Le site qui vous aide à comprendre le vrai sens de votre patronyme

Rinaldi (Gérard)

Rinaldi

Il a été l’une des voix les plus connues de la chanson, puis du cinéma et de la télévision. Le «Marc» de Sophie a disparu en ce début d’année, après une carrière très fournie commencée dans l’orchestre «Les Problèmes» qui accompagna les premiers tubes d’un chevelu en chemise nommé Antoine; à la fin des années 60, ils feront aussi -excusez du peu- la première partie du concert des Rolling Stones à Paris. On attribue à une dispute du groupe la paternité du qualificatif «vous êtes des Charlots», surnom qui restera à jamais célèbre sur vinyle et sur celluloïd, emmené par la voix de velours de Gérard.

Rinaldi est un exemple typique de patronyme très facile à comprendre, en utilisant deux phénomènes de linguistique que vous connaissez bien: première constatation, ce ‘i’ final est une terminaison caractéristique de l’est du bassin méditerranéen, qui marque en l’occurrence une variante corse, la forme proprement italienne étant alors plutôt Rinaudi, voire Rinaudo…Deuxième indice: le ‘L’ central n’est pas encore vocalisé, c’est-à-dire qu’il n’apparait pas encore comme une voyelle, comme dans Rinaudi justement.

Il est maintenant plus facile de découper ce mot en ‘rin-+-aldi’, et d’accepter que ces deux racines sont de provenance…germanique, comme beaucoup de noms ‘propres’ terminés de la même façon. Il s’agit de «ragin», qui signifie le conseil + «wald», qui évoque le commandement, le gouvernement de quelque chose ou de quelqu’un. Ragin-wald va se transformer en rain-ald, puis rin-ald, et enfin Rinaldi, pour la version qui nous intéresse…Le premier ancêtre Rinaldi était donc un méditerranéen qui avait hérité d’un surnom d’inspiration germanique qualifiant probablement un ‘commandant avisé’, un chef au jugement aigu.

La forme la plus familière en français va alors devenir Ren-ald, puis Ren-aud, prénom de grande notoriété dès la fin du Moyen-Age, puis patronyme très répandu dans notre pays, quelle que soit la forme finale: Rinaud (qui garde encore le ‘i’, près de la frontière italienne), puis ensuite Renaud (comme Line) ou Renault (comme Louis). Sans oublier les Renau catalans, les Renauld lorrains, les Renaux nordistes ou les Reneau tourangeaux, auxquels il faut rajouter une forme féminisée en Renaude, sur laquelle on fabriquera le nom des ‘lieux où habitent les Renaud’, soit les Renaudières ou les Renaudie, selon les régions. On créera même des diminutifs pour qualifier la descendance des Renaud, comme les Renaudin ou les Renaudot (Théophraste).

Les seuls ont l’air d’être des cousins (phonétiques) sont les Reno (comme la chanteuse québécoise Ginette): en fait, ils ne font pas du tout partie de la famille, puisque ces Reno-ci, tout comme le général de la Guerre de Sécession américaine qui donnera son nom à la capitale du jeu du Nevada, viennent d’une abréviation de l’espagnol Moreno, adjectif s’appliquant aux gens ‘maureno’, c’est-à-dire bruns ou tannés.


N'hésitez pas à soutenir ce site ! Il vous est possible de faire un don libre pour assurer un contenu régulier et sans publicité. Votre participation serait grandement appréciée !

 
 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>