C’est l’un des derniers soutiens -à ce jour précis- de l’ex-Premier ministre François Fillon, dans  »l’affaire Pénélope », un discret sénateur de Vendée dont le nom est donc apparu plus régulièrement sur les écrans et qui a posé question à quelques lecteurs de ces chroniques. Contrairement à ce qui est venu spontanément à l’esprit de quelques-uns, aucun rapport avec le «taïaut, taïaut» des chasseurs (de toutes façons, il manquerait une syllabe, sauf à imaginer une abréviation d’un peu probable ‘heureux taïaut’); il s’agit tout simplement d’une histoire de taille…

…pas de grandeur ni de hauteur, mais tout simplement de coupe, ou de découpe. Le «taïaut» des chiens de chasse vient, lui, du…taillis, de même racine pourtant (je sais, c’est dur le français), d’après le cri des hommes quand ils s’apercevaient que les bêtes sortaient de la piste dans le bois, ‘taillis-hors’ (prononcez rapidement). C’est peut-être un dé…tail pour vous, mais pour eux ça voulait dire beaucoup; un ‘détail’ qui, lui aussi, évoque un stock ou un article de gros que l’on vend en le découpant par morceaux, donc en le dé-taillant!

Mais la taille qui nous intéresse ici concerne le fait de tailler (non?!), en l’occurrence sous-entendu des branches ou le plus souvent des herbes. En effet, tout comme le ‘regain’ (merci, M.Giono) est la repousse d’une plante (céréale) ou d’une herbe (mauvaise, en général) sur lesquelles on est obligé de passer une seconde fois (on ne repasse que le linge), le ‘retailleau’ évoque une coupe supplémentaire, littéralement une retaille.

Le terme, tout comme la pré-taille, existe depuis le 12ème siècle, et, même si le nom commun vient moins spontanément aux lèvres que le verbe, on ‘retaille’ encore de nos jours, aussi bien dans le langage horticole (trop de bourgeons) que viticole (la vigne qui ‘repart’). De fait, le retailleau, avec sa terminaison en -eau typique des Pays-de-Loire (*), va désigner plus précisément le lieu, le terrain de la retaille, ou l’homme-même qui pratique l’action, cas probable de l’ancêtre du-dit politique.

Le seul composé de ‘taille’ (et de taille!) est un mot qui n’a pourtant pas grande envergure puisqu’il s’agit de la ‘piétaille’, qui définit, de façon péjorative, les fantassins d’une armée obligés de marcher à ‘pied’; la racine de ce(tte) piétaille est donc en réalité pied/piet + le suffixe -aille, diminutif comme mitraille, racaille, etc, devenant ici une marque de mépris (de la part des hommes à cheval ou plus tard motorisés)…Espérons en tous cas que le soutien de ce Retailleau évitera à Mme Fillon de se faire tailler un…tailleur. Sauf étymologiquement peut-être.

(*) indice, encore une fois pas suffisant mais significatif, notre Bruno est né à Cholet (49). Si la souche familiale est bien restée dans le Maine-et-Loire…