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Picasso, l’expo

Picasso 2 titre

Vu le nombre et le type des sponsors (en bas de l’affiche), vous ne pourrez pas l’éviter dans les semaines qui viennent, quel que soit le media. Alors, pour ceux qui n’étaient pas -encore – là en avril 2014 (époque de bisbilles d’héritage), l’histoire en vaut la peine, car c’est un drôle d’animal, le Pablo. Et aussi, un immense trésor linguistique à couper le souffle (surtout si vous lisez ces lignes à haute voix), puisque le désormais muséifié peintre espagnol avait pour patronyme complet (accrochez-vous): Pablo Diego Jose Francisco de Paula Juan Nepomuceno Maria de Los Remedios Cipriano de la Santissima Trinidad Martir Patricio Ruiz y…Picasso (ouf). Deux lignes complètes pour littéralement retracer la généalogie familiale sur sa carte de visite; on lui sait gré d’avoir rétréci son blaze en ne retenant que les premier et dernier mots!

Cela étant, si vous cherchions (ensemble, ne cherchez pas à vous échapper) la racine du célèbre andalou (oui, oui, pas catalan, comme on le croit souvent, le catalan c’était Dali)? Parmi la théorie des prénoms, noms et autres surnoms de ses ascendants (en partant des grands-parents*), on va se simplifier la vie et ne mentionner que les parents: papa est un Ruiz-Blasco, et maman une Picasso-Lopez…Même si ce n’est pas évident à la seconde (sauf si vous êtes hispanisant, bien sûr), il y a là l’explication étymologique de l’ultime patronyme de Pablo, à commencer par cette tradition -autrefois ordinaire en Europe mais ici un peu ‘envahissante’- aboutissant à la multiplication des noms et prénoms.

En effet, dans les pays d’influence et de pratique chrétiennes, il était historiquement habituel (et recommandé, vu le taux de mortalité infantile) de mettre le nouveau-né sous la protection de tous les saints, parrains et parents possible, d’où l’accumulation de ces diverses invocations; vous connaissez sûrement un grand-père ou arrière-grand-père qui portait les prénoms cumulés de ses ancêtres directs ou collatéraux, ainsi que le saint de son jour de naissance, le protecteur de la famille et plus si affinités, selon votre milieu social.

Autre phénomène ‘onomastique’ (le domaine des noms de famille): la construction de patronymes basés sur une ressemblance physique ou comportementale d’un…animal. Lesiffleur ou Rossignol pour un chanteur, Lapie pour une bavarde, Laigle pour une personne à la vue perçante (ou…au nez crochu), sans parler des Corbeau ou Corneille (Ô rage, Ô désespoir) en raison de la couleur des cheveux ou du vêtement (noir foncé), ainsi que les Castor, Leboeuf (fort comme) et Mouton (doux comme), parmi des dizaines d’autres; c’était également le cas de la famille Picasso, la preuve.

A commencer par papa ‘Ruiz’, diminutif un peu esquinté de…Rodrigue (donc forcément ‘Don’), suivi d’un ‘Blasco’, abréviation un peu plus souple de ‘belasko ou velasko’ qui signifie le petit corbeau)! Auquel répond maman Lopez, dont la lettre finale ‘z’ indique une filiation, soit lope-z, le fils du loup (louveteau dont le père a chassé le loup ou était velu comme?). Coup de pinceau final sur ce tableau animalier, le fameux Picasso qui, lui aussi, apporte une couleur supplémentaire venue…d’Italie!

Car l’arrière-grand-père gênois de Pablo a importé ce nom en Espagne à la fin du 18ème siècle. Surprise: dans son pays d’origine, le ‘picazo’ avait le même sens que le…Picasseau français, à savoir ‘l’homme du pic’, autrement dit un ouvrier qui maniait cet outil. Parfois extrapolé à la hache d’un bûcheron, le pic en question désignait plutôt une pioche de terrassier, d’où le surnom de son utilisateur (Picasso, la peinture au piolet?). Hasard ou coïncidence animale: en France, le picasseau ou pigache a pu être, dans certaines régions, le nom du…pivert, oiseau qui tape sur les troncs d’arbre avec son ‘pic’ nasal).

Or, une fois installé dans le sud de l’Espagne, le ‘picazo’ devenu picasso a davantage été compris comme un dérivé de ‘pie’ (en français); non seulement l’oiseau keptopatte (si j’ose dire) lui-même, mais par comparaison avec son plumage, la couleur noir/blanc de la robe d’un…cheval! Décidément, un étalon issu d’un corbeau et d’un loup; rien d’étonnant que Pablo ait bouleversé les perspectives de la nature.

(*) Faites le test rien qu’avec les vôtres, vous allez voir si c’est pratique au guichet de la Sécurité Sociale…


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