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Série bizarre n°14: Mme CATIN

Catin

A moins d’arriver d’une exo-planète ou de ne plus écouter la radio depuis l’époque des grandes ondes, vous avez forcément entendu la libertine Mylène Farmer revendiquer son statut de catin, remettant ainsi, sinon au goût du moins à jour, cette injure très prisée du temps d’Henri de Navarre, et même avant. Alors, sauf à revendiquer fièrement un statut de péripatéticienne un tantinet vulgaire, difficile d’imprimer ça sur votre carte de visite. Et pourtant…

Ce n’est en effet que dans les années 1500 que tout bascule, car Catin, qu’il serait plus (étymo)logique d’écrire Cathin, est tout simplement, pendant plusieurs siècles, une forme contractée du prénom…Catherine! Or, tout le monde sait bien que Catherine est une sainte plutôt vieille-fille (ou une compulsive du shopping à Bordeaux, et une sex-addict à Montréal). Que s’est-il donc passé avec elle, pour en arriver là?

Au commencement était une divinité, probablement de Grèce ou d’Asie Mineure, dénommée Ekata, puis Ekaterina, racine encore présente dans certains noms européens -en l’occurrence russes- comme par exemple Ekaterinen-bourg, la ville de Catherine (en souvenir de la Grande, Miss Poutine number two). Le mot fera son petit bonhomme de chemin à travers les siècles et les montagnes, en se mélangeant parfois avec un autre mot grec “katharos” qui signifie pur, celui qui va donner leur nom aux “purs de la religion”, les Cathares, lesquels, dit-on, n’étaient parfois rien moins que des catins et autres sodomites, mais ceci est une autre histoire. En tous cas, en voilà un singulier attelage, tirant à hue et à dia, mauvaise vie d’un côté et bonne conscience de l’autre!

Vont apparaître ensuite les variantes Catharin, puis Cathrin, Cathin, Cattin, et enfin Catin, avec des déformations dues à des parlers locaux. Or, grâce à (ou à cause de?) une sainte martyre du 4è siècle (parmi des dizaines d’autres, dans plusieurs pays d’Europe; au 14ème siècle, chacun reconnaîtra la Sienne), le mot va devenir célèbre et être adopté comme symbole de protection par nombre de foyers chrétiens. Le drame, c’est qu’en devenant commun, le peuple va s’en servir comme «surnom générique»! Dans les campagnes, quand on parlera d’un voisin qu’on ne connait pas, ce sera “le Jean”; sa femme, la fermière, sera “la Marie”; et si c’est une servante (une fille placée chez un patron à la ville, par exemple), ce sera “la Jeanne” (ou Marie-Jeanne, la repasseuse qui donnera son nom à la planchette de travail!).

Et la Catherine? Ce sera souvent une fille du village qui a malencontreusement eu des privautés pour son Jean de voisin, d’où cette réputation de catin impure…Or, ultime retournement (de sens), celui de la tradition villageoise de Ste-Catherine, élection de la miss du coin la plus infortunée puisqu’encore vierge à 25ans. Cette fille, c’est décidément tout ou rien, ou si vous préférez l’être ou le néant, puisque Ste Catherine est désormais la patronne des…philosophes (*). Dans le boudoir, sans doute!

(*) Elle est également, selon les souhaits de Jean-Paul II en 1999, l’une des trois patronnes de…l’Europe, avec la suédoise Brigitte et l’espagnole Thérèse (d’Avila).


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