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Charlatan

…d’apprendre qu’un médecin marseillais à la barbe blanche, aux cheveux longs et au verbe haut (belle image de sorcier ou de druide, au choix) va être mis en cause pour charlatanisme par un Conseil de l’Ordre enfin décidé à mettre un peu d’ordre dans les conseils (aux patients), en tombant dessus à bras raccourcis(x).

Selon la position des personnes concernées (et leur degré de civilité), on entendra sûrement parler de ‘baratineur’, de ‘démagogue’, d’imposteur’ ou de ‘trompeur’, voire d’escroc’ ou d’exploiteur’, sans oublier un ‘cabot’ apparemment, inconstestable…bref, tous ces termes qui cachent – ou révèlent! – un charlatan, selon son domaine d’action.

Comme assez souvent, ce qui est gênant, ou le vilain, le mauvais ou l’incompétent, c’est souvent l’Autre’, avec une majuscule qui vise celui ‘qui n’est pas de notre pays’, et c’est valable dans tous les sens: au rayon ‘gênant’, il y a des capotes-anglaises (préservatifs) qui sont forcément une invention française pour les Anglais (french rubber). Question ‘mauvais’, c’est du mal-français (l’homosexualité) que se moquent les Italiens…quant à la grippe dite espagnole, elle fut plus probablement d’origine américaine, mais, pour ‘punir’ l’Espagne qui refusait de s’engager aux côtés de la France dans la Première Guerre Mondiale…

Il y en a beaucoup d’autres évidemment, mais, cette fois, c’est l’Italie qui s’y colle, sous le prétexte (sans doute faux, mais bon…) que les habitants de la commune de Cerreto avaient la réputation de voler leurs clients en vendant des drogues frelatées…Problème: il y a plusieurs villes de ce nom dans le pays; la plus visée semble être Cerreto d’Esi, dans la région des Marches (Italie centrale face à Rome) dont les citoyens de la capitale considéraient les habitants comme des ‘ploucs’, tout juste bons à venir vendre leur camelote dans les rues de la Grande Ville.

Et alors, allez-vous me dire (ou m’écrire)? Il se trouve que le gentilé (le nom des gens) de Cerreto fait ‘cerrentano’(*). Or, le peuple, toujours à l’affût d’un jeu de mot flatteur, va croiser cet adjectif avec le verbe ‘ciarlare’(*) qui signifie bavarder. Résultat, les ‘ciarlatano’ (ciarlatani) vont désigner des beaux-parleurs, des bateleurs, ou encore, le long des ruelles commerçantes, des camelots. Qui vendent donc de la…camelote, donc des marchandises de peu de valeur, donc de mauvais médicaments, donc des charlatans!

En attendant la réaction des professionnels de la profession, je ne résiste pas au plaisir de reproduire l’une des définitions du dictionnaire. « Charlatan: Usuellement, personne non qualifiée, qui prétend détenir des connaissances lui permettant de soigner des malades, le plus souvent selon des conceptions non reconnues par les disciplines médico-pharmaceutiques officielles. Par analogie, celui qui exploite la crédulité du public et en tire des avantages. »

Mot à mot -ou presque- il y a là matière à réflexion; quoi qu’il en soit, la seule conclusion pour le moment est qu’il y a eu dans cette affaire un gros ‘coin-coin’, ou, comme le disent nos amis Anglais de façon fidèlement phonétique, un ‘quack’ (un mauvais médecin). Remarquez, en français, on a aussi des ‘couac’…

Notez bien que le charlatan ne se rencontre pas qu’en médecine (sport professionnel, politique, droit, alimentation, automobile…faites vos jeux); un bel exemple religieux est décrit dans le film de Richard Brooks nommé « Elmer Gantry, le…charlatan » (1960), dans lequel Burt Lancaster, représentant de commerce fauché mais malin, va devenir un prédicateur sans scrupules (grâce à la brune Jean Simmons).

Sans oublier le brave Jeannot (de La Fontaine), qui ouvrait sa fable éponyme (en…1668!) de la façon suivante:

« Le monde n’a jamais manqué de charlatans : cette science, de tout temps, Fut en professeurs très fertile. Tantôt l’un en théâtre affronte l’Achéron, Et l’autre affiche par la ville qu’il est un passe-Cicéron… » No comment.

(*) Prononcez toujours à l’italienne ‘tchérentano’, ou ‘tchiarlaré’…Certains y voient l’origine du verbe français…tchatcher, après un passage par l’espagnol ‘chacharar’, discuter de sujets sans intérêt. Il fait avouer le son des onomatopées se rapprochent étrangement! Ouvrons la…discussion!


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