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Série bizarre: Béguin(es)

Béguines

Sale histoire pour les djihadistes belges, dont l’un était propriétaire du présumé repaire fondamentaliste portant un nom ‘bizarre’ ! Très équivoques, les Béguines: d’abord à cause de cette variante féminine de…Béguin, rendue célèbre grâce à un roman de Françoise Mallet-Joris, le «Rempart des Béguines» (1951) dont le sujet (la relation sado-masochiste et lesbienne d’une jeune fille dans un pensionnat) ne va qu’accentuer -à tort- dans le langage populaire la proximité sonore avec les (bé)gouines! Et d’autre part, parce que, finalement et comme d’habitude, son étymologie n’a rien vraiment rien de commun avec cette histoire!

Béguin/Béguine, que vous trouvez aussi sous le diminutif Béguinot (dans l’Est), Béguineau, ou Béguinet, semble venir d’un très ancien mot du 12ème siècle, dont le destin linguistique n’est pas non plus exempt de tout soupçon. A l’origine, il y a le mot latin ‘beccus’, qui signifie le bec, celui des oiseaux mais aussi, familièrement, la bouche des humains: «être de bon bec», ou «avoir bon bec», disait-on à l’époque de Molière, pour qualifier des gens dont la conversation était agréable et polie, ou qui mangeaient avec délicatesse et appétit.

Or ce ‘beccus’ va avoir une descendance néerlandaise (disons flamande) qui est le verbe «bekken», au sens de bavarder (claquer du bec, en quelque sorte, pour approcher l’onomatopée). Au Moyen-Age, les béguins vont designer des moines mendiants, rapidement considérés comme hérétiques (parlaient-ils trop?), et le mot va rester pour gratifier une personne…hypocrite, qui cache sa pensée. Ironie du sort, voilà qu’un certain Laurent Begh (ou…le bègue, on ne sait pas trop) se met en tête de fonder l’ordre des Béghines (puis Béguines), lesquelles portaient une coiffe spécifique (une sorte de petit béret, qui deviendra très à la mode à la fin du 19è siècle).

Or, en quelques années, ce ‘béguin’ va s’imposer comme objet de séduction, d’où l’expression ‘avoir le béguin’, ‘(s’)embéguiner de quelqu’un’, ou encore (se) ‘mettre un béguin’, pour dire tomber amoureux d’une personne (au moins 24h, si possible). On disait aussi ‘(se) coiffer’du béguin. (Autre) surprise étymologique: ce verbe embéguiner, au sens de se mettre quelqu’un en tête, est probablement à l’origine de la danse -et de la musique- guadeloupéenne du même son, pendant laquelle on se coiffe de la..biguine (le foulard) pour séduire. Mais au fait, à une lettre près, coiffer et kiffer, c’est pareil, non?


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