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Proust (Marcel)

Proust

La seule actualité heureuse du moment (pléonasme?) consiste en des commémorations et anniversaires, à défaut de mieux. Les médias en sont-ils pas allés chercher aujourd’hui le centenaire de…la parution de la première partie du cycle romanesque de Marcel Proust «A la Recherche du Temps Perdu»? Nous n’allons pas faire le tour des personnages de la saga mais saisir l’occasion -si vous le voulez- de le relire, ou -plus court et moins bien écrit- de faire ici une petite enquête étymologique sur le patronyme de l »un des auteurs-phare de la littérature française. Faites comme d’habitude: ne cliquez pas tout de suite sur ‘Lire la suite’; et…et ?

Proust fait partie d’une grande famille (aussi) linguistique et descend en droite ligne d’une fonction honorifique romaine, celle du ‘praepositus’ comme on disait à Rome. Le mot latin va se transformer en ‘praeposé’ puis préposé, comme vous l’aviez probablement deviné. A l’époque, un préposé n’a rien à voir avec la distribution du courrier, car, étymologiquement, il se décompose comme suit: prae-positus, en français pré-posé, littéralement celui qui est posé-devant quelqu’un ou pour faire quelque chose, autrement dit qui est affecté à une tâche ou à une charge.

D’ailleurs quelques siècles plus tard, quand le mot s’adapte à la langue française médiévale, il s’applique aussi bien aux responsabilités d’un officier de justice qu’à la charge d’un…ecclésiastique, tout dépend si vous posez le bonhomme derrière un guichet ou devant un autel. Or, une forme ‘seconde’ (une déformation populaire souvent, ici le ‘p’ va devenir ‘v’) va transformer la racine originelle en ‘prae-vositus’ puis…prévost et enfin prévôt en français. L’usage de cette variante va se spécialiser pour désigner en quelque sorte le délégué syndical (avant l’heure) d’une corporation, dont le célèbre ‘Prévôt des Marchands’ (Station Etienne Marcel, quartier des Halles à Paris); ou encore le préposé aux portes ouvertes (sérieux!), comme le «père prévôt» d’un monastère, celui qui est chargé d’aller voir à la porte si j’y suis; on pouvait aussi le préposer à la cloche, à la lecture, ou à d’autres choses également enivrantes.

Voilà pour les noms communs, dont beaucoup de variantes vont devenir des surnoms puis des noms ‘propres’, comme toujours en onomastique, sous des formes parfois très inattendues mais dans lesquelles vous reconnaitrez toujours la racine ‘prévo-’, parfois contractée en ‘pro-’ ou même ‘prou-’; la preuve:

Pour les Prévoteau angevins et les Prévotat auvergnats, pas de mystère. Passons donc tout de suite aux Prévost célèbres, dont vous connaissez forcément un certain Daniel (le préposé aux blagues). Avec la contraction en ‘ou’ et en conservant le ‘-st’ final, voici donc notre Marcel (prévost, puis préoust, puis Proust, le préposé aux madeleines). Sur le même moule, vous pouvez cuisiner la version ‘alsacienne’, Proust devenant Pro-ost, puis Prost comme Alain (le préposé aux volants de Formule 1*); mais aussi le diminutif Prousteau (le fils de Proust) plus fréquent dans l’Ouest sous la forme Prouteau (le préposé aux affaires de l’Elysée). Celui qui fait le plus de bruit dans la famille est la version ‘courte’ de Prouteau, soit…prout, tout simplement. Je ne sais pas si vous avez eu vent de l’affaire; étymologiquement bien sûr.

(*): Non, les ancêtres d’Alain Prost n’étaient pas des buveurs de bière allemands qui trinquaient à longueur de journée…


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