Le site qui vous aide à comprendre le vrai sens de votre patronyme

…à tout le moins des clins d’oeil, aussi bien dans la forme que dans le fond, dont on n’oserait pas rêver. C’est le cas de feue la doyenne des actrices françaises qui vient de s’éteindre à plus de cent ans. Celle qui fut la très populaire Eve des ‘Saintes Chéries’ sur une télévision qui ne comptait qu’une chaine en noir et blanc a pris en fait le personnage d’un de ses premiers rôles.

Elle s’appelait donc…Nicole Julia Emilienne (et aussi Micheline, ouf) Chassagne, patronyme typique du Sud-Ouest où il désigne le chêne soit ‘cassou’ en v.o gasconne; d’où les Casse, Ducasse, Cassou, Chassaing et Chassagne (avec un chuintement plus langue d’oïl) qui désignent des gens propriétaires ou en rapport avec une chêneraie qui concernait sans doute la localisation d’un lointain ancêtre.

A l’écran, elle sera pour toujours Presle, comme la prêle (ou prèle) des champs, plante ligneuse particulièrement envahissante jusque dans les officines des apothicaires qui prétendaient pendant des siècles pouvoir soigner des quantités de maladies avec. En l’occurrence, presle serait bien la forme archaïque de ce que le français a transformé, comme d’habitude, en prèle ou prêle en notant le ’s’ initial comme un accent, grave ou circonflexe.

Problème: il s’agit en fait d’un simple homonyme qui n’a pas grand chose à voir avec un nom de famille d’autant que la logique en tant que patronyme serait un peu tirée par les racines: le mot  vient en effet du latin ’asparella’, un diminutif de l’adjectif ‘asper’ qui a donné en français…âpre! Tout ça à cause de la consistance particulièrement fibreuse et ‘dure’ de la tige, il faudrait un glissement de sens un peu inhabituel pour qualifier un défaut de caractère humain, ce qui ne semble pas être le cas.  

Heureusement, l’autre évolution elle aussi homonyme du terme remonte à une écriture (attestée) de Presle, Preslier, Prélier, composés sur Prel, soit une variante médiévale (16ème siècle) de…pré, tout simplement. La souche du nom est très ‘douce France’ puisque les citations familiales les plus fréquentes se situent dans les départements de l’Allier, du Cher ou de la Creuse. Là encore, il peut s’agir d’une référence à la localisation de l’habitat de la personne (dans la vallée) ou à la possession et l’exploitation de prairies (à pâturages)…

Seulement voilà, il n’y avait très probablement personne dans le pré généalogique de Micheline car, après avoir rendu plus ‘parisien’ son nom en Micheline Michel pour son tout-premier film, elle interprète le rôle de ‘Jacqueline Presle’ que lui donne en 1939 le réalisateur autrichien (puis allemand) G.W Pabst (1), l’un des maitres du cinéma psychologique aux côtés de Fritz Lang par exemple; ce personnage avait-il … « Le Diable au corps », au moins étymologiquement?

(1) Grand ‘découvreur’ de stars du muet (Greta Garbo, Louise Brooks). 

Evènement historique et républicain, l’entrée de Missak et Mélinée Manouchian au Panthéon est sur tous les médias; comme le plus souvent possible, étymologique.com vous en dit plus sur ces héros français: pour connaitre le sens de ce patronyme (et d’autres), lisez l’article consacré depuis juin 2023 à la célèbre « Affiche rouge » en tapant ces mots dans le champ de recherche. Ou bien en cliquant directement sur www.etymo-logique.com/?s=Manoukian

…pour le tout nouveau ministre délégué chargé des transports, enfin propulsé en relative urgence dans le gouvernement Attal. L’ex-maire de Dunkerque doit en effet (tenter de) gérer la crise ferroviaire du moment, dans un contexte social qui ne donne pas forcément le sourire à tous les voyageurs-clients-usagers de la SNCF. Pourtant, à en croire son étymologie, cet homme est une perle, même si le rapport n’est pas – d’un point de vue linguistique – si évident que cela.

Il faut en effet décortiquer un tant soit peu le mot avec pas mal d’imagination (pour les non-flamingants) pour arriver jusqu’à remonter à la racine…d’une fleur; mais avant tout, constatons que la simple forme du nom permet de soupçonner une provenance du nord (de la France), région historiquement sous influence flamande pendant des siècles d’où cette orthographe (1).

Il y a donc dans ce mot deux éléments qui ont été ‘agglutinés’ soit ‘ver- + -griete’. Le premier est considéré comme une sorte de préfixe (initialement avec valeur d’adverbe) pour marquer un lieu (2). Il semble qu’ici cette préposition indique davantage une ou des personnes, les ancêtres de notre homme faisant partie de la famille des Griete (ou de la maison des Griete, pour revenir à une notion de location).

Ne reste plus qu’à savoir qui sont ces Griete, qu’il faut aller chercher dans une contraction typiquement néerlandaise du prénom…Margriet! En rajoutant un ou deux ‘e’ par-ci par là, vous arrivez rapidement à la version française Marguerite. Il faudrait alors considérer ce patronyme comme un…matronyme, une Dame Marguerite  (Ver- est une ancienne notation de ‘dame’!) ayant donné son nom à la filiation à un moment donné de l’Histoire (3).

Quoi qu’il en soit, cette Marguerite est elle-même intéressante car, contrairement à la signification florale qu’on lui donne actuellement, la ‘margaritès’ grecque originelle désigne…une perle; le son est, semble-t-il d’origine arabo-persane, et définissait un morceau de terre cuite puis une coquille dure d’où le sens d’huître perlière (So far away from Arcachon) !  Le sens de perle va disparaitre au Moyen-Age, sauf dans le souvenir de l’expression « Ne pas jeter des perles aux cochons » (en latin), en réalité « Ne jetez pas vos perles devant les pourceaux », injonction de l’évangéliste Matthieu pour préserver le caractère sacré de la religion de ceux qui ne la méritent pas…

On ne sait pas trop comment le mot a dérivé sur la ‘gerbera’ de nos fleuristes. La rumeur prête à la forme du bouton blanc végétal une analogie avec la petite boule de nacre, sous réserves. Il n’empêche que, selon les cultures et les époques, la marguerite a toujours été un symbole de bienveillance ou d’empathie, qualités dont le nouveau ministre aura amplement besoin pour dénouer cette crise; et pas qu’étymologiquement!

(1) Ça tombe bien: même si ce n’est jamais une preuve, Patrice est bien né à Dunkerque, foyer de la famille depuis plusieurs générations.

(2) Mais le plus souvent c’est la forme ‘Van der…’ qui lui est préférée, ‘Ver’…en étant la contraction.

(3) Evénement fréquent quand les hommes disparaissaient lors de guerres ou de pandémies.

…surtout sans doute auprès de ceux (et celles) qui voudraient prendre leur place ou peut-être seulement leurs placements? Voilà un début de chaine de mots qui font tous le tour d’une place pas toujours très nette, sauf si c’est pour y jouer à la pétanque. Sur la grand-place de l’étymologie, vous pensez sans doute que toute question est superflue en…lieu et place de ce patronyme; eh bien cela n’est pas tout à fait pareil.

Le trublion de la chaine M6 s’affiche en rouge et blanc dans les rues des villes et véhicule un nom d’origine espagnole, à tout le moins occitane vu le succès de ce terme immigré en Sud-Ouest dès le début du 20ème siècle. La ‘plaza’ en question, c’est évidemment celle du village ibérique, point de repère aussi populaire que pratique dans à peu près toutes les langues.

A la base, il s’agit en fait de simplement déterminer un lieu; quand on ne précise pas la fonction précise, c’est effectivement le centre du village mais, étymologiquement, c’est un endroit où se déroule une activité, quelle qu’elle soit: évidemment, si vous précisez ‘Plaza de Toro(s)’ (Madrid); c’est forcément une arène. Sinon, entre la place boursière et la place de parking, vous avez le choix…Et si quelqu’un veut vous prendre votre place, pas besoin d’aller devant la mairie pour autant!

Et ça n’est pas forcément un lieu plat, même si c’est plus pratique pour caler le cochonnet; on est alors davantage proche de l’équivalent basque ‘plazola’ (1), tout autant que la ‘place Trafalgar’ à Londres (Trafalgar Square) n’a rien d’un véritable carré, pas plus qu’une ‘mark(e)tplatz’ germanique pour aller faire ses courses.

Notre Plaza descend-il quand même d’un ancêtre installé au coeur du village, puisque c’est le sens qui s’est figé au fur et à mesure du temps, histoire de distinguer les habitants du ‘centre’ et ceux des quartiers plus éloignés comme les De la Iglesia (église) ou les De la Puerta? En tous cas, il ne faut pas lui rajouter de ‘z’, sinon vous passez de l’autre côté de la Méditerranée, où on trouve les Plazza (De la Plazza, pour être encore plus précis) italiens. Hors les murs, et avec une forme contractée, on trouve les Della Strada (Delarue,en français), les Della ou Da Porta (Delaporte) et les Della Croce (Delacroix), ceux qu’on repère à côté d’un carrefour…forcément marqué d’un calvaire autrefois. 

Alors, ne confondez pas les Plaza avec les Plana (eux aussi occitans), directement concernés par une plaine si possible…plate, et encore moins avec les Plata, racine espagnole qui a à voir avec l’argent (cf.le français platine). Finalement, c’était le moment de tout mettre à plat sur le Plaza, étymologiquement…ou pas! 

  1. (1) Ça n’est pas un diminutif (la petite place)

…pour ceux qui se poseraient encore des questions sur l’origine du monde de la ZAD qui refait parler d’elle du côté de la tangente Carcassonne-Castres. Dans ce domaine, rien ne s’oublie, mais à tout hasard :

https://www.etymo-logique.com/?s=Saix

ou, comme d’habitude, taper le mot dans le champ de recherche en haut à droite de cette page!

…et semble-t-il depuis longtemps, même si les révélations (au moins publiques) de l’actrice occupent la Une de tous les médias actuellement. Comme le titre du film tourné en 1990 par le réalisateur qu’elle met en cause, la première expérience vécue un an avant (1) met les…projecteurs sur certaines pratiques dans le milieu du cinéma. Outre une confusion visuelle avec d’autres comédiennes de la même génération, son patronyme est généralement ressenti en français comme…rèche. Illusion phonétique ou vérité étymologique?

Rien à voir évidemment avec l’adjectif français qui signifie âpre ou rugueux (selon la matière), encore que, vu le type de relations évoquées…Au passage: le mot français vient assez fidèlement du son d’une racine issue d’un ancien parler historique que l’on appelle ‘vieux-haut-allemand’ (2), soit ‘hruf’ (hroesk, puis reesk en flamand, d’où le ‘rèche’ français). A l’origine, l’image est très précise: il s’agit de décrire…la croûte d’une plaie, d’où par extension « quelque chose qui accroche et qui fait mal », y compris au sens figuré.

On pourrait alors analyser les Godrèche comme la réunion de deux racines, dont God (ou Gaud) abondamment utilisé en référence à (un?) Dieu (3) comme dans Godefroy (Geoffroy en abrégé), Godfrain ou Godfret (Geoffret). La partie ‘rèche’ existe par ailleurs (Rêche exactement, dans l’Est) et vient, là encore, d’un élément linguistique germain en rapport avec…la vengeance (4). On se rapproche du contexte mais ce n’est pas encore tout à fait ça.  

Car rien de rèche (au contraire) pour Judith, mais plutôt de… « reich », seconde partie d’un « Gold-reich », l’orthographe  originelle. Il s’agit en fait de la francisation (très compréhensible) d’un patronyme juif d’origine polonaise, les deux éléments faisant donc référence à l’or (gold) et à l’état allemand (reich). La question est maintenant de donner un sens précis à ce ‘montage’ onomastique: plusieurs théories s’affrontent, l’une qui fait allusion évidemment à un ‘état en or’ (= riche) un peu trop littéral; une autre va jusqu’à désigner des orfèvres (du gouvernement, des fonctionnaires?) mais l’hypothèse la plus fréquemment retenue s’oriente vers le ‘goldreich’ sous-entendu ‘mark’, l’unité de monnaie temporaire utilisée pendant la période nazie (1924-1945). Serait-ce alors une allusion à un fabricant, à un ouvrier du Trésor, à un banquier ou à un usurier, tous plus ou moins concernés par le sujet évoqué?

Toujours est-il que, de pépite juvénile en valeur ‘bankable’ de l’écran, Judith est en mesure de présenter une carrière en or (5). Y compris étymologiquement.   

(1) « La Désenchantée », (Benoit Jacquot, 1990), « La Fille de quinze ans » (Jacques Doillon, 1989)  

(2) 8ème > 11ème siècles environ

(3) La définition n’est pas du tout la même selon l’époque: rien de divin parfois, juste une exagération dans l’hommage à un héros humain.

(4) Une vengeance divine? Il n’y a pas de hasard!

(5) Plus de cinquante films (pas forcément français) en moins de trente ans.