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RIblon (Christophe)

Riblon

Désormais gravé au sommet du Mont-Ventoux après une double ascension, le nom du vainqueur de «l’étape reine du Tour de France» n’est pas celui du «cycliste le plus connu», comme l’indique judicieusement un quotidien sportif pourtant spécialisé. Notre très francilien Christophe (il est né en Seine-St-Denis) porte pourtant un patronyme à la fois suffisant simple et sonore pour devenir facile à mémoriser, quelque chose de lumineux qui pourrait éclairer le cyclisme français dans les prochaines années, bref un mot qui tourne rond pour ne pas dire blon(d), sauf que notre héros a toutes les raisons d’être brun, du moins étymologiquement.

Pas question de couleur en effet, encore moins de cuisine (qui a parlé de riz blond dans mon dos?), disons d’abord que la terminaison du mot est dûe soit à une très ancienne variante régionale (Ile-de-France, Bourgogne, voire Centre-Ouest), soit à une forme de diminutif de filiation, en clair un mot qui qualifie le fils (ou les descendants) de celui qui ‘rible’, comme le gar(ç)on est le fils du…gar(s), ou le girafon le petit de la girafe, un carafon est une petite carafe, un rejeton un petit rejet, un marmiton un petit…cuisinier, etc. En fait, le mot est d’origine germanique, sous la forme ‘riben’, ce qui donnera en allemand le ‘reiben’ moderne, c’est à dire le verbe frotter ou frictionner. Peut-être même, parallèlement, l’ancien verbe français riper ou ripper, comme quand vous rasez les murs en vous écorchant les coudes.

Chez nous, le mot va évoluer de deux façons différentes, une première fois en gardant le ‘B’ germain, une seconde en y ajoutant un ‘L’ plus agréable aux palais français:
Première version: en vieux-français, ‘riber’ prend le sens évocateur de ‘se frotter à qq’un’, donc se livrer à la luxure de façon crapuleuse (‘Ach, ces gaulois!’). La seule version du mot qui va subsister au fil du temps dans notre vocabulaire est l’adjectif ‘ribaud’ pour qualifier un homme débauché, et plus encore le féminin (comme souvent) soit ‘ribaude’ (demandez à vos anciens ce qu’ils entendent par là, s’ils ont encore des piles dans le sonotone).

Second avatar: en absorbant ce ‘L’ au milieu du mot, riber + L va donner ribler, c’est à dire arracher, toujours avec l’idée de frotter mais cette fois en extrayant quelque chose, en l’occurrence de l’argent ou des bijoux sur quelqu’un, d’où le sens de voler, malgré le peu de scooters et de vieilles dames se promenant avec un sac à main dans Lutèce. Pendant quelques (anciens) siècles, le ribler, riblier et parfois le…riblon vont donc devenir synonymes de pillard ou de vagabond (noter l’amalgame politiquement incorrect mais si logique donc aujourd’hui fréquent). Dans le même ordre d’idée, mais avec un sens plus atténué et équilibré, on trouve en Bretagne d’autres Ribler ou des Riblair, probablement de même racine, qui évoquent un bon-vivant, quelqu’un qui n’hésite pas à récupérer tout ce qu’il peut pour se taper la cloche et plus si affinités, disons un homme à mi-chemin entre le ‘ribaud’ et le ‘riblon’ en quelque sorte.

Voilà peut-être pourquoi notre Christophe a fait main-basse sur cette 18è étape du Tour de France 2013, en raflant -pardon, en riblant- encore quelques secondes à des concurrents qui se trouvèrent fort dépourvus quand la bise (de l’hôtesse du podium) fut venue.

* Note: apparemment construit sur la même ancienne racine, les Riber(y) n’ont en fait rien à voir avec l’idée de voler (cf l’article du 18 avril 2012 dans les archives de ce site), même si parfois on a pu se dire que Frank ne l’avait pas volé!


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