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Rafale

Rafale

Avec une majuscule, s’il vous plait! De fait, le nom commun est devenu ‘propre’ (?), pour cet avion de combat qui sait si bien prendre des vents sur un plan commercial (Concorde, sors de cette carlingue). Tout comme pour les autres instruments de guerre de l’armée française (fusils, canons, chars d’assaut, hélicoptères ou porte-avions), on a donc alloué à la bestiole ce nom de baptême sans doute évocateur d’une giclée de balles sorties d’une mitraillette, en comparaison avec sa force et sa vitesse de frappe. Seulement voilà, étymologiquement, ça ne décolle pas, au contraire…

Une rafale, c’est à l’origine un ‘coup de vent violent’, un mot qui apparaît dans notre vocabulaire vers le milieu du 17è siècle; on devrait même dire deux mots, car, malgré les apparences, il y a dans ces six lettres deux racines qui se sont télescopées (ça commence mal). De plus, exceptionnellement, elles viennent de deux langues tout à fait différentes, l’italien et le néerlandais! Le mot comporte en effet deux sections (raff + aff) qui se sont fondues en tout incognito si je puis dire. Explication.

Commençons par la plus symbolique et la plus sonore, une onomatopée héritée des Romains qui est ‘raff’, histoire d’imiter le frottement du vent dans les branches (ou sur le sol) lors d’une tempête par exemple. On a même pensé que le mot français ‘raffut’ pouvait avoir été influencé par le même son, or il s’agit d’un dérivé de…fût (d’où l’importante de l’accent), c’est à dire un tonneau; faire du raffut, c’est donc faire du bruit comme le grondement que l’on obtient en frappant sur un tonneau. Notez bien qu’au décollage, ça n’empêche pas le Rafale d’en faire (pas des tonneaux, du raffut!).

L’autre morceau de mot caché dans cette (encore féminine) rafale est le verbe…néerlandais ‘afhalen’, terme emprunté au vocabulaire de la marine (ça tombe mal), et qui veut dire ‘tirer vers le bas’. Les marins que vous êtes peut-être ont déjà deviné qu’on en a fait en français le verbe ‘affaler’, c’est-à-dire faire glisser les voiles le long des cordages (vers le bas), effort parfois suffisant pour avoir ensuite envie de…s’affaler dans le carré du bateau. Admettons que, dans le mouvement, on puisse également imaginer entendre le bruit du glissement des toiles , sans compter que c’est souvent le moment où ça souffle fort à bord, ou, au contraire, qu’on se prépare à atterrir (pardon, à accoster).

Voilà donc ce qui justifie l’usage moderne quasi-exclusif d’un souffle violent qui accompagne un tir à répétition. Et même si l’on avait gardé le sens originel, une rafale (de vent), c’est toujours un mouvement fort mais bref de quelque chose qui décoiffe au passage. Sans doute ce que l’on appelle ‘la force de frappe’7

Remarquez, il y a bien un autre mot, très proche, qui eût été -étymologiquement- bien plus souhaitable, c’est aussi celui de la ‘raffe’, une onomatopée qui désignait, au 13è siècle, un instrument domestique qui permettait de racler (et donc de nettoyer) le foyer d’une cheminée, symbole qui aurait donc pu s’appliquer tout aussi bien aux opérations militaires. Manque de chance, cette ‘raffe’ s’est transformée en…rafle, ce qui aurait rappelé de funestes démarches en temps de guerre, mais aurait peut-être permis à l’Etat français de rafler la mise!


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