Le site qui vous aide à comprendre le vrai sens de votre patronyme

Soubirous (Bernadette)

Soubirous

Avant que ne disparaisse totalement des médias ce nom magique qui ne fera peut-être plus de miracle avant des décennies, petit retour sur un patronyme qui a généré de nombreuses énigmes scientifiques. C’est en effet la soixante-dixième fois que l’Eglise et la Médecine sont convenues de reconnaitre la guérison inexpliquée d’une religieuse (il y a du piston dans l’air) italienne atteinte d’hypertension, du nom de…Bernadette (qu’est-ce-que je disais?) Moriau. Bon milieu, bon passeport, bon prénom, tout semblait réuni pour suivre l’exemple de Mlle Soubirous…

Car, à l’époque, on pouvait encore appeler les jeunes filles ‘mademoiselle’, terme rayé des formulaires administratifs français depuis 2012 tout comme ‘nom de jeune fille’ et ‘nom d’épouse’ (en attendant, dans une prochaine époque, les mentions ‘nom de jeune homme’ et ‘nom d’homme marié’ peut-être?), l’égalité ‘femmes-hommes’ devenant ultra-sensible (attention à ne pas dire hommes-femmes, c’est sexiste)!

Cela tombe d’autant plus mal qu’en 1858 (date des premiers hologrammes lourdais), les mythologies conjointes de l’Eglise et du Second Empire oeuvrent pour une (re)construction exaltée et exemplaire du ‘Roman historique français’ en faisant de la jeune bigourdane une pauvre (faux, sa famille possédait une maison particulière et exploitait un moulin) bergère (donc…pas de moutons) sans éducation (elle allait à l’école autant que ses -nombreux- frères et soeurs).

Bref, c’était quand même plus pratique de prévoir l’avenir en casant les apparitions près d’un futur vaste parking, plutôt qu’au fond d’un moulin (imaginez la pagaille) tout en oubliant quand même la proximité de zone inondable, mais en ce temps-là on n’avait pas encore réchauffé la planète. C’est aussi probablement le premier cas de violation du secret de l’instruction par les médias, puisqu’à de nombreuses reprises le procureur impérial utilisera auprès de l’adolescente l’argument que «tu l’as dit dans le journal», alors qu’elle n’avait jamais vraiment cité le nom de la Vierge Marie.

Mais on n’est pas là pour plaisanter gentiment (ça se verrait), car le moins qu’on puisse dire est que notre Bernie a, forcément, pris tout cela de haut puisqu’elle s’appelle…Soubirous (fin de l’introduction): en effet, pour ceux qui ne pratiqueraient pas le gascon quotidien, le mot n’est pas plus compliqué à comprendre que pour les habitants de Batsères (Htes-Pyrénées).

Commençons par détacher un suffixe tout à fait couleur locale en -ous pour ne retenir que la racine ‘soubir-‘, que l’on trouve aussi sous la forme ‘souber-‘ ou mieux encore pour la clarté, ‘super-‘, c’est—à-dire l’adverbe latin qui signifie ‘-au-dessus’. Traduit et adapté en français, il a souvent une connotation de volume ou de dimension (un supermarché, c’est plus grand qu’un marché), de qualité (un superman, c’est plus -fort- qu’un homme) ou, au sens propre, de localisation (SuperBagnères, c’est plus haut que…Luchon)!

C’est justement le cas des soubirous < souperous < superous < superans, qui descendent directement (et pour cause) de l’adjectif latin ‘superanus’ (*), qualificatif idéal pour désigner, au village, ceux qui habitent le quartier (ou la maison) qui est au-dessus des autres, autrement dit le plus haut (sur le versant de la montagne, par exemple).

On peut donc y rattacher les Soubeyran, Soubiran (bonjour Docteur**) ou Soubeyre; sans oublier toutes les orthographes ‘francisées’ sans le ‘y’ occitan (Soubère, etc), variation superbement illustrée par les différentes formes d’un hameau (pyrénéen, évidemment) situé ‘en haut de la ville’, les Souberbielle, rien à voir avec une pièce du moteur mais avec un Supervielle (***) ou Superville (que l’on trouve aussi en Pyrénées-Atlantiques cette fois).

Finalement, la frêle Bernadette était une ‘fille de la Haute’ (montagne), d’autant que, parmi les sens figurés qu’avait acquis le terme latin au fil des siècles, il y a eu l’idée symbolique de quelqu’un qui ‘allait au-delà’ (sous-entendu: des ou de ses limites), ou que ses dons extraordinaires plaçaient au-dessus des autres, ce qui aura clairement été le destin de la fille Soubirous, y compris étymologiquement!

(*) Honnis soient qui mal y penseraient…

(**) Auteur, en 1960, du très sulfureux (à l’époque) ‘Journal d’une femme en blanc’, premier à aborder la question de l’avortement.

(***) Comme l’écrivain franco-uruguyen Jules, qui se disait lui-même…basco-béarnais!


N'hésitez pas à soutenir ce site ! Il vous est possible de faire un don libre pour assurer un contenu régulier et sans publicité. Votre participation serait grandement appréciée !

 
 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>