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Zemmour et Naulleau

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Ils s’appellent Eric et Eric, mais ils sont comme Castor et Pollux (c’est vous qui votez), apparemment inséparables, surtout quand il s’agit de tribulations médiatiques. En cet été 2011, on les annonce -conjointement bien sûr- sur la chaine Paris Première, après avoir fait les beaux soirs (et parfois les nuits blanches pour certains invités) de l’émission de Laurent Ruquier sur France 2. Dieu (ou diable) merci, ils ont un patronyme distinct, dont l’étymologie, pour l’un comme pour l’autre, ouvre la porte à quelques coïncidences ou anecdotes qu’ils ne dédaigneraient peut-être pas.

Commençons par Laurel, je veux dire Zemmour, dont la provenance d’Afrique du Nord se laisse un peu deviner par ce « Z » initial, comme le nom de ce pourfendeur masqué habillé de noir nommé Zorro. Première coïncidence, on verra pourquoi plus tard…En tous cas, justicier parfois injuste, le zemmour est plus précisément un terme du vocabulaire berbère, grand peuple de l’intérieur du Sahara -rien à voir avec la côte algéroise, par exemple- dont l’écriture francisée pourrait être « azemmur ». Effet de la francisation justement, le « a » est tombé, et le « u » final, prononcé « ou » en arabe, devient donc Zemmour « à l’européenne », à savoir le nom de…l’olivier. Les (ancêtres des) Zemmour sont donc des récoltants ou des propriétaires d’arbres en question.

Signalons au passage que l’olivier est un arbre quasiment sacré, du fait de sa valeur symbolique à travers les âges, car depuis la nuit des temps (surtout orientaux d’ailleurs), il représente la sagesse (l’image de bois noué, résistant et sec) et la paix (le rameau dans le bec de la colombe, c’est pas du bégonia!). Avec la tradition grecque, qui a gardé et même amplifié le symbolisme de cet arbre via quelques co-locataires de l’Olympe, s’est mélangé le symbole religieux chrétien du Jardin éponyme, promenade favorite de Jésus et de sa bande jusqu’à un funeste jeudi soir.
Plus prosaïquement, rappelons que les racines grecques et latines « oléum » puis « oliva » (qui désignaient d’ailleurs à l’époque indistinctement l’olive ou l’olivier, les arbres étant de genre féminin), ces racines donc nous ont donné une récolte abondante de noms, soit tout d’abord celui de l’huile (olio en espagnol & portugais), oil (en anglais, avec inversion des deux voyelles), Ol (en allemand), et…huile en français, avec un « h » rajouté artificiellement et rien que pour nous en français, afin d’éviter que l’on comprenne « vile », le u et le v étant identiques il y a quelques siècles dans le latin, puis le vieux-français. Sans oublier, en revenant à la racine originelle (oleum), le nom du gros tuyau qui transporte…le pétrole, l’oléo-duc. (Ben oui, le pétrole, c’est de l’huile, « génétiquement  parlant », c’est même de l’huile-de-pierre, la preuve, çà s’appelle le « petr- » (pierre) « -ole » (huile)!

Passons maintenant à notre Hardy, qui s’appelle donc Naulleau, que l’on peut comprendre de deux façons, selon la région d’où vient la famille (pas que les grands-parents, les aïeux à la 40è génération si possible).

Le mot est caractéristique des formations de l’ouest de la France, avec ce «-eau» final, très familier des patronymes vendéens, charentais, poitevins, voire loire-atlantiques. Dans ces régions, le naulleau est un diminutif possible de « noleau », pour ne pas dire « no-e-leau », bref Noël en français. On retrouve le même son « o/au/eau » dans la version occitane du Noël en question avec « nadau », et donc les familles Nadaud, Nadeau, etc…

Le problème est que c’est bien la première syllabe qui porte la diphtongue (les deux voyelles) « au », et non la dernière. Il est donc davantage probable – et statistiquement plus vérifié – que Naulleau soit une aphérèse, ce phénomène que vous trouverez fréquemment dans ces chroniques, c’est à dire le reste d’un mot plus long, donc une ou deux syllabes initiales sont tombées à l’usage (et à l’usure, comme de juste). En l’occurrence, on aurait en fait la forme « renaulleau »…

Sachant qu’il existe un patronyme proche qui est Renaulet, on se trouve donc probablement en présence d’un diminutif de…Renaud (ou Renaut, ou Renault) tout simplement. Le phénomène est surtout caractéristique cette fois du côté est du pays, région de l’Yonne plus particulièrement, où l’on trouve tout à la fois des Naulet, Naullet, Naulin, Naulot, et..Naulleau.

Pirouette finale, qui rattache Naulleau à Zemmour par les poils de l’oreille droite: Renaud (forme initiale de Naulleau donc) est formé de deux racines germaniques qui signifient « conseil » (ragin>ren-) + « fort » (hard>-aud). Tout comme l’animal dont le nom évoque «un conseil avisé», le…renard! Lequel se dit, dans les nuits argentines ou ailleurs, zorro (ou zorino), avec un Z comme…Zemmour! Finalement, ces deux-là, c’est Nelloum et Zaureau.


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Un commentaire au sujet de Zemmour et Naulleau

  1. Bien écrit, avec esprit, c’est un plaisir que de se balader dans vos chroniques.
    Continuez, vous faites des heureux.

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