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« repérages »

Repérage

Le ministre l’a bien dit : il ne s’agit pas d’écoutes téléphoniques mais de « repérages de lignes », une nuance dont la précision n’aura échappé à personne. Le mot du jour est donc aujourd’hui un nom commun, car ce repérage-là est une source de…renseignement(s) beaucoup plus importante qu’il n’y paraît.

On pourrait croire, dans un premier temps, que tout cela n’est que du cinéma, puisque ‘repérage’ est un terme le plus souvent employé dans le 7è art, pour qualifier un travail essentiellement confié à des assistants ou des stagiaires et consistant, comme vous le savez, à trouver puis à préparer les décors de tournage pour un film. L’autre domaine dans lequel s’exerce cette activité est en général militaire, et représente une mission d’information et de sécurisation avant de lancer une opération. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit quand même bien d’aller voir ailleurs si on y est.

La chose intéressante, étymologiquement parlant, est que ce ‘repérage’ est directement dérivé d’un mot plus court qui est le ‘repère’, évidemment. Or, pour une fois, il faut considérer une faute d’orthographe, plus fréquente qu’on ne croit, et qui fait une confusion entre ‘repère’ et ‘repaire’ (1). Rien à voir, me direz-vous, entre un repère (une marque, un jalon, une référence) et un repaire (un refuge, un endroit caché). Eh bien si! Déjà, chez les Romains, deux verbes se disputaient l’équivoque:

Pour ‘repère’, ils utilisaient le mot « reperire » qui signifie « retrouver ». Retrouver sa direction, retrouver ses valeurs (ses repères!) ou tout simplement retrouver…sa maison. D’ailleurs, dans le français du 16è siècle, ‘faire repère’ voulait dire revenir à un point donné, en général son…repaire!

Car, pour ‘repaire’, à peine plus complexe, le verbe d’origine est « repatriare », lequel va donner en français -c’est transparent- le terme de « rapatrier », c’est à dire, littéralement, ramener à son point de départ, autant dire redonner ses repères à quelqu’un. Et là encore, après le Moyen-Age, quand on parlait de « repairer », tout le monde comprenait qu’il s’agissait de revenir chez soi.

On le voit, de repère à repaire, il est indispensable de faire quelques repérages pour s’y retrouver…Le problème, c’est que ces deux mots cachent, chacun, un double sens qu’il serait de bien mauvaise foi de vous suggérer:

Repère, au sens de ‘point de reférence’, a pour synonyme ‘trace’ ou ‘indice’, qui se dit dans certains milieux…indic.
Repaire, au sens de ‘refuge’, a fini par se spécialiser en ‘lieu de repli ou de cachette des bêtes sauvages ou des…malfaiteurs’.

Dans un cas comme dans l’autre, je ne voudrais pas faire de mauvais esprit, mais je vous jure, il y en a certains, à force de dire n’importe quoi, il vont finir par se faire repérer. C’est géant non? (2)

(1)C’est ce qu’on appelle des homo-phones (même son, mais pas même sens, puisqu’ils ne sont pas homo-nymes)
(2)Voir, dans ces colonnes, l’article sur Claude..


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