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Truffaut (François)

Truffaut

Les anniversaires ont ceci de bien, c’est qu’ils permettent de commémorer (et non pas de…fêter, comme le disent de nombreux media) la disparition d’une personnalité, en général regrettée (sinon, on n’en parlerait pas). Effet des rediffusions télévisées? Plusieurs journaux ont consacré une colonne à «L’homme qui aurait eu 80 ans cette année» (et qui aimait les femmes, pour reprendre le titre de l’un de ses films), François Truffaut! Truffaut, quel drôle de nom, pourquoi pas pomme de terre ou champignon? Malgré les apparences, ceci n’est pas un vain jeu de mots mais l’étymologie (approchante) du patronyme…truffaldien.

Petit exemple de ‘vocalisation’ au passage (voir aussi le sujet récent sur Nathalie Arthaud): le mot ‘truffau(t) ou (x) ou (lt) etc… est une vocalisation – la transformation en voyelle – du ‘L’ de l’adjectif directement formé sur le latino-périgourdin ‘trufal’. Car la racine originelle est bien latine, à savoir ‘tuber’, oui, avec un ‘b’, au sens de ‘excroissance’. C’est ce terme qui va donner naissance à «la petite excroissance végétale», la tuber-cule (future pomme de terre, entre autres car il peut y avoir d’autres tubercules); mais il est aussi à l’origine de «l’excroissance des cellules», la…tubeur / tumeur!

Or une truffe, c’est bien une ‘tumeur de champignon excroissante’, dont le mot va passer de ‘tuber’ à ‘tufer’, puis trufa en dialecte nord-italien du Moyen-Age, car on va créer l’expression «la tubercule de terre» pour désigner le mélanosporum (le champignon truffier). En latin, ‘tubercule de terre’ se dit ‘terrae tufer’, déformé dans la langue populaire en ‘terre trufe’, puis abrégé en ‘truf(f)e’, et le tour est joué.

Tellement bien joué d’ailleurs que vous avez peut-être déjà deviné que ‘terre-trufe’ va aussi donner naissance au…tartufo, soit tartuffe en ancien-français. C’est à cette époque que le mot prend le sens symbolique d’une personne ‘en excroissance de la société’, à savoir un menteur, un trompeur, d’où le personnage du Tartuffe de Molière. Dans le langage courant du 17è siècle, le verbe trufer signifie justement railler, tromper, se moquer de quelqu’un; et le parler normand va conserver longtemps cette connotation, faisant ainsi des Truffaut (dans la Manche), des Truffault (sur la Loire) et des Truffaux (dans le Nord), des surnoms peu flatteurs de types moqueurs, ou, plus légèrement, de plaisantins.

Il ne saurait être question de plaisanter avec les Truffier (qui ne sont pas forcément des truffiers, ce sera plutôt le rôle de chiens ou de cochons!), lequels ne sont donc pas des marchands de truffes mais des individus moqueurs. Et  pourtant, s’il n’y en a un qui ne s’est jamais moqué du public avec la qualité de ses films, c’est bien François Truffaut…


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