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Pervis (François)

Pervis

Petite incursion rapide dans l’actualité pour saluer une nouvelle performance, et donner un modeste coup de projecteur sur une information que vous avez peut-être laissé passer (vu la vitesse); vous allez apprendre (comme moi) deux mots en même temps, grâce à notre dernier champion français ci-dessus nommé, un spécialiste du kilomètre cycliste (sur piste). Il vient de remporter le Championnat du Monde de sa catégorie, à Cali, en Colombie, dans une ‘course sur roues’; il s’agit d’un sport de poursuite né à la fin de la Seconde Guerre Mondiale au Japon, d’une étymologie assez logique pour du vélo, le keirin (kei=course; rin=roue). Quant au patronyme de François, il est tout simplement parfait!

Y compris au pied de la lettre, ou du mot si vous préférez. Car Pervis n’est ni Pervers (désolé du truisme) ni Pelvis (le surnom d’Elvis Presley) mais tout simplement…’parfait’. C’est l’une des variantes possibles de l’adjectif breton ‘pervezh’, qui exprime à l’origine sinon la perfection du moins moins la précision, la méticulosité; en tout cas, l’attention particulière qu’on porte à quelque chose ou à quelqu’un. Ce qui lui fait prendre parfois, paradoxalement, le sens péjoratif que celui est un peu trop précis dans l’observation de ses semblables, à savoir indiscret ou mesquin. Loin d’être parfait, donc.

En plus de ce mot, particulièrement originaire du Morbihan, on trouve en Finistère les formes Pervé ou Le Pervé; puis, hors terres d’Armor, des Pervès et des Pervez, d’influence plus occitane, et dont l’étymologie se rattache, cette fois directement, au latin ‘perfectus’, à savoir parfait, bonne coïncidence! Mais ne croyez pas pour autant que parfait signifie excellent, unique et incomparable, comme on le croit trop souvent. Car le premier sens de parfait, c’est quelque chose (ou quelqu’un) qui a, en fait, ‘achevé complètement son travail’, qui a accompli à fond la tâche ou le devoir fixé jusqu’à la fin. Parfois dans des domaines inattendus et très spécifiques:

Très prosaïquement, les Romains utilisèrent d’abord le mot pour un travail artisanal: était ‘parfait’ celui qui mettait la dernière main à la confection d’une poterie en tournant la forme idéale. Encore plus ‘terre-à-terre’ (si j’ose dire), le terme désigna l’achèvement complet et réussi du trajet des aliments, autrement dit du…transit intestinal, lequel requiert sans nul doute la forme la plus parfaite possible. Et encore ne connaissaient-ils pas cette crème glacée (en théorie au café) à base d’un seul parfum et d’un alcool au choix, le parfait, pour terminer parfois des dîners-presque-parfaits. Stade ultime de ce participe passé du verbe parfaire (fait/faite > parfait/parfaite), le plus-que-parfait, temps de conjugaison dont je vous cite la définition officielle: «le plus-que-parfait de l’indicatif est un temps du passé qui permet d’exprimer des faits accomplis dont la durée est indéterminée et qui se situe avant une autre action en général exprimée à l’imparfait, au passé composé ou au passé simple». Simple, non? Donc voici l’exemple: vous avez compris les mots que ‘j’avais écrits’…

C’est également la recherche d’un idéal (vestimentaire, cette fois) qui poussa un industriel américain à créer, un jour de 1928, le ‘blouson parfait’ (cuir, fermetures éclair, et future dégaine Marlon Brando), que le monsieur Schott en question baptisa du nom…des cigares de la Havane qu’il fumait: le Perfecto! La tenue ne doit donc rien aux puristes cathares qui avaient opté pour une règle de vie la plus stricte possible, afin de devenir des Parfaits, auxquels on doit très probablement le virage définitif du sens tel qu’on le comprend aujourd’hui. D’ailleurs, je me demande si ces gens-là n’étaient pas un peu…pervers. Y compris étymologiquement.


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