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série bizarre: M. Sainge

série bizarre Sainge

M.Sainge, surtout pas de mariage avec Mlle Guenon(*), ce serait terrible sur les faire-part de la cérémonie (et pour les enfants)! Cela étant, même au quotidien, il faudrait être malin comme un singe pour trouver une façon de détourner ce mot: on a beau faire des pieds et des mains, pas moyen de prononcer autrement ce patronyme très délicat à entendre, et qui n’a pourtant rien à voir avec le primate. Son étymologie n’est pas si innocente pour autant.

Sainge, avec un ‘a’, vient du latin ‘sagina’, qui évoque la bonne chère, la nourriture bien grasse, bref de quoi prendre du poids. Si la chose n’était devenue politiquement incorrecte, on parlerait volontiers de ‘gavage’, pour ce mot qui va se transformer en ‘sagimen’ à la chute de l’Empire romain, puis en ‘saim’ en vieux-français. Pour aller au bout du raisonnement (et de l’assiette), il ne reste plus qu’à y rajouter un adjectif tout simple, qui évoque la mollesse , le mot ‘doux’; et nous voilà avec du saim-doux, dont tous les gens affligés d’embonpoint savent à quel point ce ‘sain’-là ne l’est pas pour leur santé.

A l’époque classique, le ou la sainge va alors servir à qualifier ces épais morceaux de graisse animale (en général porcine), tout à fait nécessaires -et parfois insuffisants- à l’alimentation de base des paysans. On va donc acheter sa sainge chez l’homme dont c’est le métier, le saingier, autrement dit le commerçant qui sait (se) faire du gras. Il semble que notre brave Sainge ait écopé d’un fond de marmite, qui perpétue ainsi la mémoire de ce vendeur de lipides saturées.

Signalons quand même à l’occasion que le singe, lui, vient d’un autre mot latin, ‘simius’, qui donnera évidemment simiesque en français, c’est-à-dire celui qui fait des grimaces comme un singe, ou mieux (enfin, si l’on peut dire), l’animal qui imite…l’homme (voilà la définition exacte du singe chez les Romains!). Le terme aura plus tard le sens figuré d’imitateur, et même de faussaire, ainsi que deux évolutions inattendues: d’une part, au treizième siècle, on trouvera le féminin -sans avenir- de ‘singesse’ (comme on disait lionesse, par exemple, la manie du moment).

D’autre part, quelques temps plus tard, ‘singe’ deviendra le surnom du ‘patron’ chez les Compagnons du Devoir, et pas seulement en hiver, comme aurait dit Audiard (d’après le roman d’Antoine Blondin, celui qui possède un hôtel à…Tigreville.) Notez qu’à bord d’un porte-avions, le singe s’appelle le Pas-chat. Il paraît que c’est au chef (et formateur) de ces meilleurs Compagnons artisans qu’on doit le fameux adage: ‘Ce n’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire la grimace’. Tant qu’il ne s’appelle pas Sainge..

(*) voir quelques chroniques auparavant.


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