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Câlin (Journée du)

…pour rappeler qu’il existe, c’est que la chose ne va pas de soi et c‘est sans doute…tant mieux, au moins d’un point de vue étymologique. Car vous pensez évidemment que le câlin est ce moment doux et serein où vous vous abandonnez sans arrière-pensée dans les bras (ou sur l’épaule) de qui vous voulez, ce ‘free hug’ que vous proposent régulièrement dans la rue nos cousins d’Outre-Manche ou Atlantique. Bref, en un mot comme en cent, il s’agit d’un mouvement et d’un moment pour le moins chaleureux…

« Erreur, très grande erreur! » (disait le Général Cambronne à propos de ‘son’ mot (1) ! Car il risque alors de vous en cuire : à l’origine, ‘câlin’ vient du latin populaire ‘calinare’ (jusque là, pas de quoi vous chauffer les neurones) qui prend sa racine linguistique dans le mot ‘caldus’ qui signifie chaud. Dans la même famille, on trouve l’adjectif ‘caliens’, brûlant, le ‘caliente’ des soleils espagnols ou des nuits mexicaines; vous avez compris que la température est déjà montée de quelques degrés. Chaleureux certes, mais alors très chaleureux!

En fait, c’est grâce aux Provençaux – du moins à leur dialecte (si vous êtes poli, vous pouvez dire ‘leurs parlers’) – que la ‘calina’ latine est restée sur notre territoire, histoire de chauffer…les bas-fonds des villes! Car, au 16ème siècle, un câlin est un paresseux, un bon à rien; pire encore, les câlins se taillent la réputation de voleurs car, sans revenus, on disait qu’ils se faisaient passer des blessés ou des malades afin de mendier davantage. Du coup, ces câlins astucieux deviennent des malins et, comme toujours quand le sens figuré entre dans la danse, des méchants et des moches! A l’époque de Molière, le câlin qui zone dans les ruelles de Paris est un ‘faquin’ ou un ‘coquin’, pas franchement le gars qui fait des farces mais un roublard (2), certes de temps en temps un peu…chaud lapin au ras des oreilles, coïncidence étymologique involontaire.

Finalement, fin 18ème, les choses se calment un peu et le câlin (toujours le bonhomme) redevient le malin, puis -période pré-cocooning oblige- celui qui reste au lit bien au chaud ou qui se prélasse au soleil sans rien faire; on en arrive ainsi au sens de ‘se laisser câliner’, autant dire se la couler douce dans les bras de Morphée ou de qui vous voulez, et forcément bien au chaud sous la couette (ou sous les couettes) de votre partenaire. Avec un conseil: ne restez pas trop longtemps dans cette position un peu intime sinon vous risquez de la (le) chauffer un peu trop, et là ça risque de n’être plus vraiment du câlin. Sauf étymologiquement!

(1) Dans la pièce éponyme de Sacha Guitry

(2) Relisez « Les Fourberies de Scapin »


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