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Schoendoerffer Pierre

Schoendoerffer

14 lettres…Pas mieux. Le nom de ce cinéaste et réalisateur de nombreux films sur (et dans) l’armée française nous donne l’occasion d’analyser le sens de ce long mot originaire du Bas-Rhin. Plusieurs fois récompensé pour ses oeuvres (oscarisé pour «la Section Anderson», 3 fois césarisé pour «Le Crabe-Tambour», plébiscité pour «La 317è Section»), cet homme n’était pas destiné au cinéma mais à la paysannerie, ce qui était très probablement l’activité de ses ancêtres, en tous cas étymologiquement.

Nous sommes donc, il y a plusieurs siècles, dans le contexte linguistique de l’influence germanique, où circulent deux racines que l’on retrouve dans une très large zone qui va de l’Europe du Nord à la moitié Est de la France, sans oublier les territoires de la Suisse et de l’Autriche actuelles. Il s’agit de deux mots, ‘schoen’ et ‘doerffer’ (non!?); nous avons ici l’orthographe d’origine, alors que l’on trouvera, selon les régions, des ‘schön’ ou des ‘dorffer’ légèrement différents, mais toujours avec le même sens.

Commençons par ‘doerffer’, dont la terminaison -er signale une activité, voire un métier; ici, il s’agit d’abord d’une situation, car le ‘dorfer’ habite un dorf, un village. Do(e)rf(f)er désigne donc un villageois. Même étymologie pour les variantes Dorffner ou Dorffmann (l’homme du village), dont le sens est plus clair encore avec Dorfmeister, le chef de village (meister pour maitre).

Reste à élucider le premier mot, schoen, sur lequel il y a parfois une confusion avec l’idée d’une chaussure, le ‘Schoenmaker’ (ou Schoenman) désignant l’homme qui travaille le cuir pour fabriquer (maker) des chaussures (shoes, en saxon), le cordonnier…L’ordre des syllabes pouvant difficilement accréditer l’idée du cordonnier du village, il est plus logique d’envisager son homonyme ‘schoen’, au sens de joli, beau.

En effet, cet adjectif entre en composition dans beaucoup de noms germaniques, parfois avec le sens strict de la beauté (un autre Schoenmann), mais souvent avec un sens figuré qui varie selon l’objet:
On connait assez bien Schoenberg, la belle montagne, qu’il faut le plus souvent comprendre comme une montagne grande ou haute (un peu comme on dit un ‘beau morceau de viande’, avec le sens de gros, ce qui ne l’empêche pas éventuellement d’avoir une belle apparence).

Idem pour les Schoenbeck (littéralement: le beau ruisseau), pour décrire une eau claire et pure, ou, selon le contexte, un cours facile à naviguer, voire même poissonneux, la belle rivière!). Quant au Schoenbrod (bread, en anglais, le pain), il s’agit évidemment du surnom du boulanger, lequel peut avoir une sale tronche mais fabriquer du ‘bon pain’, qui fut pendant longtemps le pain ‘blanc’, par opposition au pain-noir!

Petite mention au passage pour les Schoenborn (la belle fontaine), dont la variante ‘autrichienne’ donnera son nom au château viennois de Schoenbrunn, tout cela parce que l’Empereur y aurait découvert une source abondante (de ‘beau’ débit) lors d’une chasse à courre…

Tout çà pour dire que notre Doerffer de villageois serait donc Schoen, sauf que l’épithète ne concerne pas le bonhomme mais sa cité : à l’origine, il ne s’agit pas d’un beau villageois (schoen-dorffer), mais de l’habitant d’un beau village (schoendorf-er). Nuance. Cela étant, pour achever de brouiller les pistes, on a parfois pris ce patronyme au sens figuré, pour désigner un ‘bon citoyen’, ce qui n’eût sans doute pas déplu à Pierre.


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