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Rabiot (Adrien)

Rabiot

Pour les uns, c’est un joueur de caractère (donc mauvais) qui vient de saisir l’opportunité de ‘faire le buzz’ en refusant de figurer comme réserviste dans l’équipe de France en partance pour la Russie; pour les autres, c’est un mauvais coucheur qui a perdu une occasion de faire taire un ego surdimensionné…Toujours est-il qu’Adrien est en galère, tout comme son illustre saint tutélaire, un ex-officier de l’armée au service de l’empereur romain…Galère au 4ème siècle après JC (1).

Or, même si notre Rabiot semble en ‘faire des tonnes’, il n’a aucun rapport -en tout cas étymologique- avec son homonyme qui vous a permis autrefois de…rabioter une part de dessert à la cantine de l’école (ou de la caserne, ou du restau d’entreprise, ou du frigo familial, au choix). Car, à l’origine, on ne rabiote pas, on ‘re-biote’, avec une variante de la voyelle tout à fait ‘classique’, comme pour le re-blochon (et non pas le roblochon) c’est-à-dire en dialecte savoyard le fromage obtenu avec le lait d’une seconde traite des vaches.

C’est pour cela que le rebiot a désigné, en particulier dans le langage militaire, le supplément (de pillage!) distribué ‘en sus’ aux soldats (encore) présents sur le champ de bataille; au début du 20ème siècle, c’était un peu moins marrant: le rebiot/rabiot (ou rabiau, dans beaucoup de patois) représentait…le temps de service additionnel requis par l’Armée pour raison de guerre ou de punitions, et sur lequel il était impossible de rabioter, justement.

Alors, pour trouver la clé ce cette énigme onomastique (concernant le patronyme), il faut alors se tourner vers une autre petite transformation linguistique ordinaire, la toujours possible alternance entre les deux consonnes V et B (2). A côté du rabio-écrit, il y a donc le ravio-lit (pardon, lu) ce qui nous plante immédiatement dans le sillon de la racine -c’est le cas de le dire- des ‘raves’, à savoir ces plantes potagères dont le navet est le plus gros représentant (enfin, cela dépend des saisons).

Sans conteste, le rabiot est donc l’ancien (sur)nom du producteur (et donc souvent du marchand, à l’époque pas de grande-distribution), un rabier (nom ‘officiel’) qui vendait sur les marchés ses raves et ses raviots (sans doute le diminutif réservé à une variété de légumes plus petits, ou d’autres régions, histoire de les différencier). C’est évidemment le mot que vous retrouvez en composition dans le nom de certains céleris ou broccolis; et même, puisque le navet a été enregistré au début comme le ‘rave alpha’ (le premier, dans l’alphabet grec), le ‘rave beta’ (le second) ou beta-rave deviendra évidemment le/la…betterave (authentique)!

Cela étant, le seul marché sur lequel était notre Rabiot jusqu’à maintenant s’appelle en fait ‘mercato’; reste à savoir si le prix au kilo de notre Adrien prendra de la valeur ou pas, ce qui risque quand même de nous le rendre encore plus…rabique (celui qui a la rage). Sauf étymologiquement bien sûr.

(1) L’expression ‘être en galère’ ne doit rien au César de Rome mais tout simplement au(x) bateau(x) chargé(s) de convoyer, jusqu’au milieu du 18è siècle, les condamnés de justice pour aller purger leur peine en ramant dur d’où leur nom (galériens), et le plus souvent vers le bagne, d’où leur futur nom (bagnards).

(2) Vous trouverez dans ces chroniques de nombreux cas, souvent illustrés par l’exemple comparatifs de mots espagnols (vida, venta, vino, etc…) écrits V et prononcés B.


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