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Thiriez (Frédéric)

Thiriez

Votre maman vous l’a souvent répété: “dis bonjour à la dame’; pour Frédéric, c’était “dis bonjour aux messieurs”, en l’occurrence les joueurs du club de Bastia. L’affaire se corse (forcément) du fait que M.Thiriez est président de l’association des Ligues européennes de football, et que l’usage eût voulu qu’il serrât la main des-dits sportifs, visiblement très sensibles -même si ce n’est pas toujours apparent- aux codes de la politesse, cette nécessaire hypocrisie des rapports humains qui “coûte peu mais rapporte beaucoup” (*). Une occasion ratée, donc…

Thiriez est un homme ‘du nord’ (bien que né à l’ouest…de Paris: Neuilly-sur-Seine), et, contrairement à l’idée assez fréquemment répandue que tous les patronymes qui se terminent pas un ‘z’ sont d’origine espagnole (ce qui, par ailleurs, est aussi le cas), ce Thiriez-ci a fait souche dans la région du Pas-de-Calais (comme Wauquiez, Mulliez, etc), en tant que variante du ‘prénom’ Thierry. Prénom entre guillemets, puisqu’il faut rappeler ici que ce que nous considérons aujourd’hui comme prénom ou nom ‘propres’ étaient en fait à l’origine le surnom d’un ancêtre lointain, destiné à définir son lieu d’habitation, sa région de provenance, ses caractéristiques physiques ou morales, son métier, etc…

Ici, il s’agit donc d’un ‘thierry’ local, comme il existe des Thiriet, Thiriot, ou tout simplement Thiry, un peu plus au sud-est, en Lorraine et Bourgogne. Ces différentes versions ont toutes pour racine deux mots germaniques, issus de la période entre les 5ème et 7ème siècles (globalement, époque des invasions massives par les tribus d’Europe du Nord). Dans ‘thierry’, il y a donc ‘thie-’, transformation de la syllabe ‘theod’ ou ‘theot’ qui veut dire le peuple; et ‘-ry’, francisation d’un ‘-ric’ qui évoque la force, la puissance.

A l’origine, le Thiet-ric s’appliquait donc à une personne faisant partie ‘du peuple puissant’ (il y en a bien qui sont le peuple élu), probable allusion à un guerrier appartenant à la tribu la plus forte de la nation (ou peut-être simplement la bande la plus violente de son quartier, allez savoir). Thiet-ric ayant évolué en Thier-ric puis Thierry, nous voilà donc avec un ancien qualificatif relativement pugnace; ce qui ne fait pas de tous les Thierry des brutes mais des combattants, fronde à la main ou pas. Peut-être un poil caractériels, mais le choc des clubs n’y est sûrement pour rien.

La preuve, c’est que, si on cherche du côté du prénom Frédéric (sait-on jamais), il est formé comme ‘theot-ric’ et vient de la même époque et de la même région, toujours avec l’idée finale de force, précédée cette fois d’un ‘fred-’ (ou frida, en v.o) qui signifie…la paix. Voilà un indice de bon augure pour la prochaine réunion des instances du football, non? Au moins étymologiquement.

Note: la combinaison ‘thiet-ric’ a également évolué en ‘thiet-rich’, puis, le ‘t’ devenant plus sonore en ‘d’, on arrive forcément à…Dietrich, Frédéric se retrouvant alors cousin -linguistique- de Marlène!

(*) Montaigne, “Pensées diverses” (1580)


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