Le site qui vous aide à comprendre le vrai sens de votre patronyme

…dont les médias révèlent jour après jour les détails de « dîners clandestins » auxquels auraient participé, le plus souvent à l’insu de leur plein gré, quelques personnalités des milieux bien informés de la capitale. Il semble donc qu’il ne s’agisse pas que d’une pierre mais d’un véritable chemin de petits cailloux semés à travers certains arrondissements de la ville. Et pour cause…

L’hôte désigné de la soirée la plus fréquemment commentée sur les plateaux est l’ex-acheteur de l’émission ‘Affaire conclue’, au sein de laquelle son esprit n’avait déjà pas toujours fait l’unanimité. Sans compter une passion non dissimulée pour l’empereur Napoléon (premier, forcément) qu’il fait largement (re)vivre dans son Palais Vivienne.

Son nom, assez rare, apparait sous deux formes principales, plutôt d’origine de la zone d’oc (une partie de sa famille est de souche auvergnate); en effet, que ce soit en patronyme ou en toponyme (un nom de lieu), on trouve indifféremment les orthographes ‘chalençon’ ou ‘chalencon’ (1). Et le mot se compose de deux éléments assez logiques: chal-encon. L’un et l’autre ne sont pas forcément évidents au premier coup d’oeil.

On commence par le plus facile, c’est-à-dire le second, qui est une forme de suffixe (-encon) issu de la même marque en latin (-enconem) et qui dénote simplement un adjectif qui s’applique à la racine qui précède. Certains linguistes y voient éventuellement la trace d’un ancien mot gaulois (anco) évoquant un tas ou un monticule.

Car la première partie appartient bien également au répertoire gaulois, soit la syllabe ‘kar’, qui désigne un roc ou un rocher, en tous cas une matière minérale (de la pierre), sous des aspects multiples. Pour certains, c’est une falaise rocheuse; pour d’autres, il s’agit des galets que roulent les ruisseaux des Pyrénées, d’autant que l’évolution la plus connue de ce son est ‘gar-‘, sur lequel on fabriquera le nom du ‘fleuve qui descend des montagnes rocheuses’, la Garonne.

Pour résumer brièvement le passage de ‘kar’ à…’chal-‘, le son dur du ‘k’ va être noté ‘ch’ tout en étant prononcé d’abord comme dans charisme ou chorégraphie, puis en ‘che-‘; simultanément, le ‘r’ va devenir plus ‘liquide’ (c’est le terme technique) et le tout va donner le chalenc/çon que l’on retrouve donc dans le nom de communes de la Haute-Loire ou de la Drôme, parfois avec l’orthographe définitivement francisée de Chalansson. 

Notez que la chose n’a pas de rapport avec le charançon auquel vous avez déjà pensé si vous êtes un familier des jardins ou des campagnes, nom d’un coléoptère nuisible (en général) aux plantes et cultures, qui vient d’un son homonyme (toujours gaulois!) désignant un…cerf, la majorité de ces insectes se caractérisant par une paire de cornes ouvragées comme les bois des cervidés en question (2).

Moralité: voilà en réalité un petit (ou un gros?) tas de cailloux qu’il va falloir déblayer pour mettre au clair toute cette histoire. Nul doute que chacun apportera -forcément- sa pierre à l’enquête, y compris parfois étymologiquement.

NB: Voir aussi d’autres détails dans le sujet sur…Chalençon Christophe, Gilet-Jaune (mai 2020)

(1) On comprend que, pour le patronyme, la version avec ‘ç’ soit plus facile à porter…

(2) Comme les cerfs…volants.

…dans les mémoires – au moins de la télévision, pour de futurs ’bêtisiers’ – en raison de la curieuse séquence qui a amené les représentants de l’Union Européenne en visite officielle à Ankara jusqu’à ce ‘sofagate’, déclinaison de vocabulaire désormais quasi-systématique dès qu’il y a suspicion (et éventuellement réalité) de ‘scandale’. Dans cette histoire, qui risque de faire pouf un jour ou l’autre, on peut dire qu’il y a une porte ouverte à toutes les interprétations, y compris étymologiquement!

Il y a en effet dans ce néologisme (un mot nouveau) deux parties bien distinctes et tout à fait…incohérentes, soit évidemment sofa + gate. Le sofa est le canapé sur lequel Ursula Von der Leyen a dû de poser; nous y reviendrons. Quant au second élément, il se conjugue depuis quelques années à tout propos, très exactement depuis 1972, date des révélations par des journalistes du Washington Post concernant des micros cachés dans un immeuble de la ville qui abritait le QG du parti démocrate.

Alors qu’à la fin du 20ème siècle (et surtout au 21ème) on parlera plutôt de ‘papers’ à cause du nombre de documents passés à l’imprimante (!) stockés sur des clés USB indiscrètes (1), on met aujourd’hui le ‘gate’ à toutes les sauces ou plutôt dans tous les tourbillons. Le sujet peut en effet être d’ordre politique (Fillongate), sanitaire (Médiatorgate, ou Vaccinegate aux USA, avec le passe-droits des élus à se faire vacciner), financier (Panamagate, également) ou plus ‘people’ (Camillagate, d’après des enregistrements de royales conversations intimes) et même carrément ridicules (homardgate, celui qui donna des allergies à l’ex-ministre François de Rugy).

Et tout ça est totalement insensé (étymologiquement: n’a pas de sens), puisqu’on ne fait que répéter la rime du célèbre building américain Watergate. Ce qui veut bien dire ‘eau’ (water) + ‘porte’ (gate). La Porte de l’eau? Quel drôle de nom pour un hôtel! Pas tant que ça si on prend en compte que le bâtiment a été construit dans les années 1960, tout près d’une ancienne écluse (une grande porte qui laisse passer -ou retient- l’eau, effectivement, du canal de l’Ohio).

Or, ce qui est relativement logique pour le quatre-étoiles (de l’époque) devient carrément incompréhensible pour un éventuel ‘sofagate’, sauf à considérer qu’on avait relégué la Présidente de la Commission européenne dans une pièce voisine dont la porte s’ouvrait sur une banquette garnie de…coussins. Car tel est, en fait, le sens initial de ‘sofa’, syllabes d’origine arabe que la langue…turque a récupérées pour en faire la garniture d’une estrade (podium serait exagéré) où les favorites du harem étaient autorisées à s’allonger en attendant le choix du sultan. No comment.

On ne sait pas qui a choisi le mot le premier, mais voilà donc un ‘sofagate’ forcément beaucoup plus plus sensible et paradoxalement très inconfortable, par rapport à une très française banquette (un petit banc) ou même à un canapé dont l’étymologie tient davantage d’une tête de lit avec une moustiquaire (d’après le mot grec qui signifie moustique)! En attendant, tout ce qu’on peut dire, c’est que l’entretien ne s’est pas passé comme dans un fauteuil. Sauf pour ces messieurs bien sûr.

(1) Souvenez-vous, entre beaucoup d’autres, des ‘Panama Papers’  en 2016 (scandale des sociétés off-shore hébergées par le pays) ou du très actuel ‘Rafale Papers’ français…

…des candidats au vaccin contre la Co-Vid 19, mais aussi dans le corps de quelques personnes qui n’auront pas survécu à des effets dits secondaires attribués à l’injection. Aucune certitude à cette date; c’est donc le doute qui a conduit plusieurs pays de l’Union Européenne à suspendre les opérations sur toute ou une partie de sa population. En attendant, pour détourner la méfiance engendrée par cette mauvaise dose de publicité, la société a changé le nom de son produit (1).

Bon…Astra-Zeneca n’a d’ailleurs jamais été le nom (de code) véritable du médicament en question mais seulement celui de l’entreprise suédo-britannique (2) qui le possède et le fabrique (partiellement). Au contraire de Pfizer (patronyme réel d’un des fondateurs, l’allemand Karl), les deux autres concurrents sur le marché (à cette date) ont une histoire très ‘cryptée’: savez-vous que le laboratoire anglais ‘Moderna’ s’appelle en fait…’Mode RNA’, c’est-à-dire la méthode ou la façon (mode-) de travailler sur le RiboNucléicAcid (-RNA, en français ARN)? Ce qui donne donc Moderna, tout en minuscules (mais est-ce vraiment plus moderne pour autant…)

Dommage alors d’abandonner en douce un nom (vous le saviez?) qui alliait à la fois les étoiles (Astra est le pluriel d’un mot latin qui désigne les corps célestes, d’où le nom de l’homme qui surfe sur les planètes, l’astr-o-naute, comme l’internaute pour Internet). Pour les Romains, qui avaient déjà piqué (comme d’habitude) le mot aux Grecs, ce pluriel évoquait d’ailleurs des astres très particuliers puisqu’il désignait les honneurs et autres réjouissances (des étoiles dans les yeux?).

Il parait que c’est le cabinet (américain) de conseil en marques Interbrand qui a créé -de toutes pièces- le mot Zeneca, qui ne veut dire rien dire de particulier sauf qu’il a l’avantage (ou le but) de se faire remarquer en se classant, à l’époque, en tête ou en queue de liste des annuaires ou répertoires divers. Comme un certain nombre d’entreprises qui se sont battues pour commencer par A, AA ou AAA (etc), d’autres ont choisi les pages moins épaisses du Z, comme Zeneca…

Sans compter que, dans le fantasme sémantique (le symbole des mots et/ou des sons), toute terminaison en ‘a’ est perçue comme plus douce voire spécifiquement féminine, en tous cas dans le monde occidental (3). Mieux encore: tout comme d’autres marques totalement…insensées (sans aucune raison), Zeneca transporte dans l’inconscient la ‘médecine de…Z à A’ (l’oméga et l’alpha de la science?), faisant d’elle le quasi-palindrome d’Allianz (les assurances, « avec vous de A à Z », dit le slogan) et la concurrente d’…Amazon (regardez où va le trait du sourire sur le logo) (4).

Ah, au fait, ce nouveau nom? Plus pratique et surtout plus court à prononcer que ‘Astra-Zeneca’, on espère…Pas du tout: histoire de bien compliquer les choses (ah, ces journalistes, ils vont pas oser bafouiller avec ça; ils nous laisseront tranquilles), la chose se nomme maintenant ‘Vaxzevria’! Autrement dit (c’est le cas de…le dire) bien plus complexe à annoncer et -espère sans doute l’entreprise- à mémoriser. C’est quoi, ça? Une prison russe? Un fleuve serbo-croate? Un fromage suédois? (5). 

Pas du tout: au mieux, un tweetos a trouvé (quand on cherche…) l’explication la plus immédiate: vax- ou vacc-, pour vaccin) + -zevria, pluriel de l’adjectif grec qui se rapporte aux…zèbres. On ne sait pas si ce drôle de nom a des rayures, mais on pourra toujours dire que ce produit est une sorte de remède de cheval. Au moins étymologiquement.

(1) Ce fut la démarche du Crédit Lyonnais (sobrement devenu LCL) il y a quelques années…

(2) Ou britannico-suédoise, si vous trouvez que c’est mieux…

(3) Comptez le nombre de voitures (vendues pour séduire les hommes) dont le nom se termine par -a, depuis des années! Entre autres…

(4) Voir en archives l’article de décembre 2019 en tapant le mot dans le champ de recherche.

(5) Suggestions spontanées des internautes. Je tiens à garder mon passeport européen.

…de « l’ex-star du disco », comme ont aimé le qualifier les médias pendant quelques heures. En effet, ce patronyme, qui fait partie d’une grande famille homonyme et parfois équivoque (1) rassemble toute la descendance de l’adjectif latin ‘juvenis’ qui veut dire jeune, et s’appliquait bien sûr aussi bien aux jeunes hommes qu’aux jeunes femmes. Etaient d’ailleurs considérés comme jeunes non pas les enfants (qui ’n’existaient’ pas, socialement) ou les adolescent(e)s, mais toute personne dans ‘la force de l’âge’ soit la tranche 18/45ans. 

Parmi donc les Juvin et certains Jouvin normands, ou tout simplement les occitans Juve et Jouve (le…vieux commissaire qui traque Fantômas), il y a les Jouvet comme l’acteur Louis (2) et les Juvet dont la forme linguistique a fait souche dans les parlers savoyards et francs-comtois. Le juvet est donc un jeune, pour ne pas dire un petit-jeune, ce que semble confirmer la présence du ‘-et’ final comme marque de diminutif. 

De fait, beaucoup de références d’état-civil font allusion à une confusion possible entre plusieurs enfants d’une même famille (tous, à un moment donné, étant le jeune par naissance) et leur père (déjà ‘fils de’ son père), etc. D’autres hypothèses avancent le surnom d’un homme à l’apparence naturellement jeune (garanti sans botox), autrement dit…juvénile, autre adjectif français directement formé sur la racine originelle (3).

Pour subsister en tant que nom commun dans notre langue, le ‘juv-‘ latin va devoir s’adapter en jeu-(nesse) ou en jou-venceau, autre terme légèrement plus péjoratif qui ajoute une nuance d’inexpérience à son porteur, spécialement quand il s’agit du domaine amoureux, sentimental voire sexuel, alors équivalent de puceau…On peut aussi utiliser la forme, moins vieillie, de Jeunet (comme le réalisateur Jean-Pierre, l’alter ego de Marc Caro (4), surtout au féminin car ‘jeunette’ est souvent un peu méprisant, tout comme jeunot au masculin; ce que ne sont pas forcément les Lejeune, cette fois souvent le petit dernier d’une fratrie, l’équivalent d’un benjamin.

Les hasards de l’étymologie…et de l’état-civil avaient d’ailleurs particulièrement favorisé le chanteur puisque le matronyme familial (le nom de sa mère, née Féty) est une variante du qualificatif d’ancien-français ‘faitis’, qui signifiait…fait et même ‘bien fait’, autrement dit beau, agréable à regarder ou séduisant, ce qu’ont sans aucun doute exprimé les cris des milliers de fans lors de ses concerts jusque dans les années 1990. Cela étant, tout ça ne nous…rajeunit pas, sauf étymologiquement bien sûr!

(1) Voir la chronique sur le professeur de médecine Philippe Juvin (avril 2020) et, par comparaison, sur l’acteur Gérard Jugnot (juillet 2015).

(2) Certes né ‘par hasard’ tout au bout de la Bretagne, mais Patrick était, lui, plus logiquement suisse. 

(3) D’où également le nom commercial d’une marque de compléments alimentaires qui vous proposent (symboliquement) la jeunesse (juv-énilité) par vita-mine…

(4) ‘Delicatessen’, ‘la Cité des enfants perdus’..

…n’auront pas besoin de beaucoup d’explications pour estimer à quel point son dessin à la Une était devenu l’indispensable signal de la nouvelle édition quotidienne. Ce 31 mars 2021, ce fils de…dessinateur (industriel) a livré son dernier opus, après de nombreuses années de collaboration. Alors, forcément, on peut dire que du Plantu, il y en a plein des archives…

Plantu est en fait une ‘apocope’ (ça fait bien en début d’article), c’est-à-dire la forme abrégée d’un mot dont la fin a été supprimée pour des raisons de facilité de prononciation (ou de rime suspecte, ce qui n’est pas le cas ici), ou plus communément, simplement pour faire gentil voire affectueux (Philou pour Philippe, Mado pour Madeleine, Domi pour Dominique). Plantu est donc une version courte de…Plantureux, patronyme parfois mentionné dans les médias à son sujet. 

Pour une fois, le nom propre suit assez fidèlement le sens commun, à savoir non pas une histoire de plantes mais de plénitude, terme qu’il faut prendre au niveau le plus matériel possible; il n’est donc pas question non plus de sérénité ou de tranquillité mais bien de quelque chose de plein, comme on pourrait le dire d’un réservoir à essence ou de la panse d’un gourmand.

Car, si on remonte à l’adjectif latin qui est à l’origine de ce remplissage (‘plenus’), on s’aperçoit qu’il s’agit d’abord de quantité qui garnit aussi bien un coffre à bijoux, une cache d’armes ou le mobilier d’une maison bien équipée. Puis, par extension, on commence à parler de caractéristiques humaines ou animales, comme un estomac bien plein ou…une vache ‘enceinte’ (on utilise encore l’adjectif pour distinguer la gestation d’une femelle ou d’une femme!).

Comme souvent, c’est à la fin de l’Empire Romain que le mot latin commence à devenir ‘vulgaire’ (c’est-à-dire commun, pas grossier) en s’allongeant en ‘plenteus’ puis ‘planteus’, juste avant le Moyen-Age. Beaucoup de linguistes pensent qu’il y a à ce moment-là une attraction avec ‘heureux’, d’où ce plein-heureux devenu plant-(he)ureux. Car, dans la France paysanne de l’époque, ce qui remplit les buffets puis le ventre de nos ancêtres, c’est la nourriture tirée des récoltes, autrement dit un symbole d’abondance, de richesse dans les productions agricoles.

Dès lors, pendant plusieurs siècles, le sous-entendu sera systématique: en matière de plantureux (-se), il sera question avant tout de la terre, et donc d’une bonne terre, suffisamment fertile pour remplir à saturation les réserves…On n’est pas certain qu’il y ait une relation -directe- de cause à effet, mais c’est peut-être pour cela qu’au 19ème siècle, le plantureux va monter d’un étage, depuis l’estomac boursouflé des riches bourgeois vers la masse généreuse des poitrines féminines (ou de leurs hanches) pour désigner des femmes…bien plantées.

D’une certaine façon, et bien que la ligne du trait à la Plantu soit plutôt fine, la carrière de notre Jean aura été véritablement plantureuse; mais en tous les cas, c’est maintenant le journal qui va devoir trouver un plan(t) B pour nourrie sa Une. Y compris étymologiquement!

NB: Avec un autre suffixe que les Plantureux, principalement implantés en Centre-Bretagne et Val-de-Loire, on trouve des Planturaux (Planturault) ou Plantivaud (Plantivault) en Poitou et Limousin.

…de l’un dernier des dinosaures de l’audio-visuel français, en tous cas comme présentateur d’émissions de divertissement. Après un délicat problème de santé, le miraculé (c’est lui qui le dit), qui fêtera bientôt ses 80 ans (dont presque soixante de carrière), revient donc marquer de son empreinte les dimanches après-midi de France 2. Y compris étymologiquement!

En effet, le Drucker descend non seulement de Normandie (même pour…’monter’ à Paris) mais également d’une racine historiquement et typiquement germaine. Car certaines branches de la famille (linguistique) sont certes arrivées en traversant le pont du Rhin pour pousser jusqu’en (future) Ile-de-France, mais la majorité des ancêtres de ce nom se trouvaient dans les bateaux vikings qui sont venus (déjà!) débarquer sur nos plages vers le 10ème siècle.

Il s’agit donc d’un druck-er, résultat d’une composition entre une racine et un suffixe de métier marqué par la terminaison ‘-er’, comme de très nombreux cas non seulement en saxon (allemand et anglais réunis) mais aussi en français, parfois enrichis d’un ‘i’ (-ier) si besoin technique. Bref, celui qui est ‘druck’ est quelqu’un qui fait forcément grosse ou grande impression puisqu’il s’agit du nom donné à un imprimeur, que les dictionnaires élémentaires qualifient souvent de ‘patronyme juif’ (1) car souvent portés par des travailleurs d’origine ashkénaze (de l’Est de l’Europe).

Egalement diffusé sous la forme de quelques variantes (Druker plus au sud de la Germanie), ou Drukker (en zone néerlandaise), voilà un nom que l’on peut considérer comme une sorte d’onomatopée, un mot qui exprime un son. Bon d’accord, à l’origine, c’est-à-dire chez les Romains, l’idée d’imprimer se dit…’imprimere’ (c’est difficile, le latin ?) et concerne une simple trace laissée quelque part, que ce soit celle d’un pas dans la poussière ou dans la neige, ou celle d’une lame dans la peau. Donc plutôt ‘soft’ comme bruit, en tous cas pour l’instant.

C’est grâce à (ou à cause de ?) nos Germains que le mot ou son équivalent vont prendre un peu plus de force, pour ne pas dire de violence parfois, comme chez les Anglais qui vont s’appuyer de tout leur poids sur le ‘p’ pour en faire l’accent tonique de leur verbe ‘to print’, en l’accentuant encore quand il s’agit d’un coup d’impression (pour une marque ou un cachet) avec ‘to stamp’, le geste qui va devenir, par exemple, celui non pas de la pression (avant invention de l’auto-collant) mais de la frappe sur le timbre pour qu’il colle bien à l’enveloppe.

L’idée sera reprise et déclinée ailleurs en Europe par plusieurs pays, dont l’italien ‘stampare’, le roumain ‘tipari’ (cette fois, c’est le ’t’ qui a avalé le ’s’), voire le russe -pour une fois- ‘pitchatet’ (2), toujours des sons qui traduisent une certaine puissance, même s’ils n’ont pas tous la même racine…Mais c’est ainsi qu’on retrouve notre ‘drucker’ ou mieux ‘buchdrucker’, soit littéralement celui qui presse un livre (quelque chose comme ‘book printer’).

Or, l’image ne peut pas être plus claire: depuis l’invention des caractères métalliques mobiles par le barbu de Mayence, on sait qu’il faut composer un cadre et le recouvrir d’un support avant de le passer sous une presse (3) afin de faire pénétrer l’encre dans le papier, effort mécanique dont se passe largement aujourd’hui votre ‘imprimante’ à jet d’encre (a-fortiori laser) qui ne subit plus que la contrainte de mise à jour de votre logiciel de traitement de texte.

Je ne voudrais pas vous donner…l’impression d’être ‘lourd’ (pléonasme, donc), mais, avec sa bonne mine, notre Michel va sûrement reprendre sa place au Panthéon des personnalités préférées des Français, puisque son prénom, d’origine hébraïque (mi-kha-El), qualifie celui qui est comme (semblable à) Dieu. De quoi forcément continuer à faire bonne impression. J’espère que vous avez imprimé…

  1. A votre avis, Johannes Gutenberg…
  2. Essai de transcription vocale du cyrillique!
  3. Le terme restera, même après l’invention des…rotatives.