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Quatre ans après les événements, le nom du capitaine de police tué sur les Champs-Elysées revient à la Une des médias à l’occasion du procès (et jugement) de son assassin. Si vous avez déjà oublié le formidable discours de son mari lors des obsèques, retrouvez l’étymologie de ce nom pas très fréquent mais si opportun en l’occurence, en retrouvant l’article qui lui était consacré en avril 2017.

…comme le racontait le paragraphe suivant dans une chronique de 2011, le président de La France Insoumise enflamme aujourd’hui les éditoriaux et la classe politique avec un nouveau ‘dérapage’ sous-entendant une manipulation du temps électoral. Rien que pour le plaisir, petit rappel des possibles racines du bonhomme.  

Heureusement, un nouvel amoureux de la langue française s’est manifesté lors d’une émission télévisée, pendant laquelle on demandait à Jean-Luc Mélenchon ce qu’il ferait comme sport s’il était élu président. Ce à quoi il répondit qu’il se contenterait de jardiner dans les jardins de l’Elysée, allant jusqu’à « …planter un petit bouquet de bambous, dont je suis assez raffolé. » (Canal +, samedi 3 septembre, 19h45). En voilà une expression raffolante! Renseignement pris (on ne sait jamais), raffoler est bien un verbe transitif indirect, on ne peut donc que raffoler de quelque chose. Mais, bambou pour bambou, cela valait bien le coup que je m’attelasse (du verbe atteler, rien à voir avec le sommier) à l’origine de ce nom. (extrait de l’article du 05/09/2011)

Donc…Le mélenchon -le nom commun- n’est d’ailleurs pas très clair, au contraire des positions politiques de notre natif de Tanger. Il n’empêche, le mot est vraiment de souche très parisienne, en tous cas de la grande région.

Première constatation, il s’agit d’un diminutif; en effet, avec ‘-et’ ou ‘-eau’, la terminaison ‘-on’ est utilisée pour désigner le petit de quelqu’un ou de quelque chose. Quelques exemples: un garçon (un petit gars), un baluchon (un petit ballot), un capuchon (une petite capuche), un quignon (un petit quoin/coin de pain). Même chose chez les animaux: un ânon, un autruchon, un bichon (petite biche, pas le chien (2), etc…

Deuxième étape: on a donc une racine initiale ‘mélench-‘, ou peut-être ‘mélenss-‘, et c’est là que les opinions divergent. Les plus doctes des étymologistes y voient une variante du mot grec ‘mélas’, qui signifie noir (comme dans Mélanie, ou la mélasse, c’est à dire le miel noir, littéralement). Le fait que l’on passe du ‘a’ au ‘e’ central n’a pas beaucoup d’importance, mélenchon, mélanchon, voire mélansson étant des formes proches. Seul problème: à part le surnom de gens aux cheveux noirs, que vient faire cette couleur dans l’histoire? Par ailleurs, le procédé n’est pas très fréquent dans ce contexte. Et puis, cela nous ferait davantage Mélasson que Mélenchon…

D’autres chercheurs, plus réalistes sans doute en fonction de la région d’origine de la famille, rattachent le mot à la forme mélensson/mélenchon, possibles aphérèses (3) de…Amélenchon. Dans ce cas, on se retrouve avec une version francisée d’un mot germanique (logique, par rapport à la région parisienne) qui est ‘a-mal’, ce qui donnera plus tard des Amel, Amelin (pas Hamelin), Amalric, Amaubert, etc. Cette racine, que l’on trouve fréquemment chez les Goths (avant le 10è siècle!), évoque quelqu’un de travailleur, de laborieux (dans le bon sens du terme), bref, de quelqu’un qui réfléchit et qui s’investit dans l’action.

Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a aucun rapport avec le ‘mélangeons’, forme du verbe mélanger, lui-même issu du verbe mêler; je ne dis pas que, parfois, Jean-Luc n’embrouille pas ses interlocuteurs, mais bon…

Etymologiquement parlant, cela serait plus sûr, et en tous cas, intéressant de parier sur la seconde hypothèse, car si je ne me trompe, le travail et l’action, dans le cerveau, c’est le rôle du…front de gauche, non?

(1) tapez le nom concerné dans la rubrique « recherche » en haut de la page…

(2) le nom du chien vient du fait qu’à l’origine, il porte un (bar)bichon, le diminutif qui signifie une petite barbe ou…barbichette!

(3) Petit rappel, il s’agit d’un phénomène linguistique qui provoque la chute de la première lettre du mot (ou de la première syllabe, selon les situations).

…a quasiment disparu dans les flots. Trop facile de titrer sur un patronyme devenu célèbre grâce (entre autres) au Café de la Gare dont il fut un des fondateurs et qui révéla Coluche, Balasko ou Dewaere. En effet, pour tous les anonymes qui ont eu à subir des sarcasmes dans les cours d’école, la bouteille a parfois été difficile à finir et pour cause: l’origine du nom n’a rien à voir avec le récipient en verre!

Au contraire des Bouteiller, comme feu le journaliste de radio et de télévision Pierre, qui ont, eux, un rapport direct avec l’activité de production de bouteilles ou le maniement de celles-ci. En effet, les premiers bouteillers sont, chronologiquement, les préposés au vin royal (pour porter les flacons mais surtout goûter par avance le contenu) que l’on appelait échansons. Par la suite, le terme s’est appliqué à des sommeliers voire à des cavistes, en tous cas toujours des gens proches de la bouteille. 

Or, il existe des variantes de ce mot d’un point de vue sonore, dont l’orthographe temporaire a été ‘bousteille’, et même bousteil ou boustelh sous l’influence de certains patois, ce qui a donné une famille de noms totalement différente en Boustaud ou Bouston par exemple. Et il se trouve que ce ’t’ est en fait à la place d’un ‘c’; dès lors, les Bouscaud, Bouscon ou Bousqueille renvoient au mot d’ancien-français ‘bosc’, c’est-à-dire le bosquet, ou plus généralement le bois (*).

Dès lors, les Bouteille (parfois avec un ’s’), Bouteillon ou Bout(h)eilloux n’ont pas la main sur le goulot mais plutôt la maison près du petit bois. Ce qui n’empêche pas certains Bouteille « d’en avoir », au sens le plus littéral du mot puisque l’expression fait allusion à la tradition romaine qui voulait que chaque anniversaire soit l’occasion de s’en ouvrir une bonne mais aussi d’en conserver un exemplaire dans sa cave (pour ceux qui en avaient les moyens) en souvenir du temps qui passe. Par conséquent, au bout de quelques années -supposées d’expérience ou de sagesse- leur propriétaire avait forcément ‘de la bouteille’!

On trouve aussi une autre hypothèse, peut-être davantage fantasmée mais qui se revendique comme plus historique, celle de la forme première de cette bouteille qui, à l’époque médiévale, ressemblait davantage à une outre voire à un petit tonneau (‘le cubi’?) qu’à une bordelaise ou une bourguignonne effilées. Par comparaison avec le ventre arrondi des riches propriétaires, l’expression aurait ainsi fait allusion au prix de leur richesse viticole. Et, c’est bien connu, si on a les moyens, on a le pouvoir; mais, avec des si, on mettrait Romain en bouteille… 

(*) En fait, comme disaient les Grands-Bretons (d’Astérix), « mon bois est plus grand que votre bosquet mais plus petit que ma forêt ».

Première difficulté (ou obligation, ou erreur, ou ânerie): se persuader qu’il y a une fonction fédératrice dès qu’il y a un symbole; et ce qui vaut pour une marque commerciale, qui a souvent plusieurs produits à vendre, semble ne pas fonctionner pour un événement sportif. Second (ou deuxième, on verra par la suite) obstacle: la nécessité -voire l’obstination- de trouver, sans doute à grand renfort de budget de communication, le-dit symbole, tâche d’autant plus difficile que la zone concernée est large (Coupe du Monde, Championnat d’Europe…).

La ‘chose’ s’appelle donc une mascotte, et celle du futur Euro 2020 modifié 2021 ne semble pas faire du tout l’unanimité. Il s’agit en effet d’un archétype/prototype/spécimen/exemple-type/avatar/alien (rayez les mentions inutiles) de footballeur; le jeune exorbité s’appelle (enfin, a été appelé car sauf erreur il ne parle pas) du très ‘consensuel’ nom de…Skillzy.

Consensuel dans la copy-stratégie (le cahier des charges) de l’agence de communication sans doute, mais ni très facile à prononcer pour la majorité des nations participantes, ni peut-être à comprendre. En tous cas bien loin de la dernière version encore appréciée du Footix de l’édition 1998, certes très ‘gauloise’ dans sa sonorité chauvine empruntée à Astérix mais à tout le moins courte, sobre et on ne peut plus claire pour parler de…foot.

La « volée de bois vert », comme dit la presse, reçue par le puceau numérique s’explique sans doute par l’impossibilité de saisir immédiatement le sens de ce ‘skillzy’, combinaison à l’origine pleine de bonne volonté prétendant créer un adjectif qui cumule l’habileté ou le savoir-faire (skill) et un suffixe d’état ou de situation (-zy). Le mec est donc forcément doué (au foot, on suppose), une sorte de super-compétent en action, un technicien de la balle, un héros des pelouses, bref un sorcier du ballon rond.

On ne peut pas faire mieux d’ailleurs si l’on reste sur le mot français de ‘mascotte’, le plus souvent appliqué, selon le dictionnaire, à un animal ou à…une poupée. Le sens général lui donne en effet, aujourd’hui, la valeur d’un porte-bonheur ou de l’emblème d’une réussite. Côté animal, de Ramsès (le chat blanc de Feu Vert) à la Vache qui rit, de (feu) l’Ecureuil de la Caisse d’Epargne au Lion de Peugeot, de l’Aigle américain au Coq gaulois, ça a toujours assez bien fonctionné, pour des raisons affectives ou historiques, sans oublier toutes les bestioles des équipes sportives, Dogues, Lions, Eléphants ou autres Tigres nationaux… 

La démarche est plus risquée avec des humains, pour des raisons de technologie ou de mode: si le Mario de Nintendo traverse à peu près les années, le Bibendum de Michelin a dû soigner son obésité, le serviteur noir de Banania revoir son passeport d’intégration nationale, etc…D’ailleurs la véritable étymologie de ‘mascotte’ est plutôt risquée puisqu’il semble qu’elle apparait dans la langue française à la fin du 19ème siècle seulement, à l’initiative de l’écrivain provençal Frédéric Mistral, puis dans un roman d’Emile Zola sur…Marseille. 

L’un et l’autre adaptent un terme italien issu d’un ‘masco’ qui désigne…une sorcière ou une magicienne, en tous cas quelqu’un de pas toujours fréquentable sans risques. Dans les cabanons des Calanques, le mot devient moins dangereusement synonyme de ‘sortilège des cartes’, autant dire non seulement un risque liée au sort (favorable ou pas) mais aussi un envoûtement et donc une addiction au jeu (moins, à la pétanque).

Mieux encore (ou plutôt pire) : certains dictionnaires du début du 20ème siècle donnent comme définition à mascotte: « fille vierge (!) ou jeune homme inexpérimenté ou trop audacieux », comme l’écrit Verlaine dans l’une de ses Odes. Dans un autre texte (‘Mémoires d’un veuf’), le même auteur désigne ainsi le…faux-cul des prostituées , le rembourrage de tissu destiné à épaissir l’arrière des robes pour donner du volume au fessier (pas pratique dans le short de match).

En tous cas, on ne sait pas encore si le style de Skillzy sera buzy, lazy ou fuzzy (*) sur le terrain. La seule chose qui semble sûre pour le moment, c’est que de nombreux supporters ont effectivement envie de lui jeter un sort. Etymologiquement bien sûr.

(*) énergique, paresseux ou pas très clair.

…l’auteur-compositeur le plus folk & country & gospel & rock, etc…de l’Amérique rejoint le clan des cheveux blancs. L’enfant de Duluth (Minesota, nord des USA) aura traversé le paysage musical mondial « Like a Rolling Stone ». Or, si « Wight is Wight…», comme le chantait Michel Delpech, «…Dylan is not Dylan » puisque son nom de scène n’a rien à voir -ou presque-  avec son état-civil d’ascendance juive ashkénaze (Europe de l’Est), en l’occurrence Robert Allen Zimmerman!

Passons tout de suite l’éponge sur ce ‘Robert’ (anciennement ‘hrod-berth’ en germain, la gloire et la célébrité!) que les Anglo-Saxons mais surtout les Américains ont abrégé en Bob, plus familier et parfois plus vulgaire mais surtout plus (show) business; la preuve, le truc a servi à baptiser des hommes politiques (Robert Francis Kennedy), des chanteurs jamaïcains (Robert Nesta Marley), des champions d’athlétisme (Robert -tout court- Beamon), des acteurs (Bob Hope, né…Leslie Townes à Londres!), voire des héros de BD français de création belge (Morane) ou enfin le fantasme animé d’un biologiste marin américain (…l’Eponge). Quant à Allen, insertion traditionnelle de la plupart des patronymes américains (ou anglo-saxons d’un certain rang), il rend hommage à d’anciennes racines celtes, d’après le terme germanique ‘adal’ (noble), personnalisée en Ailin en gaëlique (Irlande, Ecosse) puis en Allen en anglais.

Nous reste un donc à élucider un Dylan, choisi non pas en référence trop facile au poète gallois Dylan Thomas mais à un oncle nommé Dillion (dixit Bob lui-même, vérité ou agacement vis-à-vis des journalistes). Quoi qu’il en soit, aucun rapport, même de sens, avec un Zimmerman très ‘allemand’, clairement compris dans l’Est de la France comme un ‘zimmer-man’ (l’homme des chambres) souvent interprété (à tort) comme un hôtelier, sans doute sous influence des panneaux sur le bord des routes estivales proposant au touristes une ‘Zimmer’, une chambre d’hôte…

En fait, le Zimmerman est un nom de métier beaucoup plus manuel qu’un réceptionniste. A l’origine, cette racine parle de…bois, du bois d’oeuvre plus précisément, celui dont on fait les planches qui vont servir sans doute à construire des chambres mais pas que. En fait, de façon plus générale, un zimmerman est tout simplement ‘l’homme qui monte des planches’ soit un charpentier, le mot français issu du latin qui signifie constructeur de…charrettes (2). Le seul qui puisse garder la chambre est donc le ‘zimmerle’, sorte de diminutif qui qualifie un valet de la pièce en question. Quoi qu’il en soit, nul ne songerait à contester que les chansons de M. Dylan ont toujours eu des lignes mélodiques bien charpentées. Y compris donc étymologiquement!

(1) Saisissons l’occasion pour tordre le cou à cette détestable habitude journalistique qui se répand à grande vitesse: à part un trentenaire et un centenaire (ambivalents), un homme de quarante ans n’est pas un quarantenaire (ça, c’est un temps de commémoration) mais un quadragénaire; pas plus qu’un cinquantenaire (idem) n’est un quinquagénaire; un soixantenaire, un sexagénaire, etc. Ah, sauf pour un octogénaire, dont on fête les…quatre-vingts ans, tout simplement!

(2) Ce n’est que vers le 5ème siècle que la langue a abandonné les planches des chariots pour s’intéresser à celles des toits (y compris les flèches des cathédrales), les murs étant censés être en briques!