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Benzema (Karim)

…à l’occasion de cet Euro 2020 étiqueté 2021, en attendant ‘Le retour de la vengeance’ (de la sextape Valbuena, jugée en octobre prochain). Grosse pression donc (il aura intérêt à marquer) question football, et peut-être quand même quelques doutes ou suspicions, uniquement étymologiques bien sûr…

Pas de surprise avec la provenance géographique familiale (dont s’enorgueillit le clan du joueur), il s’agit évidemment d’un mot de souche arabe de la zone algérienne, plus spécifiquement kabyle, qualificatif très particulier revendiqué par beaucoup de ses natifs comme une ‘nation (une ethnie) à part’. Dans la langue concernée, on a affaire à une sorte de nom commun qui s’applique à un aïeul, le ‘benzema’, avec une prononciation puis une orthographe vraisemblablement adaptées au parler français au moment de l’immigration, d’après la forme ‘benzama’ ou mieux ‘benzima’.

Car, pour la langue arabe comme pour l’anglaise et bien d’autres, difficile parfois de traduire au pied de la lettre ce ‘benzima’ par un seul mot en français : le sens premier représente assez bien l’expression ‘une accusation sans fondement’, ou ‘une accusation gratuite’. L’idée est en effet celle d’une situation où quelqu’un pose une affirmation fantaisiste ou erronée, de façon souvent ironique ou sarcastique; dans certains cas, on peut retrouver le procédé dans la définition d’une litote ou d’une antiphrase en français (vite, mon dico).

Attention, il n’est pas question à proprement parler de mensonge, mais plutôt de prétention, d’usurpation d’une fonction ou d’un titre, ou d’un faux témoignage (toute ressemblance avec des faits réels ne serait que pure coïncidence!). En foi de quoi, un benzima/benzema qualifierait donc un homme (ici, ‘ben’ n’est pas forcément synonyme de ‘fils de’, comme c’est généralement le cas), quelqu’un qui se prévaudrait de certaines compétences ou priorités (no comment, « c’est du passé » a dit Didier Deschamps).

Il faut signaler que quelques nationaux (non kabyles) affirment comprendre différemment le son en fonction de leur région d’origine, toujours plus ou moins déformé au moment du passage dans notre langue: soit ben-zelma, du coup littéralement ‘le fils de la -sa?- mère’, d’une logique implacable mais pas très signifiant car trop évident; soit ben-(a)zelmad(h), celui qui vient de la gauche, sans qu’on sache vraiment à quoi fait référence la direction, en tout cas pas au sens figuré.

Impossible de terminer sans dire un mot sur le prénom de notre homme, l’un des 99 qualificatifs donnés à Dieu (et également au prophète Mohammed), un adjectif substantivé en surnom qui signifie généreux. Une qualité dont va forcément avoir besoin la ligne d’attaque nationale ; y compris étymologiquement…


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