Le site qui vous aide à comprendre le vrai sens de votre patronyme

trêve

trêve

En ce début septembre, son heure a sonné sur tous les fronts ou presque: entre la Russie et l’Ukraine (dixit le tsar Wladimir), entre Gaza et Israël, et peut-être même ailleurs (les endroits ne manquent pas): le  »cessez-le-feu a été respecté » annoncent plusieurs médias sur les théâtres d’opérations militaires. Mais est-ce pour autant une trêve? Et l’armistice durera-t-il? Quelle différence entre ces différents mots et expression?

Pour ‘cessez-le-feu’, pas besoin de faire un dessin; comme pour beaucoup d’autres expressions, il suffit d’aligner et d’unir par des traits plusieurs mots pour obtenir la définition précise de ce que l’on veut dire: cessez le feu, rendez vous, bon à tirer, faire part, boit sans soif, pis aller, etc…le verbe conjugué dans le groupe de mots devenant rapidement noyé dans ce qui devient au final un nom commun (vous pouvez mettre un article devant tous les exemples). Quoi qu’il en soit, cesser-le-feu (verbe+complément) ne peut pas être plus clair sur les intentions des belligérants, lesquels sont encore sur le champ de bataille: on ne fait qu’arrêter de se tirer dessus (on cesse le feu), mais ça peut repartir d’un instant à l’autre dès qu’on a ramassé les cadavres…

Pour un ‘armistice’, c’est différent: le mot vient de deux racines latines (arma + stitium: on pose les armes) et suppose que l’on a cessé le feu depuis longtemps (enfin, le plus possible), que l’on a quitté les tranchées et qu’on s’est mis à l’abri (un wagon dans une clairière, par exemple) pour signer sur un papier qu’on arrête la guerre et qu’il y a, expressément, un vaincu qui reconnaît son vainqueur (1).

Et la trêve alors? Elle est entre les deux (à condition qu’on ait cessé le feu, sinon c’est risqué), autrement dit, c’est une suspension momentanée des opérations. Plus longue que le cessez-le-feu (il faut enterrer les cadavres, panser les plaies des vivants, attendre les taxis avec les soldats frais, etc), mais pas forcément définitive comme l’armistice, c’est pourtant -théoriquement- le plus beau (!) moment de la guerre. Etymologiquement, la ‘trêve’ moderne vient d’un mot d’ancien-français (16è siècle) qui est ‘trieve’ ou ‘trive’, lui-même issu d’une racine ‘francique’ (le dialecte…germain qui a donné naissance à notre langue!) qui est ‘trinwa’ (je ne garantis pas la prononciation).

Le sens précis de cette racine inventée par des tribus en général guerrières est…la sécurité, la confiance, la vérité, tout ce qui se rattache à un moment où, promis-juré, on ne tue plus-vous pouvez avoir confiance. Donc plus sécure que le cessez-le-feu qui peut reprendre à tout moment, ça ne veut pas dire qu’on arrête les hostilités pour autant, on reprendra plus tard. Dans une cour d’école, ça donne: ‘pouce, je joue plus’, parfois pour mieux surprendre l’autre…Formée sur ce même son ‘tr-’ + voyelle(s), on retrouve l’idée de sécurité dans l’anglais ‘true’ ou ‘truth’ (vrai, vérité), ainsi que dans l’allemand ‘treu’ (loyal, sincère), mais rien d’autre en français. Je vous l’avais dit, la trêve, ça ne dure pas toujours très longtemps.

Ah…pour ceux qui n’auraient pas encore lu le sujet en question, je rappelle que, étymologiquement, la  »zone de cessez-le-feu », c’est donc en quelque sorte le ‘champ de trêve’. En germain du 12ème siècle, ça se dit, littéralement (et ça ne s’invente pas)…TrierWeiler. Mais, de ce côté-là, ce serait plutôt encore la guerre! (2)

(1) pour tout savoir sur les détails, voir la chronique spécialement consacrée à ce mot, à l’occasion du 11 Novembre 2011 (tapez ‘armistice’ dans le champ de recherche en haut à droite de la page).
(2) Là encore, retrouvez toute l’évolution du mot (et du nom) de…Trêves, sur la chronique ‘Trierweiler’


N'hésitez pas à soutenir ce site ! Il vous est possible de faire un don libre pour assurer un contenu régulier et sans publicité. Votre participation serait grandement appréciée !

 
 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>