Le site qui vous aide à comprendre le vrai sens de votre patronyme

…ne sont pas toujours de tout repos: les approches présidentielles vers le désormais ex-président du groupe Les Républicains à l’Assemblée Nationale l’ont obligé à la démission (1) pour pouvoir prendre en charge le Ministère des Solidarités (sic), de l’Autonomie et des Personnes Handicapées. Bref, voici donc ce natif de Nîmes sous le jeu de quelques projecteurs pas toujours bienveillants (ou simplement mal renseignés) au sujet de son état-civil.

En effet, probablement sous l’effet d’une recherche rapide, quelques médias ont évoqué pour ce patronyme une provenance ‘arabe’, ce qui peut et doit – en tous cas d’un point de vue étymologique – évoquer plusieurs origines linguistiques (arabe littéraire? Commun? Du Moyen-orient? Du Maghreb?). Il est vrai qu’il existe une racine ‘abd’ qui exprime une idée d’adoration, d’où le prénom Abdel et, effectivement, le nom Abbad  souvent résumé à une définition lapidaire de ‘serviteur de Dieu’ alors qu’en fait il s’applique à une personne particulièrement croyante et donc ‘priante’. Parfois même de façon un peu obsessionnelle…

Or, Emmanuel Macron ne bénéficiera pas des prières (2) de Damien, même symboliquement, pour la bonne raison que le nom en question est de formation bien plus proche, en tous cas géographiquement: le mot vient en effet du latin tardif ‘abbate’, qui a un rapport avec une…abbaye, là où vit un abbé. Les Abat puis Abad (après assourdissement du ’t’ en ‘d’) sont donc tout simplement non pas réellement des abbés (3) mais des gens concernés par les travaux, l’entretien ou les prérogatives d’une abbaye.

En effet, au fil des siècles, le sens du mot a légèrement varié: avant de devenir une institution proprement religieuse tenue par un moine au nom d’une communauté, la tradition commune s’est plutôt attachée à l’activité économique des propriétés de l’abbaye, à savoir un rapport en richesses agricoles et en droits divers; dans certaines régions, l’abbé était davantage un percepteur de taxes et gestionnaire qu’un prieur (l’autre n’empêchant pas l’un, par ailleurs). La proximité d’habitation ou l’emploi d’un villageois dans le cadre d’une abbaye pouvait tout à fait justifier d’un surnom comme La(b)badie par exemple; l’autre hypothèse étant, comme pour les Lejuge ou les Leprêtre, une sorte de sobriquet par imitation, les uns et les autres s’habillant ou se comportant comme leur abbé, le juge ou le prêtre du coin! Pas besoin de chercher une transmission génétique (y compris et surtout si vous vous appelez Lepape…).

L’Espagne médiévale a été un excellent terrain pour implanter des Abad dans son histoire; parmi un certain nombre de ‘titres’ plus ou moins mérités (Cavallero, Toréador, Alcade, Capitan, Guerrero) est apparu  ce surnom, sous une forme typiquement castillane donc aucune équivoque avec un possible rapprochement ‘arabe’. Plus au nord, en Navarre – espagnole ou française – ce sont des Abadia qui vont plus précisément désigner les terres possédées et exploitées par l’abbaye, d’autant qu’en Gascogne (et Pays Basque) il s’agissait le plus souvent de ce qu’on appelait des ‘abbayes laïques’ (par décision royale), d’où tous les Abadie, Abadia, Badie (par ‘aphérèse’, après chute de la première syllabe), Labat, Labé (Louise, poétesse du 15è siècle), Labadot (diminutif), mais aussi, après ‘assèchement du ‘b’ et du ‘d’…Apathie (Jean-Michel, chroniqueur politique), Appatie, Apat, Patie, Labadie,  Dabadie (‘collage’ de D’Abbadie) ou Labadiolle (re-diminutif)…

Voilà donc un ministre dont la fonction sera peut-être encore plus proche de la plus ancienne racine qu’on ait trouvé – avant le latin – soit l’araméen (une langue ‘sémite’, celle que parlait Jésus) et l’hébreu (forcément), d’après le son ‘abba’ (rien à voir avec un groupe suédois) qui a donné ‘appa’ puis toute la famille des …papa via abbas et abbé et autres mots similaires dans des dizaines de langues. Ce Abad est donc à la fois un frère et un père; au moins, étymologiquement.

(1) Exclusion, Expulsion, Excommunication, rayez les mentions inutiles.

(2) Ce fut même parfois exactement le contraire à l’occasion d’autres interventions de Damien…

(3) Lesquels ne sont pas censés avoir (eu) une descendance aussi clairement ‘repérée’.

…avant même les premières mesures de son gouvernement : le communiqué de presse de l’Elysée annonce bien sa nomination au poste de « Première Ministre », féminin auquel n’aura pas eu droit sa prédécess…eure (1) d’il y a plus de trente ans. En 2018, elle avait acquis sa notoriété ministérielle en manifestant une (petite et tardive) visibilité médiatique à l’occasion de la longue panne électrique qui avait forcé la SNCF à déporter la gare Montparnasse dans un arrondissement voisin, dans un Austerlitz devenu Waterloo le temps d’un malencontreux week-end de départs en vacances. Hélas, le nom de la ministre n’avait pas empêché quelques animateurs radio (on espère, pas des journalistes) d’en profiter pour en faire des tonnes -ou plutôt des kilomètres- et marquer par leurs commentaires cet incident d’une pierre blanche et d’une ignorance sans…bornes. A tort!

En effet, le patronyme de l’ex -(prenez votre respiration) ministre des Transports auprès du ministre de la Transition Ecologique et Solidaire puis du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion ne doit rien à ces grosses pierres dont la position a marqué, pendant des siècles, les limites d’une propriété agricole ou d’un terrain particulier, des sortes de mini-menhirs de coin de prairie qui permettaient de…borner un territoire; et ce, même si, plus tard, et sous l’impulsion ‘généreuse’ de la société Michelin, elle se sont retrouvées sous forme de cubes surélevés puis la tête peinte en rouge ou en jaune sur le bord des routes du réseau routier français en développement.

La borne d’Elizabeth peut en fait venir de deux origines très différentes, et la plus fréquente est du genre masculin, devenue populaire (et néanmoins péjorative) à la sortie du Moyen-Age, puisqu’il s’agit d’une déformation de l’adjectif…’borgne’, peut-être dans un élan politiquement correct en gommant le son initial du mot, ou tout simplement par un effet de prononciation, certaines langues régionales de l’époque arrivant mal à ‘passer’ le son -gn-.

Du coup, en essayant de s’éloigner du modèle très explicite du surnom Leborgne (lui aussi répandu), on a créé des Bornet, Bornot ou Borniol, ce dernier nom obligeant, à cause de la présence du ‘i’, à revenir à une articulation en Borgniol, vite suivi par Borgnot et Borgnet! Le plus célèbre de la famille est un homme du sud, où l’on trouve le diminutif Bourniche ou Borniche (en ‘parisien’), comme l’inspecteur de police Roger, un fonctionnaire qui avait l’oeil sur le milieu du grand banditisme des années 1950 (René la Canne, Emile Buisson), auteur d’arrestations spectaculaires et inspirateur de nombreux films…policiers (‘Flic Story’, ‘Le Gang’).

Et pourtant, au 12ème siècle, date de l’apparition des premiers ‘Borgne’ dans nos campagnes, le mot ne désignait pas un regard…éborgné (avec un seul oeil) mais un homme qui louchait, l’adjectif étant pris au sens large de ‘malade’ (l’organe) ou ‘étrange’ (le regard), ce qui pouvait être dû à toute bizarrerie, de la simple blessure ou conjonctivite au strabisme, en passant parfois par des yeux vairons (de couleur différente).

L’autre borne, moins fréquente et donc moins visible, vient du fond des âges puisqu’il s’agit de la racine celte homonyme ‘bornà’ qui évoque un trou, un grand trou même, le plus souvent une excavation dans le sol ou une crevasse si l’on est en montagne (d’où l’une des origines possibles de la station du Grand Bornand, en Haute-Savoie)…Mais quelques interprétations de l’époque romaine feront dériver le sens de creux vers celui d’une source ou d’un flot qui passe dans ce creux, d’où l’idée de rivière souterraine, le terme s’appliquant par la suite à des localités traversées par un torrent (dans l’Ain et le Dauphiné, par exemple) puis, par transfert du toponyme, à des familles Bornas, Bornel, Bornarel ou Bornu. Un peu loin de la borne de notre Elizabeth quand même ; même étymologiquement.

NB: L’ascendance paternelle d’origine russe d’une famille immigrée en 1939 peut laisser penser à une demande de création ou de modification patronymique auprès de l’Etat-civil français…

PS: Au sujet de l’autre personnalité politique pressentie (par la rumeur) Catherine Vautrin, vous pouvez également consulter la page consacrée à l’écrivain et réalisateur Jean Vautrin (juin 2015)

(1) la moins pire des recommandations (prédécesseuse, prédecessrice…)

…c’est pour cela que la place de député laissée vacante en Bouches-du-Rhône par le futur Premier Ministre autoproclamé (à cette date) Jean-Luc Mélenchon (1) sera désormais occupée par la candidature aux élections législatives de son directeur de campagne aux présidentielles (vous suivez?).

Notre presque (Em)Manuel, dont l’origine biblique signifie ‘Dieu est avec nous’ (c’est Jean-Luc qui doit être content!), a un nom assez caractéristique d’une provenance méridionale; en effet, la majorité des porteurs de ce patronyme sont localisés dans des départements du quart sud-est, tels la Drôme, l’Hérault, le Var ou le Vaucluse, sauf déplacement ‘récent’ (2) d’une souche familiale ou une autre. 

D’un point de vue linguistique, le mot aurait pu être un peu risqué car, question sonorité, il possède une syllabe finale qui évoque en général quelque chose de péjoratif (3), comme dans fuyard, viandard, cabochard, chauffard et autres variations sur un nom commun qui apportent toujours une certaine exagération, pour ne pas dire plus…Or, coup de chance et de langue, ce n’est pas le cas ici puisque la prononciation ‘-ar(d)’ ne fait que reprendre fidèlement la racine latine du mot.

Pour approcher un peu plus facilement les Bompard, il faut mentionner l’existence d’autres formes – en général antérieures – comme les Bompart, les Bompars voire les Bompar tout court, eux-mêmes versions un peu ‘appuyées’ de Bonpars et Bonpar (le ‘m’ pour le ’n’, tout comme le ‘d’ pour le ’t’ est réputé plus ‘lourd’)…Bon, ça en fait des transformations, mais cela ne change rien au sens, d’autant que l’expression latine d’origine est ‘bon par’ ou mieux ‘bona pars’ (4).

Pas besoin d’avoir habité Rome pour comprendre le français clairement décalqué en ‘bonne par(t)’, qui illustre plus ou moins complètement ce que pensaient les Augures, ces prêtres romains chargés de deviner l’avenir en observant dans le ciel le passage des oiseaux, messagers célestes des Dieux (à l’époque, on ne chassait pas la tourterelle dans les cols du Pays Basque). Bref, ces messieurs partageaient le ciel en deux (au moins) et si les piafs passaient du bon côté, autrement dit dans la ‘bonne part-ie’, cela devenait donc de ‘bon augure’.  

Il semble que ce ’Bom-par(d)’ soit resté fidèle à l’interprétation antique pour devenir ce que l’on appelle un ‘nom de personne augural’, c’est-à-dire donné en surnom à quelqu’un que l’on plaçait sous (bonne) protection divine, ou en tous cas du bon côté du destin. C’est également le cas des Bonneville par exemple, et autres Bonaventure ou Bonnemaison…

Mais ce ‘par’ n’a pas gardé que le sens de ‘bon’ (ami) mais aussi celui de ‘égal’; en effet, ce petit adjectif latin contient surtout une notion de…parité, soit pour désigner des choses de dimensions ou de volume égaux, soit pour qualifier des personnes de même condition ou de même rang. Dans ce dernier cas, c’était très précisément la façon de classer les différents…gladiateurs en fonction de leur force ou de leur équipement de combat, par catégories égales; plus communément, en plus de représenter une…paire (même racine) de compagnons, l’expression a pris un sens politique en désignant des sénateurs (« inter pares ») puis n’importe quelle assemblée d’élus, dirigeant ou président compris mais restant tous de même rang (en confrérie par exemple).

Un Bompard était donc reconnu comme un ‘bon pair’ (pas forcément père), quelqu’un qui intervenait en bonne part, à sa place mais avec succès, dans des conflits par exemple; on oserait presque pousser un peu le jeu de mots en allant jusqu’à imaginer que ce pourrait être le nom idéal pour le responsable d’un bon par…ti. Au moins étymologiquement!

(1) Son étymologie est dans les archives (juin 2021). Tapez son nom dans le champ de recherche en haut à droite de cette page.

(2) Deux ou trois siècles, pas le dernier déménagement du grand-père!

(3) De nombreux exemples dans ces colonnes. Cliquez sur ‘Références’ puis ‘Liste des chroniques’ sur la page d’accueil.

(4) En corse (italien) on dit évidemment…bona parte!

…car vous risquez de le voir à l’affiche et à la Une des futurs grands tournois mondiaux: on ne se ‘paye’ pas impunément Nadal* puis Djokovic* aux Masters (de tennis) de Madrid en faisant une entrée fracassante dans le top 10 des meilleurs joueurs de la planète. Sur le parcours d’un Grand Chelem, le nouveau prince Charles (Carlos) de la raquette espagnole n’ira pas à Roland-Garros (par exemple) pour gagner des queues de cerises…sauf étymologiquement peut-être!

En effet, de la même façon qu’un certain nombre de nos patronymes sont formés sur un nom de plante ou d’arbre, il semble que ce soit le cas de notre Murcien (1), comme beaucoup d’autres familles du bassin méditerranéen. A la racine…de cet arbre, il y a un noyau que l’on doit aux Grecs au milieu du mot ‘kerasos’ (ou kerasion) qui évoque une cerise.Il semble que le son même de cette racine vienne du nom commun ‘keras’, le mot qui a un rapport avec quelque chose de dur, dur comme du bois, comme un noyau donc mais finalement comme de la corne; d’où les termes ultérieurs comme kératine, kératose, etc.

Bref, au gré des mouvements des peuples – le plus souvent lors de guerres – ce ‘kerasos’ traverse les eaux et les siècles pour se retrouver un jour dans le répertoire…arabe, en tous cas de culture arabe. Car, d’un point de vue historique et géographique, c’est pendant la période des califats musulmans au sud de l’Espagne actuelle (2) que ‘al-karaz’ (« l’arbre à cerises ») puis alcaraz va s’attacher d’abord au cerisier puis, par métonymie, au propriétaire ou à l’exploitant des arbres fruitiers en question, d’où le nom propre à la fin.

Le sud de l’Espagne compte d’ailleurs plusieurs sites qui portent ce nom en référence aux vergers qui y étaient implantés; ce qui rend également possible le surnom d’une personne non pas directement en rapport avec le fruit rouge mais tout simplement originaire d’un village déjà appelé ainsi, y compris s’il était vendeur d’abricots ou cultivateur de fraises…et même, carrément, s’il était potier, ce qui semble bien loin des queues de cerises.

C’est que, d’un strict point de vue linguistique, certains Alcaraz peuvent être une variante de ‘alcaraza’, qui qualifie un « récipient creux », le plus souvent une carafe, parfois un vase ou une jatte. Par conséquent, ‘l’al-caraz’ se retrouverait être celui qui fabrique ce récipient, soit un potier ou éventuellement un verrier! 

En tous cas, aucune équivoque – même par mauvaise prononciation – avec un ‘alcazar’ rendu célèbre par un palais de Séville qui a donc pris une majuscule en même temps qu’un classement trois étoiles. Et comme la construction commence encore pendant la période d’occupation musulmane, il en devient synonyme de ‘palais’ ou, dit plus simplement, de ‘maisons du roi’, quel que soit le titre exact et l’identité du propriétaire. 

Linguistiquement parlant, c’est donc d’abord ‘al-casar’, non pas la maison (casa) mais le hameau (du roi), dont le pluriel aura également du succès en Casarès (comme l’actrice française d’origine espagnole Maria). Las Casares, c’est un peu l’image transposée du ‘hameau de la Reine’ à Trianon, un groupe de bâtiments accueillant la Majesté locale.

On a donc le choix pour Carlos entre une histoire de cerisiers (le cas le plus fréquent) ou celle de maisons royales, ce qui ne déparerait pas avec le destin que se prépare le tennisman sur les courts. En tous cas étymologiquement.

(*) L’analyse de leur nom est disponible en archives

(1) Originaire de la province de Murcie (côte sud-est)

(2) 8ème – 13ème siècles (au moins)

…à dessein ou pas (1), en tous cas Régine ne pouvait être qu’une ‘reine (de la nuit)’, puisque c’est exactement l’origine du mot, d’après le latin ‘regina’ qui désigne une…princesse ou plus généralement une grande dame, puis, dans un contexte historique et social bâti sur la royauté, une ‘vraie’ reine, femme du roi. Le raisonnement a également pris de la hauteur en religion (chrétienne), le simple et obligatoire ajout de la majuscule devenant alors l’épithète de ‘la Reine du ciel’ (ou des Cieux) soit la Vierge Marie.

Inversement, devenir ou être le roi (2) ou la reine va qualifier, en tant que nom devenu commun, une personne qui possède ou qui gère un certain nombre de richesses ou de sites (le roi du pétrole, la reine des patinoires, etc). C’est ainsi que Régine, l’animatrice infatigable des nombreux établissements de nuit qu’elle a créés autour du monde est devenue ‘reine’; et ce n’est pas la seule célébrité à promouvoir le titre puisqu’il faut rajouter les variantes linguistiques comme l’italien (évidemment) Regina, abrégée au cinéma pour faire…Gina (Lollobrigida (3), mais aussi la version francisée Réjane (la rivale de Sarah Bernhardt sur les planches de théâtre à la fin du 19ème siècle (4), et enfin la forme la plus complexe parce qu’empruntée au masculin ‘roi’ (rex, en latin) soit…Roxane!

Il n’empêche, tout ça c’est du show-business puisque vous savez bien que Régine (de la nuit) s’appelait en fait Regina Zylberberg, descendante de parents juifs ashkénazes c’est-à-dire issus d’une diaspora implantée en Europe de l’Est, en l’occurrence en Pologne. Ne reste plus qu’à piocher dans le répertoire clairement germanique (au sens large, en intégrant toutes les racines ‘coincées’ entre la zone romane et la zone slave) pour comprendre le mot comme ‘zylber+berg’, que vous avez déjà traduit si vous pratiquez l’allemand ou même le saxon (anglais).

La première partie est en effet l’une des nombreuses écritures (selon les pays actuels) qui désignent l’argent (‘silver’ en anglais, est probablement plus facile à accepter), ce qui donnera naissance au métier des Silbermann germains, soit l’homme-qui-touche-l’argent (sous-entendu pour en faire des bijoux) un orfèvre; Zylbermann, voire Zylbering (ring, bague) étant plutôt l’orthographe polonaise (le ‘zy’). Selon les époques, on trouvera également des Zilversmit ou Zilversmid (le ‘smith saxon, le faiseur) jusque dans l’Alsace contemporaine.

Sachant que la seconde partie (berg) du patronyme est la définition d’une montagne (ou d’une colline), on arrive à un sens final qui nous amène évidemment à une ‘montagne d’argent’ qu’il faut sans doute un tout petit peu interpréter. Sachant qu’il serait trop ‘tardif’ d’intégrer tout ça dans une légende romantique des nombreux mythes germaniques ou scandinaves, ce lieu n’a probablement rien à voir avec une caverne d’Ali Baba…ou presque car il peut être le surnom d’un site où il y a(vait) des mines d’argent, ce qui serait du coup totalement descriptif et donc logique.

Une autre possibilité, plus poétique, se retrouve dans certaines régions…de France (par comparaison), et s’oriente en fait vers un paysage vallonné planté d’arbres aux feuilles argentées, le plus souvent du peuplier blanc; lequel, sous l’action du vent, donne de loin l’impression d’une montagne argentée…Le surnom local vient alors d’une sorte de toponyme qui caractérise la provenance de la personne.

Mais le dernier état-civil de la chanteuse sera finalement Choukroun, après mariage (et divorce) avec un Roger qui aura peut-être représenté -sinon inspiré- sa dernière coiffure puisque le nom vient du mot arabe ‘ashqar’ qui signifie roux (rouge ou blond foncé). Bref, une femme aux bijoux qui en aura vu et fait voir de toutes les couleurs; y compris étymologiquement.

(1) Ou bien, mais alors de très très loin, une allusion à ses capacités vocales, en comparaison du rôle de la Reine de la Nuit dans ‘La flûte enchantée’ de Mozart? 

(2) Pour une fois, c’est au masculin que ce ‘titre’ va être le plus sensible et parfois devenir une injure s’il est suivi d’un terme plus agressif…

(3) Elle se prénomme en fait Luigia (féminin de Luigi, Louis)!

(4) De son nom de famille…Réju, pas très féminin.

…particulièrement solennel et sérieux, surtout quand on vous pose un collier doré autour du cou (quand on est – entre autres – Président de la République), quand on vous épingle un morceau de tissu coloré sur la poitrine ou qu’on vous colle une étoile en métal sur le front (un chef militaire), quand on vous coiffe – par exemple – d’un losange en carton blanc et doré (Pape) ou d’un bonnet assorti à la cape en fourrure en plein soleil (les confréries du bon vin et autres spécialités)…bref, tout autre comportement qui serait hautement suspect dans d’autres circonstances devient un rite obligatoire quand tout le monde se retient de rire. Ce serait plutôt même pire…

Pas besoin d’avoir coiffé un ridicule chapeau en carton noir carré avec pompon qui pend pour comprendre que le mot ‘investiture’ vient du verbe investir, tout comme…investissement d’ailleurs; il faut donc beaucoup de l’un pour supporter l’autre, laquelle peut alors devenir à la source de pas mal de l’un…Le verbe latin illustre parfaitement bien, au sens le plus concret du terme, l’une des phases des cérémonies décrites plus haut, puisqu’il signifie revêtir ou garnir. 

Revêtir un vêtement, style chasuble, chemise, pourpoint, uniforme, bretelles ou que sais-je; ou revêtir un accessoire, comme un bijou, collier, bracelet, bague, médaille, plumeau ou insignes divers. Quant à garnir, c’est un peu l’idée de ‘bourrer une boite’ de quelque chose, et là encore vous avez l’embarras du choix, que ce soit nourriture, graines, jouets, chiffons, pièces d’or, billets de banque; c’est même pour ça que vous pouvez investir un bas de laine (ou une chaussette si moins de moyens) avec de l’argent, lequel sera à son tour…investi à l’agence du coin.  

Pendant une époque, l’investiture a quitté le sens propre quelque temps pour figurer l’idée qu’une personne était ‘remplie’ de quelque chose, en général des pouvoirs magiques, spirituels ou plus terrestres: magiciens,  (grands) prêtres et autres généraux d’armée ont vu leur valise à illusions, ordre de mission ou de responsabilité territoriale se charger d’attributions de plus en plus étendues. C’est ainsi que l’on peut ‘investir des lieux’, c’est-à-dire être autorisé à pénétrer de plein droit dans une résidence (L’Elysée ou un ministère) ou dans un pays (les Russes auraient investi le Donbass). Investir la place est une chose, mais investir la fonction en est une autre, ce qui nous ramène très clairement à notre verbe latin!

En effet, ce sens de ‘revêtir’ est tout sauf innocent: si, en français, le verbe est composé avec le préfixe ‘re-‘ pour faire re-vêtir (mettre un vêtement), le latin en utilise un autre qui est ‘in’ pour in-vestire’, soit littéralement mettre sur soi les éléments de costume qui permettent d’annoncer la fonction, le grade ou la dignité du récipiendaire. Autrement dit, en français plus courant…prendre une veste! Et ça, très étymologiquement!