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Torre (Henri)

Torre

Bon d’accord, on avait dit que ce site parlait de l’étymologie des gens célèbres, ou à la Une de l’actualité. Vous ne connaissez sans doute pas (encore) Henri, mais il mérite d’entrer dans l’histoire, au moins la petite, de ceux qui se seront distingués en refusant la «Légion d’Honneur», liste de promotion dont il faisait néanmoins partie en ce début d’année. Le pire (ou le meilleur, c’est selon), c’est qu’il l’avait déjà refusée, en 2008, estimant qu’»on a(vait) nommé trop de gens qui ne la méritaient pas», et que donc elle ne signifiait plus grand’chose.

L’homme ‘en’ a donc manifestement, car rejeter la-dite distinction, surtout après avoir été secrétaire d’Etat, député (UMP), et président du Conseil Général (de l’Ardèche), mérite bien qu’on regarde de plus près l’origine étymologique (et néanmoins énigmatique) de ce septuagénaire énergumène. Ne serait-ce que pour savoir si par hasard il n’aurait pas eu…tort de refuser.

Sachant que la formation des patronymes tient parfois à un jeu de mots sonore, commençons donc par préciser que Torre n’a rien à voir avec tort, lui-même issu d’un participe passé latin qui est «tortum», qui signifie tordu, sinueux, ou pervers au sens figuré, ce qui semble mal cadrer avec le monsieur. Par ailleurs (je viens de l’entendre dans mon dos), aucun rapport non plus avec torre-fier, verbe principalement utilisé pour le café, venu d’un autre verbe latiin qui veut dire dessécher ou brûler, de toute évidence.

Précisons que notre Henri est né au Maroc, d’une famille forcément (et logiquement) méditerranéenne depuis des siècles, mais de l’autre côté de la mer, puisque son nom représente la version…corse (ou espagnole, ou italienne) du mot Tour, tout simplement. Le moins que l’on puisse dire d’une tour, c’est qu’elle se voit de loin, les Torre ont donc pour ancêtre quelqu’un qui habitait sinon dans une tour (rarissime, sauf pour raisons professionnelles) du moins près d’une tour ou au pied d’une tour (mais pas forcément contre, pour autant). Cette forme latino-romane de Torre se ‘conjugue’ d’ailleurs très bien dans les langues évoquées ci-dessus, devenant Torralba, quand la tour est albe (blanche) en Espagne ou au Portugal, par exemple; en Catalogne, on va trouver des Torragros(s)a, des tours non pas grosses mais grandes (gross, au sens germanique).

Quand les tours sont plus petites, on trouve des Toreilles (diminutif calqué sur le latin toricella, comme le nom de l’inventeur du baromètre à mercure, Toricelli, les ‘petites tours’), ou encore des Torrejon, version espagnole.

Signalons pour terminer les patronymes français tout à fait parallèles que sont les Latour, ou De La Tour (comme Georges, pas besoin de vous faire un dessin, ni une peinture). Moins appréciés sont peut-être les Tourette (comme Gilles de la), neurologiste et médecin de la fin du 19è siècle, qui a laissé son nom à une maladie liées aux tocs; ou même les Tourasse, affublés d’une terminaison ici pas forcément péjorative (‘les mauvaises tours’) mais plutôt au sens d’épaisses, larges, avec une grosse masse, que l’on trouve aussi bien en Lot-et-Garonne (la ‘pile romaine’ d’Aiguillon) que dans l’agglomération paloise (devenu un quartier de Pau). Et bien d’autres encore, car, contrairement à la carrière politique d’Henri,  je n’ai pas encore fait tout le tour…


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