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séisme

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L’anecdote fera sourire tous les lecteurs qui me font l’honneur de lire ce blog depuis des zones (asiatiques, ou ouest-américaines entre autres) particulièrement susceptibles d’être touchées par des vibrations telluriques; mais la France -que dis-je, la Côte d’Azur, ce joyau- vient d’être troublée par un ‘séisme’ légèrement supérieur au niveau 5, d’après le classement d’un certain Charles Richter, physicien américain qui dut son ascension sociale à une échelle par lui installée en 1936 avec son collègue…Gutenberg, qui lui aussi fit bonne impression. Arrêtons-nous un peu sur l’étymologie de ce nom, pour une fois commun…

Pas besoin de vous faire un dessin, tout le monde imagine bien ce qu’est un séisme, surtout une fois qu’on l’a ressenti. Or, tout séisme ne provoque pas le tsunami encore dans toutes les mémoires, car avant d’être un phénomène terrestre de grande ampleur, le mot est passé par beaucoup de…soubresauts, dont certains ne manquent pas de charme.

A l’origine, le mot est grec, et dérive d’un verbe ‘séiein’, double diphtongue quasi-imprononçable (en français) de nos jours, ce qui nous a obligé à garder le son ‘sé-isme’ comme s’il y avait un ‘h’ (séhisme) pour éviter de dire ‘sésme’ (comme on dit une seiche, et non pas une séhiche). Bref, ce verbe évoque pour les Anciens une vibration (rien de surprenant jusque là) mais dans un mouvement doux ou mesuré: car le premier sens de ce séisme désigne très exactement le coup de poignet qu’on donne sur les rênes des chevaux pour les conduire! Pas de quoi faire trembler la terre pour autant, sauf sous les sabots des chevaux si vous faites la course de chars de Ben-Hur.

Pour rester dans le domaine animal, les grecs considéraient qu’il y a également ‘séisme’ quand des boeufs sous le joug agitent la tête pour se dégager; c’est également le réflexe d’un cheval qui balance le cou pour dégager la crinière, par exemple; rien encore qui puisse inquiéter le cavalier et risquer de le faire tomber dans une faille…Par la suite, le terme s’appliquera aussi à une branche qui bouge sous le vent, à une autre qu’on essaie de tordre ou de casser, ou, plus fermement, à celle que l’on secoue pour en faire tomber un fruit (à l’époque, des olives ou des figues, par exemple); nous voilà déjà dans un degré de fermeté ou de violence ascendantes.

Les animaux n’étant pas les seuls à générer des ‘séismes’, le mot passe alors dans le vocabulaire des humains pour caractériser des gens atteints de tremblements convulsifs (souvent pathologiques) ou, de façon plus figurée, ceux qui sont des ‘agités’, quelle que soit la dimension du bocal. Parmi les ondes provoquées par ce même terme, et toujours dans un sens figuré, signalons aussi les gens ‘au cerveau ébranlé’ (ceux que l’on a « secoué trop près du mur » comme dit l’expression) et même ceux que l’on menace suffisamment pour leur faire avouer une faute ou un délit, en utilisant des moyens plutôt traumatisants pour les faire parler (non, à l’époque, il ne s’agissait pas de torture sur les Résistants mais de…harcèlement psychologique pour forcer les politiciens à avouer des malversations!).

Et puis, chez les Grecs, ce qui touche les hommes concerne forcément les dieux, et voici que l’on arrive au séisme proprement ‘divin’, manifestation de la colère d’iceux, dont la voix tonitruante ou le coup de foudre (je veux dire la frappe) font trembler la Terre. Mythologiquement parlant, il est d’ailleurs curieux de constater que ces hoquets strictement terrestres étaient considérés comme venant du ciel ou en tout cas d’en-haut (de l’Olympe), alors que les locataires des Enfers ou des profondeurs marines, Hadès et autre Poséidon, se tiennent plutôt à carreau en la matière. Comme quoi, le Grec est comme l’étymo, pas toujours logique (ni peut-être très doué en spéléo)…

Terminons cette revue de détails linguistiques en mentionnant un dernier sens à ce mot qui fait décidément beaucoup de vagues, ou plutôt de vaguelettes. Car, à l’époque où ‘séisme’ ne désignait encore que le petit coup sec des lanières sur le dos des chevaux, le même mouvement des poignets -horizontaux cette fois- concernait…les chercheurs d’or, qui agitent nerveusement leur tamis pour en dégager la pépite surnageant au milieu de la terre et des cailloux. Ce qui ne manquait pas, parfois, de provoquer de vrais séismes psychologiques, et pas qu’étymologiquement!


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