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St Valentin

St Valentin

C’est la semaine ‘St-Valentin’, puisque, comme Noël qui dure deux mois (commerciaux avant la date), c’est maintenant la frénésie du cadeau qu’il faut entretenir au moins quinze jours avant la date fatidique; la galette (des Rois) et les crêpes (de la chandeleur) sont déjà loin -et ne rapportent pas assez sans doute- donc il faut absolument donner mauvaise conscience à ceux qui n’auraient pas encore réservé le flacon de parfum et le bouquet de roses venues par avion ou camion (selon vos moyens) à grand renfort de CO2. Comme chaque année, voici donc le retour de Valentin, à tous petits petons…

Ah, Valentin et son cortège de cartes postales roses encombrées de petits anges décochant des flèches dans un coeur dégoulinant de passion! Pourtant, l’histoire de cette fête assez païenne qui fait le bonheur des fleuristes, des restaurateurs, des vendeurs de bougies parfumées et autres bijoutiers n’a rien d’attendrissant, ni d’un point de vue historique, ni d’un point de vue étymologique.

Commençons par l’histoire: le ‘vrai’ Valentin était prêtre à Rome, au début du 3è siècle après JC. On est donc dans une période déjà décadente pour l’Empire Romain, et le phénomène du moment, c’est la christianisation du monde civilisé à marches forcées, via le maximum d’allumés qui se laissent martyriser ou qui font des miracles. C’est le cas de ce Valentin, qui fit un marché avec le juge chargé de le condamner: Si Valentin rend la vue à sa fille aveugle, l’autre convertit toute sa maison à la nouvelle religion…Bingo, Valoche rouvre les yeux à la minette et voilà 46 baptisés supplémentaires, ce qui n’évitera pas notre ophtalmo avant l’heure de passer quand même à la casserole.

Et savez-vous pourquoi il fut mis à mort? Parce qu’il continuait à célébrer des mariages, alors que l’Empereur manquait de troupes en raison du manque de motivation des hommes mariés qui restaient à la maison pour ne pas aller se battre. Et il n’y avait même pas encore de mariages gays!

Or, figurez-vous qu’à l’époque des Romains, la mi-février (le 15 exactement, pas le 14) c’est depuis toujours la fête des «Lupercales», sorte d’orgies démentielles où des officiants nus sous des peaux de boucs célèbrent le retour prochain du printemps et de la sève qui monte dans les arbres – si vous voyez ce que je veux dire…Sans compter que, étymologiquement, « lupercale », cela signifie « la fête du loup », en l’occurrence de la Louve, au moins celle (avec une majuscule) qui a nourri à la mamelle Romulus et Rémus, pour ne garder que la version la plus mythologique…Je connais un certain Silvio qui eût été heureux de vivre à cette époque très bunga-bunga.

Il faut attendre le 5è siècle pour que le pape du moment, un certain Gélase 1er, fixe officiellement le 14 février pour la St Valentin, ce qui fait disparaître immédiatement les orgies printanières (non, mais!)…Le temps passe, et c’est en fait au Moyen-Age que débute la tradition d’une St Valentin dédiée aux amoureux, car c’est la période où les oiseaux commencent à roucouler et éventuellement s’accoupler. D’ailleurs, le proverbe à la mode à l’époque, c’était «A la mi-février, bon merle doit nicher». No comment.

De plus, il y avait un véritable code pour les jeunes filles: ce jour-là , elles devaient observer le ciel et les oiseaux; si elles apercevaient un rouge-gorge, c’est qu’elles se marieraient avec un marin; si c’était un moineau, c’est que ce serait un mariage heureux mais pauvre; et si c’était un chardonneret, ce serait avec un homme riche! Je n’ai aucune information pour celles qui voyaient passer une cigogne ou un rossignol…

En résumé, St Valentin est, bien sûr, le patron des amoureux mais aussi celui des couples fiancés, des couples mariés, et des…fabricants de cartes de voeux. On l’invoque encore pour éviter les évanouissements et pour guérir l’épilepsie (vous ne risquez donc rien à terminer cette lecture).

Mais finalement, quelle est l’étymologie de Valentin, patronyme que l’on donnait aux…bijoutiers au Moyen-Age et aux cavaliers de bal, à l’époque de Molière? La racine ‘valeo’ latine signifie être bien portant, être en bonne santé (rien à voir avec les accessoires automobiles*). C’est bien le sens du mot « valétudinaire », désuet mais très explicite (= le contraire de grabataire, donc de malade), dont on retrouve la racine au coeur de l’autre nom commun « con-vale-scence », c’est à dire, littéralement (mettre) « con= avec + vale (santé) + scence (suffixe d’évolution)….L’adjectif ‘valentius’ deviendra ‘valens’ en latin, puis vaillant en vieux-français, ce qui avait à une époque le sens très fort (et quasi-obscène) de « vaillant…au lit », donc robuste, fort, puissant sexuellement. Et dire qu’on représente ce monsieur sous les traits d’un tireur de flèches…

(*) La marque (française) est très récente (1980) et elle reprend le nom d’une filiale du groupe italien Ferodo, déjà baptisée ‘Je vais bien’! Remarquez, avec Volvo (je roule), voilà de bons augures.


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