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Sotchi 4: les breloques

breloques

Petit drame médiatique que ce ‘compteur des médailles’ qui ne décolle pas assez vite, ou qui s’arrête de tourner jour après jour, et qui enfin, au grand soulagement des soutiers de l’information continue, redémarre pour permettre enfin de raconter quelque chose en direct. L’autre soir, frémissement dans le studio d’une radio nationale: un commentateur a bafoué le langage politiquement-correct, et qualifié la récompense olympique de ‘breloque’, horrible mot péjoratif dont la condescendance semble ridiculiser les porteurs de nobles et précieuses ‘médailles’. Eh bien, figurez-vous que c’est exactement le contraire!

Commençons par la plus simple, mais pas la moins méritante, la fameuse ‘breloque’. Avez-vous jamais imaginé l’étymologie de la chose? Il est vrai que, si vous pensez à la paire de boucles d’oreille en plaqué or que vous avez offert à votre petite nièce pour son dernier anniversaire, on peut peut-être parler de breloque, en fonction de la valeur de la parure. De fait, dans le langage courant, ce terme qualifie un objet de peu de valeur, dont on se défait sans beaucoup de regrets en triant les bijoux de famille…L’origine du mot? Le bruit!

Car breloque n’est pas bre-loque, ni brel-oque (comme les patronymes Breuil, Breil ou…Brel, issus d’un mot gaulois qui désigne un petit bois dans un enclos); il s’agit tout simplement d’une onomatopée, formée sur le bruit (supposé) que fait un collier ou une médaille tombant (et même retombant) sur la poitrine: brrr-lock traduit le son de la chute puis de la stabilisation d’un objet lourd au bout d’une ficelle ou d’un ruban! En foi de quoi, le premier sens de breloque, c’est forcément une pièce suffisamment pleine de métal (si possible précieux) pour générer le frou-frou en question; il s’agit donc d’une pièce de valeur.

A l’opposé, et contre toute attente sans doute, le mot ‘médaille’ est un ‘augmentatif’ (une forme plus longue que sa racine originelle) du terme ‘maille’, mot d’ancien-français dont on ne se souvient aujourd’hui (et encore) que dans les expressions ‘n’avoir ni sou ni maille’ ou ‘avoir maille à partir’…A l’époque classique, la maille n’a rien à voir avec le tricot (en tout cas, pas celle-là); il s’agit d’une pièce de monnaie, dont la valeur est un demi-denier, autant dire quasiment rien. Aujourd’hui, en dehors de tout calcul de parité, ce pourrait être en quelque sorte l’équivalent d’un centime d’euro. En foi de quoi, n’avoir ni sou ni maille signifiait ne posséder ni un sou (un pièce d’or!) ni un centime, c’est-à-dire strictement rien. Et la maille à ‘partir’ (forme contractée du verbe…partager) se comprend alors comme n’avoir pas même un centime à (se) partager (évidemment), donc se disputer pour avoir la dernière pièce.

Et vous savez quoi? Maille, et donc médaille, viennent l’une et l’autre du latin ‘medius’, qui veut dire (entre autres) la moitié de quelque chose, par conséquent un objet de moindre valeur, un ‘demi-tarif’…On peut donc en conclure sans hésitation qu’il vaut mieux rentrer à Roissy avec plein de breloques autour du cou, plutôt que des médailles, non? En tout cas, étymologiquement.


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Un commentaire au sujet de Sotchi 4: les breloques

  1. Bien que cette explication soit fort intéressante, elle ne me convainc pas: pourquoi déterminer la nature du métal d’une breloque à son poids et au bruit qu’elle émet en retombant ?
    De nombreux débats ont eu lieu à ce sujet ( anciens combattants décorés).
    Arthur Rimbaud l’emploi dans un sens péjoratif .
    D’ailleurs la majorité des gens comprend ce mot  »breloque » dans ce sens.
    Mais je crois qu’il y a un effet de mode: quand un journaliste (sportif en l’occurrence ) découvre un mot nouveau, il est repris aussitôt par certains confrères pour semble-t-il se distinguer.
    A une époque , c’était le mot  »encablure » employé à toute occasion, pas seulement dans le langage maritime .
    Malheureusement , à l’occasion de ces J.O. mes oreilles vont devoir supporter ce mot qui à mon sens , reste péjoratif , et dévalorisant pour nos athlètes .

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