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Quatorzaine

Quatorzaine

Ca y est! Voilà l’apparition des premières ‘quatorzaines’, je veux parler non pas de la période d’incubation d’un virus, couronné ou non, mais du mot lui-même. Difficile en effet de demander aux médias de se séparer d’une ‘quarantaine’ très inexacte en l’occurrence et qui fait désormais sa crise dans le vocabulaire de la presse. En tous cas étymologiquement.

Pas besoin de chercher longtemps (ni même de lire cet article) pour savoir que la quarantaine dure quarante jours, une période dont les premières citations dans les écrits concernent non pas le fait d’empêcher les passagers contaminés dans un bateau de débarquer à terre mais, assez logiquement, le temps d’abstinence alimentaire du jeûne chrétien pendant la période du carême (ah, dur, dur!).

Et même, bien avant de servir de bouclier plus ou moins efficace à la propagation des épidémies, il y eut ‘la quarantaine-du-roi’, qui imposait aux nobles (seigneurs, vassaux) de tourner quarante fois leur épée dans le fourreau avant de riposter et de se jeter sur celui qui l’avait agressé (le « N…ta mère » a beaucoup raccourci ce délai).

Puis vint la quarantaine maritime, différemment signalée selon les pays, qui imposait au navire soupçonné de ne pas approcher du port, voire des autres bateaux; voilà pourquoi il restait forcément…en rade. Plus tard encore, on créera la quarantaine aérienne, surtout si vous avez voyagé en cage dans la soute, ce qui ne devrait pas être votre cas si vous arrivez à lire ces lignes.

Là où la chose dérape, c’est quand arrive la quarantaine médicale, qui devient synonyme de mise à l’écart temporaire, une procédure tout à fait indispensable en cas de virus mortel et inconnu mais pas vraiment utile pour une crise d’oreillons ou une gastro-entérite soignées (si tout va bien) sur un temps beaucoup plus court, la quarantaine ne durant plus que huit, dix ou vingt-deux jours, désormais sans aucune raison étymologique (d’accord, la vingt-deuzaine, c’est pas terrible…).

Serait-ce alors le retour en notoriété de ce mot qui perturbe actuellement l’usage impropre (1) et quasi-systématique des adjectifs…numéraux. En effet, on entend souvent parler de quarantenaire ou de cinquantenaire pour désigner des gens qui ont quarante ou cinquante ans. Or, un cinquantenaire n’est qu’un adjectif qui définit une période de cinquante ans et qui convient par exemple à une commémoration. Celui que l’on fête est donc un quinquagénaire (ou un quadragénaire, dix ans plus tôt), le nom commun!

Même chose avec quelques autres repères: on honore le soixantenaire d’un sexagénaire, alors que bientôt, pour son septentenaire, il sera septuagénaire. Dix ans après, à son octantenaire, il sera octogénaire; pour son nonantenaire, il sera donc nonagénaire, etc… (2).

Le problème, c’est qu’un centenaire sert à la fois pour marquer l’année depuis laquelle s’est écoulé un événement et pour chiffrer l’âge de celui qui a vécu ce temps…Idem pour le trentenaire qui accède à la troisième dizaine de sa (durée de) vie. Théoriquement, si l’on suivait la racine latine, ce devrait être un trigintenaire qui n’est pas très beau (pas le type, le mot).

Notre quarantaine peine, elle aussi, à rentrer dans le rang d’une série aussi fantasque car, à part la sizaine (chez les louveteaux), il n’y a rien dans la première…dizaine avant dix. Puis, pas de onzaine mais une douzaine qui, à part pour compter les oeufs, peut très bien faire onze ou treize environ (« vous m’en mettrez une douzaine »).

Pas de treizaine non plus (les nombres impairs, c’est pas facile) et une quinzaine à nouveau de quatorze ou seize peut-être, sauf si ce sont les jours de braderie, histoire de ne pas dire ou de rogner un jour sur deux semaines. Ou une huitaine sur une seule, pour dire sept jours…

Enfin, il faut attendre la vingtaine (l’âge d’une femme entre dix-neuf et trente-neuf ans); puis, après la (mise en?) quarantaine, le temps passe si vite qu’on se retrouve, à soixante-neuf ans, aux portes d’une septentaine que la politesse interdit de mentionner (toujours pour la dame, on dit alors ‘Mademoiselle’) sauf si elle arrive à la fameuse centaine, qui pourtant n’empêchera pas un jour une ultime et très longue quarantaine!

(Hey, Hello, Olà, Hallo, Ay…Dites, c’est pas facile, le français?)

(1) Je n’ai pas dit incorrect ou interdit. Je ne répondrai à aucune menace de mort à ce sujet…

(2) La moitié de ces mots n’existent pas, ou plus. Cherchez l’erreur…


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