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truffe

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Ah, cette fois, il va falloir nous dire si elle est froide ou brûlante, si elle sent bon ou si elle est grosse, selon que vous serez branché ‘chiens’ ou ‘champignons périgourdins’. Car le (très) cher tubercule vient d’un mot latin qui est ‘tufer’ (puis tuber, d’où le nom), qui donnera son nom à la pépite cabossée et noire des terrains calcaires, dûment dépistée par la…truffe d’un cochon ou d’un chien. On ne sait pas qui, du canidé ou du champignon, a donné son nom à l’autre, pour ce que l’on appelait au Moyen-Age une ‘protubérance anatomique naturelle’. Vous voilà au parfum, pour commencer.

Attention, si vous vous appelez Truffe, ce patronyme n’a rien à voir avec ces histoires de ‘petite tumeur ‘, définition exacte du mot ‘tuber-cule’! Les Truffe, Truffaut (comme le cinéaste ou le pépiniériste), et même les Truffier ne désignent pas des gens qui récoltent ou vendent des truffes, mais des…menteurs! En effet, ils ont pour origine un mot d’ancien français, conservé surtout grâce à l’occitan, qui est ‘trufe’, au sens de moquerie ou de tromperie.

Celui qu’on prend pour un(e) Truffe n’est donc pas le dindon de la farce (truffée), mais plutôt celui qui se moque des autres, sans que ce soit pour autant méchant; la ‘trufe’, c’est souvent une plaisanterie, un mauvais tour qui ne porte pas à conséquence. Le seul qui se prenait au sérieux est un certain ‘Tartrufo’, devenu Tartufe (oui, avec un seul ‘f’, théoriquement) qui a perdu son second ‘r’ pour des difficultés d’articulation. Le personnage est évidemment devenu célèbre grâce au dévot hypocrite de la comédie de Molière, lequel s’est vraisemblablement inspiré du mot occitan ou de son homonyme italien (trufa). D’abord ‘surnom propre’, le terme est rapidement devenu commun pour désigner toute personne qui déguise sa pensée.

Mais revenons à nos cochons (truffiers) et à la gastronomie (truffière), car c’est la rareté et donc le coût du ‘mélanosporum’ de nos terroirs qui vont permettre de créer le sens figuré du verbe ‘truffer’, qui indique qu’une matière est plus ou moins garnie d’éléments extérieurs, tout comme la truffe dans le foie gras (tant qu’on y est). Exemple: si un texte est truffé de fautes d’orthographe, çà ne sent pas bon pour son auteur, mais si un livre est truffé d’illustrations ou dessins, les lecteurs seront contents!

Pour en finir étymologiquement, précisons que ce ‘mélano-sporum’ signifie à l’origine quelque chose comme ‘éponge noire’, en grec (on voit aisément pourquoi); l’idée d’éponge s’est ensuite appliquée à d’autres végétaux, comme un champignon (qui n’a pas forcément la forme d’un cèpe mais d’une excroissance de mousse sur un arbre), ou même comme une…pomme de terre, dont une variété régionale (de l’Est) s’appelle la ‘treuffe’, ou, si vous préférez en français parisien, justement une…tubercule. Etymo et logique!


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