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Trierweiler (Valérie)

Trierweiler

C’est (peut-être, à ce jour) une victime collatérale de la ‘campagne des primaires’, la journaliste de télévision (1) Valérie Trierweiler, compagne de François Hollande, apparaît dans l’actualité politique voire (pré)judiciaire. Nom apparemment complexe, sauf pour des lecteurs d’origine lorraine ou alsacienne, puisque l’étymologie de ce patronyme est fidèle à son apparence, strictement de provenance germanique, et même sans doute au-delà, vers le ‘nord de l’Est’, la Scandinavie…

Trierweiler (autre orthographe, Trierweiller) est en effet un mot qui a fait souche dans toute la zone germano-scandinave, et qui concerne donc aussi bien, pour notre pays, les régions dites de l’Est (2). Il y a dans ce terme deux parties, trier + weiler, chacune apportant un élément qui nous donnera la signification finale du vocable, finalement plus facile à comprendre qu’à prononcer.

On commence donc par le premier élément, Trier, lequel désigne une localité, que l’on reconnaitra de façon plus évidente en français sous la forme de Trêves. Il s’agit bien de Trêves, la ville allemande située sur la Moselle dans le land de Rhénanie-Palatinat; Trier en allemand justement, Tréier en luxembourgeois, Trêves en français…les trois noms viendraient d’une très ancienne racine nordique (‘threosk’) qui évoque un terrain inculte, une friche. On retrouvera d’ailleurs le même terme en ancien-français pendant quelques siècles, ce qui permettra de nommer des lieux-dits (devenus communes) comme Trieu, Trie-la-Ville, ou Trie-le-Château, dans l’Oise.

Il est probable que le mot se soit répandu de l’actuel Est de la France (comme pour Valérie) aux territoires scandinaves (comme pour un certain Lars Trier, cinéaste qui s’est octroyé une particule pseudo-artistocratique Von pendant ses études de cinéma au Danemark)…Passons donc au second élément, Weiler ou Weiller, que l’on comprendra aisément en écrivant l’une de ses autres variantes, Veiler(s), puis Villers ou Villiers en français! Il s’agit du nième avatar du mot latin ‘villa’, qui désigne un domaine, puis une ferme ou un hameau. On a donc, sur la même racine, Weiler en Lorraine, Weiller en Alsace, ou encore Weil tout simplement (comme Simone) dans ces régions; puis Villers en Picardie (comme le pseudo de l’homme de radio, Claude), Villiers en Vendée (comme l’un des patronymes de l’homme politique Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon)…Et enfin, encore plus ‘simplifié’ dans le sud, sous influence catalane, Vilar (comme l’homme de théâtre, Jean).

En résumé, Trierweiler est le surnom ‘de provenance’ d’un ancêtre qui venait, sinon de l’actuelle ville de Trêves elle-même, du moins de l’un de ses domaines, propriétés, ou sites par elle administrés. On a probablement créé le mot à un moment de l’histoire de cette région où, sur le même fleuve Moselle, on vit la rivalité entre la ville allemande et celle de Metz en France, le phénomène expliquant sans doute ‘l’importation’ du mot dans notre pays actuel…Finalement, Valérie aurait peut-être dû garder son nom de jeune fille, Massonneau; outre une plus grande facilité de prononciation pour le téléspectateur français, vous savez, si vous lisez ces chroniques, qu’il s’agit là d’une aphérèse (un mot amputé de sa première syllabe) correspondant à ‘tho-massonneau », autrement dit ‘thomas-sonneau’, diminutif du prénom biblique. Valérie Thomas, c’était pas mal non plus, non? En tous cas étymologiquement.

(1)Si! Elle officie sur une chaine qui s’appelle Direct 8, dont la notoriété ne vous aura pas échappé…
(2)Voir l’introduction de l’étymologie du nom Hoffmann (sujet précédent)


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5 commentaires au sujet de Trierweiler (Valérie)

  1. il y a un village au luxembourg qui s appelle trierweiler
    je pensais que ce nom etait typiquement luxembourgeois

  2. Vous avez raison! Cela confirme bien la diffusion des deux racines dans toute cette zone « germanique », qui englobe le Luxembourg. Un Luxembourg qui d’ailleurs, à l’époque de Charles-Quint par exemple (années 1510) n’avait rien d’un « petit » pays mais formait une vaste région qui allait du Brabant (belge) au Palatinat (allemand) actuels! C’est dire s’il y avait de quoi trouver des lieux-dits « Trierweiler » avec quelques arbustes en friche…
    Merci de votre précision.

  3. Bon, l’étymologie, c’est Ok!
    Quid de la prononciation maintenant. Personne ne prononce Lars Von « Trière » pour le réalisateur. Alors pourquoi les journalistes prononcent-ils « Trière vailère »? À l’allemande, on devrait prononcer « Trire (avec un i long, en plus) Vaïleur (avec une diphtongue à-i). Mais bernique! :-)

    En fait, quelle est la règle pour la prononciation en français des noms d’origine étrangère ?

    [Je crois connaître la réponse : le français "francise" tres souvent les mots d'origine étrangère, en particulier les mots anglais (ma maman prononce même sandwich "sandeviche" mais c'est ma maman :-) ). Ce que ne font pas les allemands par exemple]

  4. Bonjour Jef, merci de la remarque, qui est on ne peut plus judicieuse en étymologie! En effet, toutes les variantes d’un mot, d’une syllabe même parfois, sont dûes à de simples questions de prononciation: c’est pour cela qu’il est inutile de « se battre » pour savoir s’il faut prononcer de telle ou telle façon; toutes les prononciations sont bonnes, à partir du moment…où l’on se comprend.

    Pour reprendre vos exemples, tant que l’on comprend que vous parlez du réalisateur danois Lars Von Trier, vous pouvez le dire n’importe comment à un français. Mais, une fois à Copenhague, voilà comment on s’apercevra que nous n’êtes pas du pays si vous ne dites pas « Larss Von Trirr ». Idem pour Valérie « Trieur Vaïleur », si vous voulez approcher la prononciation luxembourgeoise; il est vrai qu’en Allemagne, on ira spontanément vers « Trirr » également…Dans ce registre, un même mot d’origine germanique va se prononcer différemment à travers les siècles, selon qu’il va ‘voyager’ en Flandre, en Belgique, au Luxembourg, en Alsace, en Bavière ou en Suisse alémanique, qui ont tous et toutes partagé les mêmes mots pendant longtemps.

    Prenons plus simple: selon que vos ancêtre auront habité dans le Nord, en Bretagne, en Auvergne ou en Corse, la façon de prononcer le même mot (rose, par exemple!) ne sera pas du tout la même. Et c’est à çà que vous identifierez immédiatement la région d’origine de votre interlocuteur. Qui a raison? Certainement pas le ‘parler parisien’, qui n’a d’intérêt que parce que c’est le plus ‘médiatisé » et rendu « académique ». Qui a tort? Pas les parlers locaux non plus, évidemment. Mais libre à vous de trouver ‘ringard’ ou pas quelqu’un qui vous dit qu’il se lève le ‘mateun’ ou le ‘mataing’…

    Alors, y-a-t-il une ou des règles pour les noms étrangers. Pas davantage. Le moins ‘ridicule’ est évidemment de conserver la prononciation originelle. (et dire ‘sandwitch’, sans doute). Mais, comme -justement- ce ne sont pas des mots ‘français’, certains termes sont imprononçables pour nous ou désagréables à l’oreille, donc on les francise spontanément. Tout dépend en général dans quel registre (usuel, fonctionnel, professionnel, vulgaire) se trouve le mot, et par quelle catégorie sociale il est utilisé. Il ne viendrait à l’idée (sans doute) de parler de ‘marquetinge’ pour marketing; mais on n’a pas édulcoré le ‘klaxonn’ en claqueson (qui a failli exister!); et faut-il évoquer ‘Rommie Schnaïder » ou Romy Schnéder, ‘Helmute Berger’ ou Helmouth Bergueur, etc ?

    La liste serait longue. Et amusante, sans doute…
    Cordialement,

  5. commencer par le debut

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