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Thunberg (Greta)

Thunberg

Il fut un temps où « Une Suédoise à Paris » (titre authentique d’un des premiers films dits érotiques des années 1970) ne suscitait pas tout à fait les mêmes réactions -bien que parfois violentes- de la part des spectateurs. Pour la jeune militante dont le nom vient de la région d’Uppsala (nord de Stockholm), l’éventail va de l’admiration la plus inconditionnelle au rejet le plus instinctif, les un(e)s et les autres se situant de façon très caricaturale dans deux tranches d’âge opposées.

Même si là n’est pas trop la question, il y a eu, au milieu d’un déferlement de haine momentané, quelques commentaires souvent dus à des hommes politiques qui se voulaient vulgaires voire injurieux (les hommes ou les commentaires, c’est comme vous voulez). J’ai, entre autres, relevé deux apostrophes (publiques!) qui disaient « De quoi elle se mêle, la poissonnière suédoise? »; et une autre « (cette fille) c’est un thon », en faisant allusion à son faciès.

Manque de chance, on n’aurait pas pu trouver réflexion plus documentée à défaut d’être intelligente, du moins d’un point de vue étymologique. Car, comme vous avez l’habitude maintenant de décrypter rapidement certaines racines, vous avez déjà identifié dans ce toponyme (c’est bien un nom de lieu) deux parties: ‘thun’- + ‘berg’. La seconde, comme un certain nombre de messages (en français, ‘post’) le disent et le redisent plus ou moins gentiment en ligne, correspond à une traduction un peu sommaire qui signifie montagne, le sens du mot étant le même dans tout le groupe des langues ‘du Nord’.

En fait, comme le ‘mons’ latin qui entre en composition dans tant de noms de communes ou de sites en France, il est moins question de ‘vraie’ montagne que de colline, voire de simple promontoire ou d’une élévation du terrain selon le contexte et la topographie locale. Vue la région du globe où nous nous trouvons, il est même possible qu’on puisse parler ici de falaise au-dessus d’un fjord…

L’énigme – qui ne le reste pas très longtemps après quelques secondes d’attention et…d’imagination – concerne alors la première partie ‘thun’ dont la signification est, en français, thon! Pas mal de passionnés (de pêche aux -bons?- mots) se jettent alors sur une explication tout à fait plausible parce qu’on la trouve dans d’autres langues, l’image d’une ‘colline du thon’ (dans certaines villes, il y a un quartier voire une rue ‘de la morue’), possible surnom d’un rivage marin qui aurait abrité les hangars de collecte puis de séchage des poissons en question.

Le toponyme serait devenu un jour le surnom d’un (ou plusieurs) ancêtre(s) des familles qui travaillaient dans ce secteur, et le tour est joué…Possible mais peu probable, car on trouverait, du coup, des ‘thunberg’ un peu partout en Suède, ce qui ne semble pas être le cas; par ailleurs, Uppsala (si c’est bien la souche du mot) ne se trouve pas du tout au bord de la mer, tout au plus pas loin d’un fleuve dont on peut penser, il est vrai, qu’il a pu accueillir la navigation puis le déchargement des bateaux.

Il y a une hypothèse plus noble, et en tous cas plus historique, c’est de considérer que cette région était, avant la christianisation du pays vers le début du 12ème siècle, le siège de certains rites païens, donc dédiés à l’un ou l’autre des dieux de la vaste et turbulente famille nordique. Parmi lesquels celui dont les Vikings craignaient qu’il ne leur tape sur la tête, le dieu du tonnerre Tor devenu Thor voire Thunor dans une zone saxonne un peu plus large. La montagne (allons-y quand même) du dieu capricieux et effrayant, cela collerait bien mieux à la tradition germano-scandinave.

La preuve, en ayant là aussi l’esprit un peu souple parce que je ne vais pas entrer ici dans des considérations académiques, on retrouve pas loin de ‘thunberg’ le même son en anglo…saxon avec ‘thunder’, et aussi ‘donder’ en néerlandais ou ‘donner’ en allemand (issus d’anciens ’t’ devenus plus gutturaux), dont on suppose qu’ils ne doivent rien à une histoire de chair rose pêchée dans les eaux froides.

Donc pas de quoi traiter Greta de poisson-pilote de la révolution, même si manifestement il y en a qui craignent les foudres de la demoiselle! Y compris étymologiquement.


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