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Sanson (Véronique)

Sanson

Panne de micro pour la chanteuse (non, vous n’aurez pas le mauvais jeu de mots, mais, en étymologie, on est bien obligé d’aborder tous les…sons possibles, et celui-ci en fait partie), qui reporte quelques concerts et qu’on espère retrouver rapidement en forme derrière son piano; en forme, ou mieux, en pleine(s) force(s), ce qui correspond parfaitement à l’origine de son patronyme, car il s’agit bien là d’une histoire de victoire et de puissance…

Victoire d’abord à cause de son prénom, inspiré non pas par la légende symbolique (pléonasme?) de la première sainte ‘photographe’ ayant imprimé sur son linge l’image du Christ, et qui s’appelle donc Véronique, mais, sur l’initiale seulement, pour célébrer le V de la victoire sur l’Occupant (enfin des parents créatifs*)…Et puissance par le patronyme cette fois, qui vient tout simplement du Samson de la Bible, l’un des douze fils de Jacob, juge d’israël et néanmoins amoureux de la coiffeuse Dalilah qui n’hésitera pas à le priver se sa force herculéenne en jouant de la tondeuse à ras.

Il n’empêche, le nom s’est vite christianisé et popularisé sous différentes formes, dont, entre autres, un évêque breton du 5è siècle (Samzun, en version armoricaine); on trouve aussi Samsoen en flamand, Samso ou Sampso en catalan, Sansone ou Sansoni en italien plus des Sanzone en Sicile, les Sansonetti représentant enfin le diminutif habituel, plutôt répandu en Corse sur le même schéma que Sanguinetti par exemple.

A la source de toutes ces orthographes, il y a le son hébreu (forcément) ‘Shimshon’ (ne confondez pas avec Shi-mon), lui-même formé sur une racine antérieure dite indo-européenne qui est ‘shemesh’ soit ‘le petit-soleil’, expression figurée évoquant le…rayonnement de la personnalité (et du pouvoir) de son titulaire (**).

Or, d’un point de vue strictement linguistique (et nettement moins fréquent et probable ici), il y a également quelques autres Sanson typiquement ‘français de souche’ qui n’ont rien à voir avec Israël -en tous cas pas directement- mais avec la religion quand même puisqu’ils représentent alors une variante du latin…sanctus (saint, carrément), que vous retrouvez chez les familles Sans et Sanz, ou plus clairement chez les Sanchez espagnols ainsi que chez celui qui pensa, le Sancho. Dans ce cas, Sanson est un hypocoristique, c’est-à-dire un diminutif généralement affectueux, parfois ironique, qui risquerait ici de désigner un ‘petit-saint’ ou une ‘petite-sainte’, toujours aussi équivoques de nos jours.

Sans compter qu’il y a encore ce qui semble être un ‘diminutif de diminutif’, cet oiseau de la famille des étourneaux que l’on appelle sansonnet et qui apparait pour la première fois au 15è siècle sous la forme d’un…nom propre, celui d’un personnage du ‘Mystère de St-Quentin’, oeuvre populo-religieuse des parvis d’église destinée à frapper l’esprit des foules.

Il semblerait bien que ce Sansonnet de théâtre avait bien un rapport avec le géant auquel Dalilah avait coupé les ailes; mais par contre le nom de l’oiseau vient d’un mot d’ancien-français, le ’sassonnet’, outil ou ustensile à usages variés dont le fond était percé de trous, une image de crible que le Piaf reproduit avec les petites taches de son plumage!

C’est l’occasion de rappeler au passage que le sansonnet ne survit guère plus en français que dans l’expression ‘(c’est de) la roupie de sansonnet’ qui veut dire (ça n’a) aucune valeur, et qui reste totalement énigmatique si vous pensez à une pièce d’argent indienne (ou autre) que pourrait posséder l’étourneau en question…Il s’agit en fait d’un double-double-sens, en commençant par la roupie en question, qui désignait au Moyen-Age…la goutte-au-nez.

Et s’il y a peu de chances d’imaginer voir ça au bout du bec d’un oiseau, c’est qu’à l’origine l’énoncé exact de l’expression était…’(il a de) la roupie-sous-son-nez’, ces trois derniers mots se liquéfiant (c’est le cas de le dire!) en sousonnet puis sansonnet, sous influence des prononciations approximatives de la population paysanne, majoritaire dans la société à cette époque.

Mais oublions les histoires de plumage pour revenir plutôt au ramage, celui d’une Véronique capable donc non seulement de victoire mais aussi de faire tomber les murs de la maladie. En tous cas, étymologiquement.

(*) sa soeur aînée se prénomme Violaine, pour les mêmes raisons.

(**) Il y en a bien un qui s’est fait appeler ‘le Roi-Soleil’…


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