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réforme

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Voilà bien le mot qui agite nos différentes chambres (politiques) cette semaine; or, si l’on entend souvent le mot, connait-on bien la chose, pour reprendre l’alternative célèbre de ce poème galant composé au 18ème siècle par…un abbé, «Le Mot et la Chose», composition ouvertement érotique dont vous vous délecterez sur votre moteur de recherche préféré? Signalons au passage que l’homme d’église est également auteur des paroles de  »J’ai du bon tabac », comptine (forcément) enfantine, dont la lecture attentive ne manque pas de surprises pour le moins équivoques; mais ceci est une autre histoire…

Contrairement à notre poème, ‘je gagerai que le mot ne plait pas moins que la chose’, car la réforme toujours est une tâche gigantesque; la preuve, en politique, elle nécessite qu’on lui délègue un ministre (à tout le moins, un secrétaire d’Etat). Ainsi de nos jours, où le simple ‘Ministère de la Fonction Publique’ est en fait plus facile à caser sur une carte de visite que sa définition réelle, soit le Ministère de la Décentralisation, de la Réforme de l’Etat et de la Fonction Publique.

Or, s’il y a réforme, c’est qu’il y a une situation à redresser, un système à redéfinir ou un objet dont il faut se débarrasser: réformer un fusil ou un soldat, c’est le mettre au rencard (ou au placard) parce qu’il est hors d’usage (le fusil), inutile ou inefficace (le soldat). Alors, vous pensez, la réforme territoriale (des régions françaises), cela sous-entend forcément qu’il y a (eu) des malfaçons quelque part dans la répartition des départements…De la même façon, il fut un temps où la réforme ‘agraire’ mettait le feu aux campagnes de notre pays, pendant que la réforme ‘de l’orthographe’ enflammait les écoles de la République, sans parler de celle des ‘rythmes scolaires’ qui font descendre les nounous dans la rue; quant à la réforme de la Justice, beaucoup de ministres y ont perdu des poils (de toge). Bref, toujours difficile, la réforme.

Difficile et violente d’ailleurs, et ce, dès l’époque romaine, où le mot s’appliqua à ce que l’on pourrait pudiquement appeler des ‘recadrages des moeurs’, pratique récurrente qui provoquera plus tard des éclats de voix (et d’épée) pendant tout le Moyen-Age (1), du Saint-Empire Romain Germanique jusqu’aux grands soubresauts de la réforme majuscule, celle du début du 17ème siècle visant à réorganiser les structures et les dogmes de l’Eglise (catholique), mais surtout de ses ‘comportements’, le problème de l’époque étant la dissolution des moeurs (encore) et le scandale des Indulgences (vous savez, quand on demande aux fidèles -ou aux militants?- de payer pour des services fictifs et des dépassements de budget injustifiés). Ainsi naitra -entre autres raisons- la Réforme qui conduira à la scission des Eglises chrétiennes en Europe (Luther, Calvin, etc, pour résumer). D’où une Contre-Réforme (action-réaction) pour mettre les points sur les ‘i’ de quelques inquisiteurs indélicats irrécupérables.

Passons sur les moins douloureuses mais souvent perturbantes (surtout pour les vaches) réformes ‘du calendrier’ (julien, grégorien, et autres) destinées à recaler l’indépendance obstinée des planètes avec le temps, largement plus mondialisées que nos petits problèmes administratifs franco-français. Conclusion: la ré-forme, variante composée de la ‘forme’, est donc bien destinée à rendre con-formes les souhaits de quelques-uns, dont les décisions débouchent parfois sur des actions in-formes, pour ne pas dire des résultats dif-formes. Soit dit sans dé-former les choses, même étymologiquement!

(1) Il parait même qu’à Paris des gens auraient passé toute une nuit à en égorger d’autres au nom de la religion…


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