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Zapata (Franky)

Zapata 2

C’est l’homme qui a survolé les cérémonies du 14 juillet de l’année à tous les sens du terme, grâce à ses micro-turboréacteurs. Le ‘soldat volant’, le ‘militaire du futur’ pour les Unes les plus basiques; le ‘Goldorak moderne’ (« formidable robot des temps nouveaux » disait le générique du dessin animé des années 1970), ou -évidemment- ‘l’homme qui s’envoie en l’air devant le Président’ pour le commentaire (radio) le moins inspiré…Voilà un inventeur qu’on ne peut pas qualifier de traîne-savates, sauf étymologiquement!

En dehors du prénom déjà médiatisé (trop tard!) par un chanteur guadeloupéen au répertoire très ciblé, ou du surnom d’un crooner américain lié à la mafia, Franky doit régulièrement confirmer aux journalistes que, oui, il s’agit bien de son véritable état-civil; car ‘malheureusement’, son patronyme sonne également comme le très célèbre Emiliano Salazar, révolutionnaire mexicain chevelu du début du 20ème siècle incarné à l’écran par le blondinet hollywoodien Marlon Brando dans le film « Viva Zapata! » d’Elia Kazan en 1952. (1)

Chacun y trouvera -peut-être- chaussure à son pied, puisque le terme vient d’une racine aux souches multiples car plusieurs langues ou vocabulaires se disputent la création originelle. Ce qui est sûr, c’est que cette ‘zapata’, de formation typiquement hispanique, est l’équivalent de notre ‘savate’. Et pourquoi appelait-on quelqu’un ‘chaussure’? Tout simplement par un effet de métonymie, procédé qui désigne la partie pour le tout ou, dans ce cas, un métier par son objet; le surnom renvoie donc à un vendeur de souliers – comme longtemps le commerçant en France – ou plus probablement à un fabricant, le type de chaussure pouvant être très différent sauf pour le travailleur du cuir de Cordoue, le cordo(ue)nnier.

La polémique reste donc ouverte non seulement sur la provenance mais aussi sur la définition précise de cette savate, de forme et de fonction tout à fait différente selon qu’il s’agit de la mettre dans la tronche de l’adversaire en boxe française ou de la trainer dans la chambre de la maison pour se relaxer. En tous cas, ce type de chausson se retrouve un peu partout dans le monde…

Que ce soit, chronologiquement, dans sa première version arabe de ‘sabata’ (l’idée de chausser), l’espagnol ‘zapata’ donc ou l’italien ‘ciavatta’, sans oublier le basque ‘zapatein’, la savate est en général loin de l’image injuste de la charentaise avachie. Du coup, le mot a donné naissance non seulement à des lignées de familles mais aussi à des lieux d’habitation comme c’est le cas pour beaucoup de villages de la péninsule ibérique ou du continent sud-américain.

Mais quittons tous ces noms étrangers pour la (les) version(s) française(s) de cette savate d’influence nordiste avec ce ‘v’ de langue d’oïl devenu ‘b’ dans le sud de langue d’oc. Cohabitent donc aussi bien un « Savetier » voisin du Financier chez Jean de La Fontaine, qu’un Sabatier comme l’écrivain Robert (2) ou l’animateur de télévision Patrick (selon votre niveau littéraire). Quant au diminutif d’influence italo-corse Sabatini, il connut la notoriété avec l’argentine Gabriela que les succès sur les courts de tennis ont permis de vivre sur un grand pied. Forcément…

(1) Citons également feue l’actrice américaine Carmen Zapata (devinez l’origine familiale!) apparue entre autres dans le film ‘Sister Act’.

(2) L’un de ses derniers romans (2009) avait pour titre…’Le cordonnier de la rue triste’!


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