Le site qui vous aide à comprendre le vrai sens de votre patronyme

…le cinéaste que tant de critiques ont écrasé de mépris au moment de la sortie de « Diva », puis d’un « 37°2 le matin » devenu culte. Certains n’avaient-ils pas fait courir la rumeur d’un mauvais rhume provoqué par ses exigences lors du tournage de « IP5, l’île aux pachydermes » dont les effets auraient hâté le décès d’Yves Montand (son dernier film) ? D’une certaine façon, et non sans une sorte de second degré, le réalisateur (1) et producteur désormais loué pour l’éternité ne pouvait que mériter son patronyme, en tous cas étymologiquement.

Le mot a l’air compliqué comme ça, mais si vous prenez quelques secondes pour oser imaginer dans quelle famille il pourrait entrer, vous allez trouver tout de suite…Non? Je vous aide: Il s’agit bien de famille, donc cela a de grandes chances d’être un prénom…Toujours pas? Alors je vous donne une autre variante qui s’applique à son cousin occitan, le plus souvent toulousain, un nommé Benech…Toujours pas? Je n’ose pas ajouter le cousin des Hauts de France, le Benez; celui de l’Est, le Beney; ou encore celui du Centre, le…Benet (attention, sans circonflexe sur le second ‘e’). Un dernier indice ? Le frère corse s’appelle Benedetti…Il s’agit donc d’une des nombreuses formes de Benoît, tout simplement (Benedict en anglais, c’est plus convaincant).

Ce ‘Beineix’ est peut-être le moins évident car il a écopé d’un suffixe assez traditionnel en Limousin, ce ‘-eix’ que vous retrouvez dans énormément de lieux-dits et de noms de communes si vous croisez entre St-Yrieix-la-Perche (Brive) et Couzeix (près de l’aéroport de Limoges), et ce dès les Coulounieix-Chamiers de Périgueux. Il est vrai que le Benedetti corse se rapproche bien de la version originale latine de ‘Benedictus’, soit ‘celui qui est béni’ (sous-entendu de Dieu, le meilleur bénisseur qui soit, même par l’intercession d’un relais sur Terre). 

Pour aller encore plus au fond des choses, ‘bene-dictus’ est un composé de deux mots, dont l’adverbe ‘bene’ (bien) et le participe ‘dictus’ (du verbe dire). Un ‘béni’ (en abrégé) ou un benoît (imaginez que le circonflexe sur le ‘i’ tient lieu non pas d’un ’s’ ici, mais du ‘c’; et le ‘o’ remplace…’e’ et ‘d’, pour simplifier), c’est donc le mec dont on dit du bien, ou plutôt donc on dit le plus grand bien car il s’est converti: pour cela il a été baptisé, cérémonie qui consiste essentiellement à recevoir en symbole la…’bénédiction’ divine. C’est sans doute pour ces raisons que, dans les premiers siècles de la chrétienté, un benoît (qui ne risquait pas encore d’être beineix) avait le sens très fort de bienheureux, voire saint (l’un des qualificatifs de la Vierge, benoîte Mère de l’Eglise). Le plus remarqué sera évidemment un moine du 5ème siècle (devenu saint lui aussi) qui édictera une règle portant son nom (et sa réputation de rigidité) destiné à l’ordre des…Bénédictins, bien sûr (2). Sans oublier les divers papes qui suivront, jusqu’au ‘récent’ numéro 16.

Manque de chance, au fil du temps, le caractère sacré disparut et le mot s’appliqua plus communément à un homme calme et serein, qui prenait la vie ‘benoîtement’, c’est-à-dire avec une simplicité pouvant aller jusqu’à la naïveté; c’est cet aspect qui, à force d’être trop gentil, donnera hélas un jour le ‘benêt’ cette fois, pour ne pas dire un imbécile. Pire encore, dans l’argot des ‘apaches’ (les mauvais garçons) du Paris des années folles, les benoîts -nom commun- désignaient les…souteneurs des prostituées de Pigalle! Ceux-là avaient certainement toutes les raisons de considérer leurs ‘filles’ comme du pain-bénit (3)! Y compris étymologiquement…

  1. Il avait commencé comme assistant à la télévision dans les année 1970 pour le feuilleton (en noir et blanc!) « Les Saintes Chéries ».
  2. Pour ceux qui en auraient croisé encore de nos jours, une bénédictine n’est pas toujours une soeur de St-Benoit mais une liqueur (fortement) alcoolisée, fabriquée en…Normandie par un pharmacien à base d’épices diverses (dont l’angélique, verte).
  3. Oui, l’usage académique doit réserver cette orthographe aux choses ‘vraiment’ bénies (sinon, c’est ‘béni’); mais en l’occurrence, c’est bien ce que veut signifier l’expression! Par contre, le ‘béni oui-oui’ est une transformation abusive du ‘bin’ (ou ben) arabe; les soldats français se moquant, pendant la colonisation de l’obéissance des ‘fils de’ chefs au village.

…un réseau de grande distribution a décidé de vendre, pendant plusieurs mois, l’un des symboles de la ‘gastronomie’ (et de la base alimentaire) française à un prix défiant toute concurrence (1), ou pire défiant toute logique de production si l’on en croit les tarifs des matières premières imposés aux ‘vrais’ boulangers, lesquels sont de fait très en colère… 

Comment en effet gagner sa croûte avec des opérations pareilles, et d’abord d’où vient la baguette, quand elle ne sort pas du four évidemment? Théoriquement, d’un point de vue linguistique, une baguette devrait être une ‘petite bague’, puisque le mot est formé de la racine (de) ‘bague’+ le suffixe diminutif ‘-ette’. Or, tout le monde sait bien que, même si vous avez un doigt minuscule, vous allez y glisser une petite bague justement, et jamais une ‘baguette’. Cette bague-là vient d’un anneau appartenant au répertoire flamand (néerlandais), d’après la racine ‘bagge’ dont le son se retrouve dans le germanique (futur allemand) ‘bligen’, qui exprime l’idée de tordre (sous-entendu du métal, en l’occurrence) pour faire la-dite bague, une fois refroidie…

Signalons au passage que cette ‘bagge’ n’a aucun rapport avec le ‘bagage’ (qui n’est pas un baguage, la pose d’une bague); ll s’agit cette fois d’un emprunt à…l’arabe, une histoire de ‘baghal’ adapté par les Espagnols en ‘bagaje’ et qui désigne un mulet, la bête de somme chargée des ‘valises’ en question, autrefois sans roulettes (pas le mulet, les bagages)! 

Mais revenons à notre à mie la baguette, que l’on définissait logiquement à la fin du 15ème siècle comme une ‘verge longuette’, puisqu’elle est une transformation un peu gutturale (à cause du ‘g’) d’après l’italien ‘bacchetta’, lui-même issu du latin-maison ‘baculum’ soit un petit ’baccus’…Ce baccus-là n’a rien à voir avec le dieu du vin (2) mais avec la racine qui désigne un bâton: ‘baculum’ (ou ‘bacculum’, un ou deux ‘c’ ne changent rien). Lequel va également donner le nom du petit bâton sous la forme duquel se présentent certaines bactéries sous le microscope, le bacille!

Quant à cette histoire de verge, il s’agit bien sûr, chez les Romains, des symboles tenus en faisceaux par les licteurs, les représentants du Sénat; depuis la Révolution, la République française s’en sert également comme emblèmes de la Justice sur plusieurs objets ou documents. Par la suite, certaines verges vont rétrécir encore plus que la baguette de pain pour désigner toute forme de petit bâton plus ou moins extensible que je vous laisse le soin d’identifier.

Car, avant de se retrouver dans la main de la boulangère, la baguette va être l’instrument indispensable, par exemple, aux sourciers pour trouver de l’eau ou aux chefs d’orchestres pour mener les musiciens…au bon tempo. Alors, le grand distributeur alimentaire a-t-il sorti les bâtons pour se faire battre? On peut toujours espérer que le conflit s’apaise et surtout profite au consommateur (à qualité raisonnable sinon égale); et ça, curieusement…ça ne mange pas de pain.

  1. 0,29€ la ‘barre’ de pain de 250 grammes (en dessous, à 200 grammes, c’est une ‘flûte’). Prix de vente moyen: 0,90€ (si vous avez de la chance)
  2. …qui s’écrit Bacchus, avec un ‘h’

…déjà dénoncée ici de ‘omicron’ (1) qui a tendance à contaminer le français avec un ‘Homicrôn’ de plus en plus relayé par des médias qui ne supportent décidément pas la sonorité (certes ‘restituée’, mais c’est comme ça) trop peu parisienne d’un « omicronne, ça fait plouc ! » (2).

Les mathématiciens et quelques autres scientifiques sont donc priés de se mettre illico au « epsilôn », les lecteurs de la Bible à « Armaggedôn » (pas loin du guidon) et les journalistes politiques à « Bill Clinetôn », l’homme qui a habité une maison blanche à « Vachintôn ». Les cinéphiles ne parleront plus que de « Marlôn » Brando (c’est pas plouc, ça?) et de « L’aventure du Poséidôn », les physiciens réviseront leur théorie de « Nioutôn » et un bon nombre de villes anglo-saxonnes passeront en langage francilien quand elles n’auront pas eu la chance d’avoir été adaptée de Londôn en Londres.

Le matin, vous prendrez bien une tranche de « bas-con » que vous aurez commandé en ligne à « Amazôn », tout en visionnant sur votre tv « Thomsôn » le dernier épisode des « Simpsôn » (testez-là, celle-la…) ou la scène de « salôôn » du dernier western, celle où on ne risque pas d’entendre les coups de « klaxxôns » ou le moteur d’une Formule 1 conduite par « Lewis à Miltôn » .

Hélas, il y aura sans doute…Pi(s), le petit nom de baptême du prochain virus. Dommage qu’on n’ait pas tant médiatisé le virus Bêta dès le début…

1. Voir la récente chronique en tapant le mot dans le champ de recherches

2. Authentique! Entendu dans la ‘matinale’ d’une radio dite périphérique…

…dans la campagne présidentielle de 2022 en « ressortant de la cave » l’instrument si peu efficace (et surtout si peu opportun) déjà mis en rayon par un précédent élu. Si vous n’étiez pas là – sur le site – en 2014 (7 ans, déjà!) ou si vous avez besoin d’un petit coup de rafraichissement, n’hésitez pas à consulter la chronique qui parle de ce nom…propre en tapant le mot dans le champ de recherche. Et peut-être même pourquoi Valérie est allée à la pêche de cette façon (mai 2016).

…le très direct et inaugural « Casse-toi, pauvre con » de la série , adressé nommément à une seule personne et signifiant très précisément, même si on ne pense jamais vraiment à ce qu’on dit : ‘tu (vous?) es aussi bête qu’un sexe de femme’ (abréviation du ‘conil’ médiéval désignant la queue d’un lapin), expression de fait aussi injurieuse pour le destinataire (masculin) qu’elle est outrageante pour les femmes…

Alors qu’il suffit de mettre trois notes derrière « mes amours » pour donner à « mes emmerdes » le charme d’un crooner à la française, pas plus que ‘l’Emmerdeur’ n’a fusillé (en 1973!) la carrière de Lino Ventura ou de Jacques Brel pour avoir figuré dans le film d’Edouard Molinaro, emmerder est donc un verbe ‘bien français’, composé du préfixe ‘em-‘ qui indique un mouvement vers quelqu’un ou dans quelle chose, comme ‘en’-(trer) ou ‘in’-(sérer), etc. Ici, il a un effet cumulatif, et suppose que la personne souhaite…ennuyer son opposant ou son contradicteur en lui appliquant, mieux en l’enduisant avec de la ou des merdes. Le symbole est le même que ‘la poix et les plumes’ que pratiquaient volontiers quelques cow-boys probablement pré-trumpistes dans les plaines du Far-West.

Or, d’où vient cette ‘merde’ (si j’ose dire)? Du latin homonyme ‘merda’…conservé tel quel dans plusieurs langues, sauf que les Romains préféraient l’employer au pluriel pour désigner toutes sortes de fluides ou d’excréments corporels, évidemment humains mais d’abord animaux : dans les salons dorés des beaux-parleurs, on irait jusqu’à se faire peur en prononçant en l’occurence le mot de ‘fiente’, ce que nous avons réservé aux merdes des oiseaux, pigeons ou autres qui s’oublient sur votre trottoir, votre pare-brise ou votre crâne selon votre position et leur adresse.

Du coup, il serait intéressant de connaitre l’origine cette fiente, étymologiquement bien sûr. Elle apparait au 12ème siècle après avoir longuement fermenté dans le latin du Bas-Empire puis dans le compost des dialectes barbares, puisqu’elle vient d’un ‘fimus’ transformé en ‘fumus’ puis en fumier, c’est-à-dire la matière (des matières) infiniment précieuse qui permettait à nos ancêtres de doper la production agricole biologique de l’époque! Le vrai problème est, semble-t-il, celui des journalistes du monde entier (forcément par l’odeur alléchés) qui ont tous une idée ou un mot différents pour traduire et parfois adapter la macronesque saillie (et ils sont bien emmerdés!).

D’autant que, dans l’Histoire, la merde a pris de valeur: d’une part dans l’épique réplique attribuée (peut-être à tort, disent certains historiens) au général Cambronne en réponse à son homologue anglais qui réclamait la reddition des troupes françaises à Waterloo; d’autre part, dans le langage familier, combien de fois vous est-il arrivé de dire ‘merde’ pour souhaiter à quelqu’un…la réussite, avant un examen ou un moment difficile? Savez-vous que l’origine de cette merde-là est très enviable, puisqu’elle remonte à l’époque des diligences et calèches empruntées par les riches bourgeois qui se faisaient déposer devant le théâtre avant le spectacle. Ainsi, quand les acteurs entr’ouvraient la porte de l’entrée des artistes, ils pouvaient voir si le public était venu nombreux, rien qu’en comptant le nombre de crottins laissés par les chevaux dans la rue! Ceux-là adoraient manifestement se faire emmerder. Et pas qu’étymologiquement…