Le site qui vous aide à comprendre le vrai sens de votre patronyme

Rungis

Rungis

« 69, année économique »…Ce pourrait être la devise d’une ville dont le (re)nom a été dévoré par la nourriture; or, il y a une vie avant le Marché, même si celui-ci est d’Intérêt National, et la cité qui ne dort (presque) jamais pour faire ses courses commémore donc cette année le cinquantenaire de la méga-giga-tera-épicerie du Val-de-Marne…

De fait, quand on vous parle de Rungis, vous pensez carcasses de viande ou carottes et poireaux (si vous êtes végétarien) mais ce ne sont sûrement pas l’Aqueduc Médicis ou les sources d’eau qui jaillissent dans votre esprit. Pas plus que l’église St-Germain si je vous dis Orly, un autre village très ancien du département. L’histoire de ces deux sites -entre autres- remonte pourtant à l’époque romaine, d’où leurs noms.

Le ‘Rungis’ un peu inattendu vient d’une suite de transformations issues du latin. Formé d’une racine ‘rung-‘ et d’un suffixe dit locatif (marquant un lieu) qui aurait pu (dû?) être ‘-y’ comme…Orly, Ivry, Choisy, Antony et quelques centaines d’autres, le mot, qui a gardé une terminaison sous influence germanique (‘-is’), était précédemment orthographié en ‘Rongis’ après passage des troupes nordiques entre les 5è et 10è siècles.

Or, ce sont les Romains, architectes des premiers aqueducs qui amèneront l’eau des sources locales à Paris, qui avaient baptisé l’endroit du nom de son propriétaire (ou exploitant?), un certain Romius. Pas de mystère -ou presque- sur l’identité du bonhomme: il ne s’appelait probablement pas ainsi d’un point de vue généalogique mais c’était tout simplement le surnom de…‘l’homme de Rome’ (comme on dira plus tard l’homme de Rio ou l’oeil de Moscou).

L’occupant, pas forcément belliqueux d’ailleurs, provoque donc la création du ‘village de Romius’, noté traditionnellement à l’époque gallo-romaine avec le suffixe ‘-ac’ (qui restera systématiquement pour quasiment toutes les villes en zone de langue d’oc), ce qui nous fait donc Romiacum dans un premier temps…Puis, le Moyen-Age passant par-dessus la graphie (l’écriture) originelle, on trouve la mention ‘Romjacum’ (le latin ne connaissant pas la lettre ‘j’), laquelle hésite alors entre un ‘Ronjac’ francisé mais sans doute abandonné par une ‘pression linguistique’ désormais germanique, et un ‘Rongis’ (pour éviter Ronjis) proche de la forme actuelle.

Clin d’oeil étymologique inattendu: il existe au 11ème siècle un parfait homonyme du mot, qui vient du latin ‘rudicare’ qui signifie broyer et qui donnera évidemment en français actuel ronger. Son premier sens était celui de casser un os (pour les chiens) ou ruminer (chez les bovins); mais il y a bel et bien eu une période -courte- où le verbe ‘rungier’ voulait dire manger copieusement, jusqu’à ce que le ‘rungis’ (le mangeur) prenne le sens figuré de celui qui…rumine des idées, pour ne pas dire celui qui ronge son frein! Sauf étymologiquement en l’occurrence.


N'hésitez pas à soutenir ce site ! Il vous est possible de faire un don libre pour assurer un contenu régulier et sans publicité. Votre participation serait grandement appréciée !

 
 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>