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Twitter

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TWEET

«Avec Twitter, on en perd son latin, ou plutôt son anglais» écrivait récemment un quotidien national, faisant écho à la notoriété grandissante du réseau social de messages rapides (pour ceux qui n’auraient pas habité la Terre depuis quelques années). De plus, un vénéré spécialiste de la langue française ne manquait pas de s’insurger contre cette incursion insupportable d’un anglicisme dans la dernière édition du dictonnaire ‘Robert’. Or, voici un mot qui fait impeccablement la «Deffence et Illustration de la Langue Françoyse», comme aurait dit un certain Joachim (Du Bellay, 1549)…

Tout d’abord tweet ou twit (version francisée semble-t-il, mais le combat n’a pas grand intérêt) est une onomatopée…française, tûit étant depuis des siècles un petit mot exprimant le bruit que font les oiseaux. Il semblerait que le ‘son’ existait, bien avant que des colons francophones ne traversent l’océan et ne l’installent au Québec sous sa forme académique qui est le gazouillis; nos cousins canadiens ont d’ailleurs gardé le mot de nos jours (une fois de plus, si vous voulez entendre parler français -époque des rois- allez au Québec).

Comme beaucoup d’autres mots de notre langue, le ‘tûi’ a été développé par les anglo-saxons, auprès desquels nous l’avons récupéré: pas de quoi donc crier au scandale. Et, ô surprise, il devient en français un exemple parfait d’étymologie. A preuve:
‘Tweet’ va permettre de créer le verbe twitter (1er groupe, facile à conjuguer), qu’il faudra distinguer de Twitter, qui désigne avec la majuscule le réseau lui-même: on ne peut pas faire plus rigoureux comme règle d’orthographe.

Celui qui twitte va donc devenir un twitteur, dont le féminin est twitteuse, noms communs qui expriment plutôt le déroulement de l’action. Pour qualifier la personne habituée à twitter, on utilise les termes ‘twitto’ pour un garçon, ou ‘twitta’ pour une fille, exemples tout à fait orthodoxes d’une finale masculine en ‘o’ et féminine en ‘a’, que l’on trouve dans tous les surnoms (Gino n’est pas Gina, Roberto n’est pas Roberta…autre règle de genre respectée).

Twitteur et Twitteuse vont avoir également leur variante péjorative, pour caractériser des accros au système, respectivement appelés un twittos (même nuance que portos pour les portugais, chicanos pour les mexicains, etc) ou une…twittasse (comme blondasse, pétasse…)

Tous ces gens qui échangent en permanence des informations capitales pour l’humanité dont des ‘twitaddict’ (des drogués du tweet) qui, après avoir pollué la ‘blogosphère (l’espace Internet), encombrent désormais la ‘twittosphère’ (le domaine de Twitter), formation linguistique aussi correcte que l’atmosphère ou la stratosphère, bien que tout cela ne vole pas très haut.

Finalement, on aurait sans doute bien tort de se plaindre de l’oppression du ‘franglais’ dans la pureté de notre dialecte national, puisque ce petit gazouillis nous enrichit de plus de dix mots! Et, comme on l’a vu, la racine ‘tûit’ n’est pas moins française parce qu’elle existe aussi en anglais sous la forme ‘tweet’, pas plus qu’on ne se bat aujourd’hui contre le ‘flirt’, issu du français fleureter, conter fleurette. La véritable question concernant Twitter est sans doute l’intérêt qu’il y a de savoir à quelle heure la copine de votre copine est allée au cinéma et si les toilettes étaient occupées ou pas. Mais je ne voudrais pas ajouter à tous ces gazouillis un persiflage ou des cancans superflus …


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