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Sueur (Jean-Pierre)

Sueur

Vous n’avez peut-être pas fait attention au récent ‘coup de gueule’ (poli) du co-rapporteur de la Commission d’enquête du Sénat au sujet de l’affaire Benalla («…ceci n’est pas une invitation, c’est une convocation…»), mais, avant de faire plier le désormais ex-agent de la garde rapprochée présidentielle, il a dû s’énerver et peut-être transpirer un peu. Bon, ça y est, le (mauvais) jeu de mots est fait, même s’il se justifie tout à fait d’un point de vue phonétique mais pas du tout étymologique…

Il s’agit en effet d’un parfait homonyme (le même mot) à la fois homophone (de même son) et homographe (de même écriture*), que l’on peut évidemment comprendre comme en rapport avec le produit de la sudation. Or cette sueur-là vient non seulement de glandes sous la peau mais aussi d’un verbe latin qui évoque de l’humidité par production de gouttelettes, comme dans une opération de…distillation. Appliqué au corps humain, cela donne évidemment la transpiration ou la suée, ou, comme on disait encore au 14ème siècle, le ‘suin’, qui va donner le verbe suinter bien sûr.

Tout ça grâce aux Grecs, chez qui les Romains ont pompé (si j’ose dire) le son ‘sudr’, écrit à Athènes sous forme d’un ‘h’ violemment aspiré d’un son qui est en fait ‘hudr’, ou, avec l’orthographe du ‘u’ -et non du ‘i’- grec, ce qui nous donne finalement ‘hydr’, racine à la source de toute ce qui concerne l’eau soit l’hydratation et tous ses dérivés, dont l’archétype du ‘monstre de l’eau’ (donc marin), l’hydre!

Mais je dérive, je dérive, et il faut maintenant recoller à notre Jean-Pierre, ou plutôt devrais-je dire recoudre le sujet; car on doit en fait ce sueur-ci au mot latin (certes très voisin) de ‘sutor’, autrement dit le nom de ‘celui qui coud’, ou, plus clairement encore, qui fait des…sutures. En effet, les praticiens spécialisés ne se sont emparés du mot qu’au 17è siècle c’est dire si on était encore loin du fil chirurgical), la suée étant à l’époque une simple couture, d’abord de tissu donc autant dire le boulot du tailleur, puis sur une balafre après avoir voulu en…découdre avec un adversaire.

Avant même l’idée de raccommodeur de pièces de chiffon, le tout premier sens spécialisé du sueur a été celui de cordonnier, l’homme qui pique et coud les lanières de cuir venues de Cordoue pour en faire des chaussures, d’où ce ‘cordouannier’ écarté plus tard du son du douanier. Le raisonnement vaut également pour les Sudre, les Suire, les Suidreau ou Suidraud, tous plutôt ficelés dans les territoires d’Occitanie.

Pour terminer, signalons que l’ex-maire d’Orléans s’est, lui, particulièrement attaché à la langue française puisque, dans les nombreux livres et ouvrages qu’il a fait paraitre, on remarque des travaux sur ‘La lexicométrie et la lexicologie’ (du vocabulaire des confédérations syndicales (!) mais aussi sur Eve, Jeanne d’Arc, Charles Péguy ou…les filières jihadistes. Il faut vraiment être sueur pour suivre le fil, même étymologiquement!

(*) Ce n’est pas toujours le cas: conte, comte ou compte, par exemple, se prononcent de la même façon mais s’écrivent différemment.


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