Le site qui vous aide à comprendre le vrai sens de votre patronyme

… »enregistrement privé à caractère érotique ». Il existe d’ailleurs un bon moyen d’éviter les procès pour ça, c’est de prendre le bon côté de la colline, en évitant peut-être de montrer la bande au fils de sa mère…C’est confus? (Re)lisez l’étymologie de Mathieu (août 2015) et/ou de Karim (mai 2021) en tapant leur nom en haut à droite, vous allez comprendre! Et probablement sourire…

…même celle des médias. L’actualité du moment sur France 2 revient à la Une de l’émission ‘TéléMatin’ dont plusieurs collaborateurs s’inquiètent pour leur avenir en raison des décisions de la direction. D’où le retour de quelques ‘papiers’ dans la presse spécialisée (ou pas), du nom de la Présidente du groupe audiovisuel français. Elle avait déjà fait parler d’elle en 2015 (sa nomination); il suffit de taper son nom pour bénéficier d’une rediffusion gratuite…

…de la France de ces dernières semaines, la résidence de Cantiliens découvrant que leur commune de l’agglomération rouennaise était devenue la plaque-tournante régionale du trafic de drogue, sous la houlette d’élus rapidement appréhendés (et relâchés). L’important ici est de remonter à la racine non pas de plants suspects mais du nom d’un endroit au sujet duquel beaucoup de lecteurs se sont posé des questions et d’autres, plus sensibles aux patois régionaux, pas du tout… 

Si vous êtes né(e.s, comme on écrit aujourd’hui) « dans les territoires »  (comme on dit à l’Elysée), que vous soyez picard, normand, auvergnat, vendéen, provençal ou gascon, vous avez tout de suite compris que le site où s’est implanté le tout-premier hameau de Canteleu était le coin favori d’une meute de loups qui venaient y hurler.

Cante-leu est en effet une forme ancienne (et multiple) de ‘chante-loup’; le verbe, qui s’est enrichi d’une initiale chuintante dans les milieux académiques pour faire ‘chanter’, chanteur, chanson, etc…vient en fait d’une forme latine de ‘cantare’ (« volare, oh, oh… ») qui veut bien dire non seulement vocaliser le plus harmonieusement possible, mais aussi faire du bruit – quel qu’il soit – avec sa gorge, ce qui permet de qualifier un certain nombre de gens qui s’approchent des micros (faites vos jeux) ainsi que n’importe quels cris d’animaux! 

Nos ancêtres ayant non seulement « les cheveux longs mais également les idées…larges (1) », voilà qui semble nous propulser au-devant de la scène linguistique tout ce qui aboie, brame, caquète, piaille ou grogne, au même titre que le moindre trille de la Callas…D’où le fait que ce verbe chanter ou canter soit si souvent utilisé pour pointer du nez puis baptiser un lieu où se manifestent certains sons plus ou moins gracieux.

A part les anges (comme on dit à Noël), il y a donc forcément de nombreuses bestioles qui ont entonné dans nos campagnes ces refrains mélodieux, à commencer par des loups : car, comme on disait aussi ‘leu’ au Moyen-Age, le mot a donné son nom à la fameuse marche du loup-à-la-suite-du-loup donc ‘à la queue leu leu’, d’où ce Canteleu (ou Cantalou, plus au sud) mais aussi des Canteloube/Cantaloube, avec un ‘b’ qui comme souvent est la prononciation d’un ‘v’, ce qui nous permet de préciser que cette fois c’est la maman des louveteaux (la louve) qui venait s’égosiller dans la clairière.

Entre deux hurlements, on pouvait également entendre chanter les grillons, ce qui a donné les Cantegril (dans le Nord) et les Cantagreil (en Roussillon), à ne pas confondre malgré la proximité du son avec les Cantegrit ou les Cantecrit (avec un ’t’ final) qui renvoient, eux, vers un mot d’ancien-gascon qui désignait une grosse pierre ou un moëllon sous le terme ‘canta’ (2).

Circulent encore par-ci par-là un certain nombre d’oiseaux, là ou Cantemerle (Chantemerle), Chantepie ou Chantecaille – sans commentaire – mais aussi Cantaduc, là où hulule le hibou (grand duc ou pas), peut-être perché au-dessus d’une mare où croassent des grenouilles et donc appelée Cantareine (du latin raina, celle qui donnera reinette plus tard).

Restent encore quelque part les Chantefoin, au sujet de…la fouine, alors que les moins heureux des paysans habiteront un Cantecocu qui n’a pourtant rien d’infamant puisque c’est là où chante le…coucou, même si les humains, eux aussi, peuvent participer à ce concert de surnoms: on trouve en effet des Chantebeau ou Chantebel (ceux qui chantent bien), des Chantagut pour les…aigus, ou des Chantemesse pour les préposés aux choeurs pendant l’office, généralement des…chantres.

Alors, si un jour vous passez en Seine-Maritime, n’oubliez pas d’aller caresser la statue du fou chantant (pardon, du loup) dressé à l’entrée de Canteleu, et de (re)lire quelques pages d’un gars habitant le coin et qui en a chanté les louanges, un certain Gustave Flaubert. Encore un qui hurlait avec loups, en tous cas étymologiquement.

  1. ‘Cheveux longs et idées courtes’ Johnny Halliday, 1966, en réplique à une chanson d’Antoine.
  2. Alors que le Cantal (département) n’est ni un district de chanteurs ni un pays de pierres (encore que) mais un ‘sommet arrondi’, d’après une racine celte ‘kanta’ qui désignerait le sommet local (Plomb du Cantal). Haououou…

…mais cette fois cinématographique, à la faveur d’un film qui rend hommage au plus célèbre architecte industriel de son époque (et un peu justice à son entourage). Déjà présent depuis 2013 dans ces chroniques au moment du nonantenaire de l’édifice, vous devriez aller y faire un tour (forcément) en tapant son nom dans le champ de recherche.

…sur le moindre mot et chercher les détails qui se cachent dans les racines, mais c’est justement le rôle et la fonction de l’étymologie. Pour un parti politique, la tentation est d’autant plus grande de bien comprendre le sens du nom qu’ont voulu lui donner ses créateurs, d’autant qu’il ne s’agit en général pas d’une impulsion d’un soir à la fin d’une réunion après trois verres de bière, mais le plus souvent d’une véritable et parfois laborieuse réflexion (payante) d’agence de communication.

En ce qui concerne la nouvelle structure créée par l’ex-Premier Ministre pour soutenir l’actuel Président de la République, « son positionnement, c’est devant » a-t-il dit, et « (…) la ligne est de préférer la sérénité à la fébrilité ». Parler de ‘ligne’ au sujet de l’horizon, on ne peut pas faire mieux (les deux mots forment souvent l’expression complète) sauf que sa position, justement, peut également se trouver….derrière, la ligne d’horizon étant forcément à la limite de votre vision, quelle que soit la direction vers laquelle vous vous tournez (1).

Cette ligne, fictive et toujours repoussée car on n’atteint jamais l’horizon (aïe), est d’abord un terme d’astronomie chez les Romains qui, comme très souvent, avaient piqué le mot à leurs prédécesseurs grecs, et c’est là que ’ça dépasse les bornes’. Car le tout premier sens de ‘orizôn’, c’est bien une ligne ou un cercle qui borne la vue, donc…qui empêche de voir l’avenir. Et encore s’agit-il du sens propre pour un repère qui, comme l’équateur, est en permanence partout et nulle part (il suffit de ne rien regarder) à la fois. 

Le sens figuré est en effet autrement plus équivoque, pour ne pas dire négatif: le verbe dont est tiré le terme grec signifie en effet borner, c’est-à-dire proprement fixer des limites, d’abord à un territoire mais ensuite à un comportement (l’expression se dit également en français): le Mur limitait l’horizon des Berlinois (des deux côtés); le tchador limite la vue des femmes afghanes. Donc, d’une certaine façon, cela signifie ne plus pouvoir ou s’interdire d’évoluer à partir d’un certain point, puisqu’on ne voit pas (donc on ne sait pas) ce qu’il y a ‘après’…

Pire encore: si l’on peut parler de frontière entre des territoires limitrophes, il est également question, sur un plan social, de séparer deux groupes irréconciliables et de les écarter pour éviter tout débordement (no comment); d’où le résultat inévitable d’une partition (géographique) ou d’un séparatisme (politique) dont on aura fixé les limites en interdisant chaque parti(e?) de dépasser les bornes (ça, c’est pas garanti).

Enfin, sur un plan strictement personnel, peut-être même moral, l’horizon grec s’appliquait encore aux limites qu’on pouvait se fixer (à) soi-même, du genre « allez, après ce verre, j’arrête » ou « c’est la dernière fois que je joue dans ce casino (2)»! Même s’il ne faut pas se jeter sur le premier horizon recopié par tous les philosophes qui s’en sont fait une ligne, il y a un sage proverbe qui circulait autrefois dans les sociétés amérindiennes (avant colonisation européenne) qui disait quelque chose comme « L’homme qui regarde l’horizon ne voit pas le serpent qui est devant ses pieds »…Alors, l’horizon d’Horizons sera-t-il plus efficace que la Ligne bleue des Vosges ou le Mur de l’Atlantique, c’est-à-dire dégagé, sombre, lointain, voire perdu-s (3)? A méditer sans doute; et pas qu’étymologiquement!

  1. Même pour les complotistes partisans d’une ‘Terre plate’, le seul risque étant de tomber à un moment ‘dans’ l’horizon.

2. Ou dans cette arène, pour être plus cohérent chronologiquement.

3. « Horizons perdus », roman fantastique de James Hilton (1933) et film éponyme de Frank Capra (1937). Plus les différents films « Horizons lointains » (avec Charlton Heston en 1955, ou Tom Cruise en 1992)