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pharmacie

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Plus de football, plus de cyclisme, plus de tennis, plus d’athlétisme, et pas encore (trop) de scandales politiques avant la rentrée..Difficile donc de trouver un nom ‘propre’ cette semaine. Je vous propose de saisir l’actualité économique qui fâche, avec ce projet de libéralisation des ventes de médicaments (non-remboursés par la Sécurité Sociale). Les para-pharmacies et les grandes-surfaces s’en frottent les tiroirs-caisse d’avance; les pharmaciens trouvent la…pilule amère. Mais qui intoxique l’autre?

Ironie du sort, le commerce à la croix verte salvatrice qui clignote dans la nuit un week-end de garde n’a pas toujours eu cette réputation, en tout cas étymologiquement; ce serait même plutôt l’inverse! D’un point de vue linguistique, vous ne serez pas trop surpris d’apprendre que le mot ‘pharmacie’ vient d’une racine grecque (indice: le ‘ph-’ initial), qui est…pharmakon, celle-là même qui donnera son nom à la préparation élaborée dans l’officine, la pharmacopée (rien à voir avec la ferme à Jean-François de l’UMP).

Or, il y a vingt-cinq siècles, à Athènes, la définition d’un ‘pharmakon’, c’est «toute substance au moyen de laquelle on peut altérer la nature d’un corps»…Et, dans un premier temps, cela concerne un produit malfaisant, type drogue, poison et autres vacheries gastriques (ça commençait mal!). La chose peut être solide (un plat ou un fruit empoisonné), liquide (un breuvage drogué) ou en poudre (sur une blessure que l’on veut infecter, par exemple). De fait, si l’on prend les choses au sens figuré -qui existait également- on utilise le mot pour toute pensée toxique (rumeur, médisance, mensonge), manipulation (surtout pour de fausses informations militaires) et même dans des affaires de jalousie (faux témoignages). Cette pharmacie-là avait tout de même un drôle de cachet…

Dans un autre contexte, un peu moins dangereux pour l’homme, relevait également d’une pharmacie tout produit de nettoyage (même si on est encore loin de l’Eau de Javel) ou de teinture propre à faire passer un coton tout blanc à un bleu aussi violacé qu’un visage qui s’étouffe. Tout cela, par la faute du ‘pharmakos’ (le ‘s’ final donne, cette fois, le métier du ‘pharmacien’), lequel est loin d’être l’apothicaire virtuose de la carte Vitale, mais un…magicien. Vous imaginez sans peine que, jusqu’aux coups de scalpels des chirurgiens (excommuniés) de l’époque de Molière et bien au-delà, la médecine relève de la magie et d’une simple théorie des humeurs plus ou moins approximative. Comme le rappelait récemment une série télévisée documentaire, on pensait par exemple que l’érection masculine relevait de ‘vents’ issus du foie, jusqu’à ce que Léonard de Vinci s’y intéresse (au foie). Bref, la pharmacie, c’est tout d’abord une histoire de potions, poudres, onguents et bave de crapauds, dont les molécules des produits actuels ne sont parfois pas si éloignées mais avec des noms beaucoup plus savants. Et commerciaux…

Mais pire encore que ce pharmacien qui restera, pendant environ vingt siècles, un sorcier empoisonneur, il y a également, au sens figuré, le ‘pharmacien social’, qui n’est pas du tout un travailleur mais un paria! En effet, le mot sert également à désigner un parasite ou un scélérat, car il prend alors le sens de ‘celui qui permet de soigner la société’ (sic!), autrement dit très précisément un ‘bouc émissaire’, y compris jusque dans son sens le plus concret puisqu’il sera parfois symbolisé par un animal que l’on immolera en expiation de fautes (réelles ou supposées) du peuple. Voilà qui justifierait assez clairement la position de révolte des pharmaciens (actuels) refusant d’être sacrifiés sur l’autel de la dérégulation économique. En tout cas, étymologiquement.


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