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…suisse, même s’il vient récemment de se découvrir « qatari, arabe, handicapé, gay, et immigré » (citation)…En fait, il est plus précisément tessinois, de la partie italienne du sud de la Suisse, mais il vient d’encore plus loin que cela : la famille arrive en droite ligne de la Calabre (la pointe de la Botte) et, si vous parlez un peu italien ou latin, vous avez sans doute déjà deviné que même son père était un petit enfant.

Infantino est en effet une sorte de double diminutif; linguistiquement parlant, c’est ce suffixe traditionnel ‘-ino’ (1) qui donne l’idée de petitesse ou de descendance…Mais nous ne sommes pas à la Cour d’Espagne, où son équivalent ‘Infante’ désigne les enfants non-héritiers de la couronne (2), ni à la Cour de Versailles, où les ‘Enfants de France’ sont très clairement les fils et filles du Roi (alors que les ‘Petits-Enfants’ sont ceux du Dauphin). Il s’agit donc ici d’un sobriquet, au sens de gamin (diminutif: ga-minot, d’où l’utilisation abrégée de la seconde partie du mot), ou même…pire.

En effet, ‘l’infantino’ a gardé là-bas, tout comme pendant la période classique en France, le sens initial latin non seulement de petit enfant, mais quasiment de bébé! Explication: chez les Romains, le mot est formé d’un préfixe et d’une racine, in-fans; contrairement à de nombreux autres usages, ce ‘in-‘ exprime ici une impossibilité ou une interdiction. Exemple: ce qui n’est pas possible est…in-possible (+ la règle qui transforme le ‘n’ en ‘m’ devant m,b,p, vous vous souvenez?); ce qui ne peut pas brûler est in-(i)fugé, mais ce qui peut brûler est in-flammable (cette fois, on porte la flamme ‘dans’ quelque chose), le contraire étant évidemment in-in-flammable, etc.

Bref, la seconde partie de cet ‘in-fans’ est le participe présent d’un verbe irrégulier latin qui signifie…parler. Logique: l’infant ne peut (ne sait) donc pas parler, puisqu’il ne concerne encore qu’un petit enfant; au fur et à mesure du temps, cet enfant prend quelques années (entre 4 et 7 ans) mais n’a toujours pas droit -nuance- à la parole; puis, entre 10 et 14 ans, il devient le jeune fils pré-adolescent de la maison, et s’apprête à recevoir (la liste de) ses devoirs, comprenez ses responsabilités dans tous les sens du terme.

Le cas échéant, il ne faudra pas hésiter à batailler pied-à-pied, exactement comme…l’infant-erie militaire, dernier sens hérité des Latins, et réservé cette fois à certains nobles: ceux qui n’avaient pas encore l’âge (ou la possibilité) d’avoir un cheval et de savoir monter (eux, on les appellera chevaliers) étaient donc forcément des ‘va-à-pied’, autrement dit ceux qui exécutaient sans rien dire les ordres des gens de rang (et d’altitude) supérieurs!

Pirouette étymologique finale: on trouve également, principalement dans le sud de l’Italie, une connotation inévitable et sous-entendue pour cet Infantino (avec une majuscule donc), c’est celle du Petit-Enfant, pour ne pas dire du Divin-Enfant, soit évidemment l’image de l’Enfant-Jésus, nom dit ‘de baptême’ pour désigner un ancêtre particulièrement pieux, consacré à la religion, ou le plus souvent sauvé miraculeusement d’une mort prématurée en bas-âge. Ce que l’on ne souhaite pas à la nouvelle mission de notre Jeannot (Gianni, en v.o), cet ‘enfant de choeur’ qui n’aurait sans doute pas dû prendre la parole…en tous cas étymologiquement!

(1) Exemple parmi des centaines d’autres: en Italie, Mickey (Mouse) s’appelle tout simplement Topolino, soit ‘petite-souris’.

(2) En France, on aura d’une certaine façon comme équivalent les ‘Monsieur’ ou ‘Madame’ donnés (même aux bébés) à ceux et celles qui ne sont pas dauphin ou dauphine.

… tout en battant un record de traversée et de se faire de la place dans l’actualité entre deux missiles russes (ou ukrainiens), trois menaces nord-coréennes, quelques engueulades pitoyables sur des plateaux télé et débarquement de supporters au Qatar. Ajoutez à cela un départ qui avait été reporté de plusieurs jours pour cause de météo et un drame à l’arrivée sur un bateau suiveur, bref cette édition, c’est un peu la tête dans le chaudron…y compris étymologiquement. 

Le patronyme du grand vainqueur mérite en effet que l’on surfe un peu sur les vagues de la linguistique pour se familiariser avec un état-civil qui reviendra sans aucun doute à la Une dans les prochaines années. Comme souvent, son lieu de naissance (en l’occurence, Paris) ne nous donne aucune indication éventuelle (surtout la capitale!) et, de fait, ‘caudrelier’, comme ‘cauderlier’, est une variante venue de Picardie d’après ‘caudrerier’, le tout à l’origine sans majuscule puisqu’il s’agit d’un nom commun. 

L’interversion du son ‘r’ (caudrelier/cauderlier) ou le remplacement du ‘l’ par un ‘r’ (caudrelier/caudrerier) viennent de phénomènes – certains disent de règles – linguistiques certes surprenants mais assez communs; ils sont dûs à des influences de parlers régionaux au cours des siècles sous la pression de prononciations traditionnelles et/ou de langues limitrophes voisines (pour résumer). Idem pour ce que l’on appelle une ‘vocalisation’, c’est-à-dire la transformation classique d’un ‘l’ latin en voyelle en français (un ‘u’ par exemple’), car… 

…concrètement, tous ces ‘caud-‘ viennent d’une racine romaine qui est l’adjectif ‘caldus’ qui veut dire chaud. Le mot français illustre d’ailleurs parfaitement toutes les phases du processus: caldus > cald (on laisse tomber la marque du latin) > caud (la fameuse vocalisation) > chaud…Car, selon la partie de la France où le mot va se développer, on va retrouver la répartition habituelle entre parlers de langue d’oïl (nord) et langue d’oc (au sud).

Résultat: à coté ou en face des Caudrelier, Caudry et autres Caudron devenus noms propres, on va trouver des Chaudrelier, Chaudry et…Chaudron puisqu’en latin aussi, l’adjectif va donner naissance à un nom commun (caldaria) qui désigne évidemment l’endroit le plus chaud, une chaudière! Le terme ou ses dérivés vont donc pouvoir s’appliquer à tout ce qui à un rapport avec une chaleur particulière, soit d’abord un endroit où l’on fait se consumer quelque chose dans ou avec des…chaudrons, puis un coin où l’on se réchauffe comme des bains publics ou des thermes (1).

La version la plus brûlante du chaudron a gardé son nom latin en ‘caldera’ puisqu’elle désigne la chaudière (!) d’un volcan, et question température on ne peut pas faire mieux…Curieusement, si l’on cherche un synonyme français entre chaud et brûlant, on peut dire ‘bouillant’, sens figuré éphémère utilisé dans l’Antiquité pour qualifier un homme emporté ou colérique, précisément au caractère bouillant.

Rien à voir avec notre paisible et opiniâtre fendeur des flots atlantiques puisque les chaudreliers  ou les caudreliers étaient donc le métier (avec -er à la fin) de gens non pas qui fabriquaient mais qui entretenaient le feu des chaudrons, (rare) activité encore en fonction dans certains départements opérée par des chaudronniers, forcément.

(1) D’où le nom de certains lieux (devenus communes) autrefois équipés de sources chaudes nommés Caudéran par exemple. 

…les élèves de sixième (ceux qui savent déjà écrire) un peu moins, vu l’orthographe abracadabrantesque de cet accessoire sorti du crâne d’on ne sait trop qui, histoire de prolonger la courbe créative (en descente) des mascottes indispensables au remplissage de quelques caisses olympiques. Moins figurative que le coq Footix (1) mais beaucoup plus ‘historique’, la version globules-rouges-à-pattes (ou biscuits d’apéritifs à la fraise, selon votre goût) sont probablement encore ‘pires’ que l’emplumé tricolore de 1998…

Laissons tomber l’aspect esthétique dont le proverbe traditionnel dit qu’on ne discute pas, et essayons de voir ce qui se cache sous ce « bonnet phrygien », puisque c’est le plus souvent cet accessoire qu’il qualifie; et c’est probablement dans ce seul cas que vous aurez entendu le terme dans votre vie, sauf à cultiver l’Histoire ancienne ou la géographie d’Asie Mineure. 

Sans entrer dans des détails de territoires variables au fil du temps (il y a plusieurs régions dites d’Anatolie), c’est en effet dans l’actuelle Turquie que se trouve l’ancienne Phrygie, mot inventé par les Grecs installés en vis-à-vis de l’autre côté de la mer Egée. La rivalité des deux riverain(e)s est historique, à tel point que ce sont justement les Athéniens qui utiliseront les premiers le terme pour désigner ces ‘barbares’ de futurs Perses (2) au teint (ou à la terre, on ne sait pas trop) brûlé(e) par le soleil.

Ils s’inspirent pour ça d’un verbe qui signifie justement ‘brûlé’ ou encore ‘rôti’ qui est ‘frugein’; et même si cette racine ressemble un peu à un verbe germanique (par exemple), il s’écrit avec un ‘ph’ initial et un ‘y’ qui en fait n’est pas un ‘i’ mais un ‘u grec’ (3). Du coup, certaines interprétations plus historiques vont jusqu’à supposer que la signification (un peu romantique) de « phryge » viendrait plutôt des attributs de l’esclavage que l’on brûlait lorsque les affranchis de l’Empire Romain recevaient un bonnet…phrygien, symbole de leur liberté.

« Phryge » évoquait donc d’abord…des esclaves. Et après l’esclavage vint logiquement l’indépendance, avec un accessoire récupéré non seulement par les Révolutionnaires dans les années de libération républicaine de la fin du 18ème siècle français mais également par les Indépendantistes américains (sur le sceau de l’Etat de New-York, il est toujours présent sur la tête de la déesse de la liberté, alors que la couronne -britannique- est par terre à ses pieds). A la suite de quoi, la mode du bonnet rouge à cocarde tricolore (pas systématique) est devenu, avec des variantes aussi bien dans la forme que dans le fond, le symbole d’une certaine contestation de l’autorité (royale) et du ralliement des insurgés, quels et où qu’ils soient (4).

Le dernier détail -très dans l’air du temps- à résoudre sera le genre que vont donner journalistes et publicitaires à ces mascottes: tant qu’ « elles » sont au pluriel, tout va bien; mais au singulier, est-ce un phryge ou une phryge? Est-il le valeureux représentant d’un peuple fier (le coq) ou le transfert d’image de Marianne (la mère de la Nation)? Les auteurs de la créature, soucieux du politiquement correct, se sont bien couverts en ajoutant une version paralympique dotée d’une prothèse; mais, même regardant bien, on n’a pas trouvé trace d’un quelconque attribut sexuel primaire. Y compris d’ailleurs étymologiquement… 

(1) Vous seriez encore capable de le décrire? Et d’en citer d’autres?

(2) L’une des Phrygies de l’ancienne Turquie englobe la cité côtière supposée de Troie (oui, celle de la Guerre de…)

(3) Il semble que l’équivoque -pour ne pas dire l’erreur- date de l’époque de « l’école obligatoire » de…Jules Ferry, à la suite d’une mauvaise prononciation dans certaines ‘provinces’. Exemple: on devrait prononcer ‘ugiène’ pour hygiène.

(4) Pendant la Terreur, on dit que certains prêtres ‘républicains’ célébraient la messe en bonnet rouge…

…elle a parfois (ou souvent) tendance à se répéter, et personne n’avait cru bon tirer les leçons du passé. Que ce soit au sujet d’indices avant-coureurs d’un conflit à nos portes (voire dans la maison) ou de la répétition d’actes couverts par la hiérarchie d’une entreprise religieuse, on retrouve les mêmes procédés et les mêmes procédures, y compris en l’occurrence…étymologiquement. En effet, ces affaires concernent une situation de ‘pouvoir’ plus du tout spirituel mais dont vous trouverez la racine en (re)lisant les articles ici consacrés aux cousins linguistiques des Ricard (évitons le terme ‘frères’ sans doute) comme les Richard (Stéphane, ex-affaire Tapie-Crédit Lyonnais; ou Marthe, ex-Mme…prostitution). Tapez le mot, vous allez voir !

…de la femme d’affaires afro-américano-irlando-vénézuelienne. Avertissez aussi les parents : après plus de soixante-dix ans de « Petit Papa Noël » (Tino Rossi, 1946!), la puissance musicale américaine va bientôt revenir à travers quasiment tout le globe avec le très collant mais très lucratif « All I Want for Christmas is You », la rengaine qu’une gamine (enfin…53 ans quand même) de New-York a réussi à coller dans toutes les émissions télé de fin d’année (1). Plus show-business que l’auteure-compositrice-actrice de hip-hop, on ne peut pas; seule consolation (éventuelle), cette Carey d’ascendance est en fait d’origine…française. Au moins étymologiquement.

Il faut en effet mettre dans la même hotte les Carrey (comme James dit Jim, acteur canadien-américain dit comique), tout comme certains Carrey homonymes bien français que l’on trouve en Bourgogne et dans le Jura; sans oublier les Cary comme le prénom de l’acteur Grant (2) et encore les Carez des Hauts-de-France, eux-mêmes version simplifiée des Carrez, comme le député Gilles auteur de la loi qui porte son nom au sujet du calcul de surface des logements).

Malgré des orthographes (un peu) différentes, tous ces patronymes viennent…carrément d’une idée de carré ou de carre, l’ancien mot qui désignait quelque chose ou quelqu’un de large; or, ce qui a du volume est lourd (si c’est un objet) ou fort (si c’est un humain) d’où le surnom assez fréquent d’un ancêtre trapu, quoi qu’en montre le décolleté des épaules de Mariah. Quant à Jim-The-Mask, sa naissance canadienne dans le sud de l’Ontario, pas (trop) loin de la zone francophone québécoise, n’empêche pas qu’il descende également d’un certain Carré, émigré originaire de St-Malo, dont le patronyme a été adapté à la sauce US au 18ème siècle!

Signalons quand même qu’un certain nombre de Carrey ou Carrez français (métropolitains) peuvent venir du surnom d’un carrier, un ouvrier ou l’exploitant d’une carrière, avec un cas particulier en Pays Basque où l’on trouve l’orthographe gasconne (ou béarnaise) de Carrey pour désigner une rue pavée (de carres, de pierres; même mot dérivé en espagnol). Dans l’Est ou en Normandie, le terme peut être une réécriture de ‘carroi’ au sens d’un carreau, l’endroit où des gens ou des chemins se croisent, comme « le carreau des Halles ».

Dans tous les cas, il semble qu’on puisse prendre n’importe quel sens pour qualifier  la…carrière rondement menée par la blonde diva avec ses tubes forcément étudiés au carré. Y compris donc étymologiquement!

  1. La créativité (et la culture) des illustrateurs sonores étant ce qu’elle est, quand c’est un reportage qui parle d’argent, on a également droit à « Money » (Pink Floyd) depuis…1973 ; et pour tout sujet sur un week-end à la campagne, « A bicyclette » (Pierre Barouh & Francis Lai) depuis 1968 !
  2. Lui-même de son état-civil (britannique)…Archibald Alexander Leach, devenu Cary Lockwood (patronyme déjà pris à Hollywood) puis Cary Grant, pour récupérer les initiales du succès des stars de l’époque, Clark Gable ou Gary Cooper…

…le prix décerné (juste avant les autres) à l’heure où le JT peut accompagner utilement la sortie du bouquin ‘de rentrée’ qu’un jury aura choisi parmi les centaines en compétition plus ou moins attendue (1). Le lauréat de la bousculade médiatique de l’année est donc « la 13ème femme à recevoir ce prix en 120 ans (2)»; côté étymologie, son patronyme est une légère variante de Giroud (ou plutôt le contraire), vous allez trouver toute l’analyse dans l’article consacré à un certain Olivier, footballeur de son état. Donc Brigitte (ou Roland, acteur), même combat qu’Olivier (ou Françoise, journaliste), y compris étymologiquement!

NB: La chronique sur le nom même de Goncourt est également disponible dans les archives depuis novembre 2019. Tapez…

  1. Ça en fait, des arbres qu’on aura abattus pour mettre au pilon ceux qui ne se vendront pas!
  2. Qui a jamais fait remarquer le nombre d’hommes qui ont eu le prix…Femina? En 120 ans (aussi), il y en a eu davantage que de femmes (dont St Exupéry)…