de la plante, le ‘papaver’.

(4) Suffixe possible, comme dans un ânon, un girafon, etc.


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