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St-Cricq (Nathalie)

St-Cricq

A l’occasion d’une «l’Emission politique» mensuelle, passage d’armes un peu tendu l’autre soir à la télévision française entre Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise) versus la journaliste Nathalie St-Cricq (France 2). Il est vrai que le ton habituel et plutôt direct de l’intervieweuse ne lui vaut pas toujours un enthousiasme sans réserve de la part de ses éventuelles ‘proies’, surtout si l’invité-plateau n’est pas spécialement de caractère malléable, ce qui est le cas du-dit ex-ministre et actuel député marseillais; non, de Marseille, nuance…

Dame Saint-Cricq, d’orthographe traditionnelle St-Cricq, n’a d’ailleurs pas besoin de grands efforts pour soulever les protestations de son interlocuteur, ce qui me permet d’évacuer tout de suite l’inévitable allusion qui découle de ce jeu de mots douteux (soyez honnête, vous y avez pensé): le patronyme n’a évidemment rien à voir, de près ou de loin, avec le trop moderne et totalement improbable…’cric’, l’accessoire automobile détesté par les prétendants au permis de conduire bloqués dans une rue à sens unique par un jour de pluie et de crevaison malvenue!

L’origine de ce terme-là, pour autant qu’on puisse le confirmer, remonterait à un terme du Moyen-Age (et même avant) présent dans le domaine…militaire et la langue germanique de l’époque sous la forme ‘kriek’ ou ‘kriec’ pour désigner exactement une crémaillère d’arbalète, d’où l’extension par la suite à tout système avec une roue et une manivelle destiné à soulever des charges lourdes (à condition de bien serrer le frein à main et de ne pas rater l’appui adéquat sur le bas de caisse) …

Tant qu’on y est, signalons un exemple parfait de ‘fantasme’ étymologique: beaucoup (de garagistes?) ont construit une légende du cric sur…Saint Cricq, divinité par conséquent réputée pour être aussi « secourable et utile » (sic) que le mécanisme en question. Curieux transfert obtenu au démonte-pneu; il n’en est rien évidemment, sinon St Roch serait champion d’alpinisme et Ste Barbe fabricante de rasoirs. No comment.

Par contre, il existe (a existé) bel et et bien un saint Cricq dans le calendrier romain, en hommage à un (peut-être deux) martyr(s) de la foi chrétienne (what else?). Ce Cricq, localisé dans les premiers siècles de notre ère quelque part entre l’actuelle Turquie et/ou l’Egypte, a dû suffisamment plaire aux gens du sud (de la France) pour donner pas mal de toponymes généralement situés en zone occitane, pour ne pas dire gasconne. Des Pyrénées au Gers en passant par les Landes -voire la Catalogne, sous la forme…Quirc- le brave homme s’est imposé sans que l’on sache trop pourquoi (1), le répertoire des dédicaces officielles de l’Eglise ne lui allouant aucun domaine de grâces précis.

On est davantage certain de la provenance étymologique de ce ‘cricq’ grec puis latin, formé sur le nom commun ‘kyrios’ qui signifie le maitre (2). A l’époque romaine, le mot devient Quiricus (Kirikou!?), perche tendue vers l’ancien-français ‘quirc’ justement, puis ‘circq’ (rien à voir avec Pinder) et enfin, par l’effet d’une opération linguistique nommée ‘métathèse’ qui permet la permutation de deux sons, ‘circq’ devient ‘cricq’ en avançant le ‘r’ pour obtenir la prononciation actuelle.

Notez bien que, au rayon curiosité phonétique qu’il serait un peu long et trop technique d’expliquer ici, la forme intermédiaire ‘circq’ va également et parallèlement évoluer en perdant le ‘q’ final pour donner ‘circ’ puis…Cyr, un autre prénom qui sera largement en odeur de sainteté auprès des militaires!

Mais le clin d’oeil le plus humoristique revient sans conteste à un marin fumeur de pipe, barbu et surtout au sale caractère; en effet, parmi le répertoire fleuri à la disposition du capitaine Haddock dans les albums de Tintin, figure l’expression «Que le Grand Cric me croque». Pas sûr qu’il s’agisse d’une allusion au saint patron de nos communes mais plutôt à une onomatopée sonore destinée tout simplement à impressionner son entourage; peut-être comme Nathalie alors, mais sûrement pas étymologiquement!

(1) Il s’agirait, selon certains linguistes un peu cyniques, d’une simple prononciation ‘sympathique’ à l’oreille des paysans (!), on appelle ça « l’euphonie », un son qui ‘passe’ bien sans obliger la bouche à trop d’efforts. Ou alors (c’est plus probable), il s’agit d’une ignorance de ma part sur le sujet. Si vous avez mieux, n’hésitez pas…

(2) Voir aussi le récent article sur Hanouna…Cyril, même racine.


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