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Obésité (Journée de l’)

Sauf s’il y a le mot ‘lutte’ quelque part dans un slogan, il en va de l’obésité comme du cancer ou du sida, on a toujours l’impression que les opérations de communication sont faites ‘en faveur’ et non pas ‘contre’ (1). Fallait-il donc instituer un ‘Jour de l’Obésité’, comme le Jour du Débarquement ou une Journée du Souvenir, un jour forcément…éphémère (c’est le sens précis de sa racine grecque) qu’on aura aussi vite oublié que les 24 heures d’attention mondiale accordées à la Femme (dans quatre jours!)…

Outre le fait que le calendrier officiel mondial (et non pas français) fait de ce 4 mars la Journée du…Tennis, peu avant la Journée de la Plomberie (no comment), voyons un peu ce que cache – étymologiquement – l’obésité, histoire de donner un peu de (sur)poids à cette chronique. Car, contre toute attente, l’obésité n’a pas été ‘inventée’ par des Américains des sixties empiffrés de sauces et de sucres, ni même par des Européens qui n’ont créé puis fait circuler le mot qu’à la fin du 16ème siècle donc très ‘récemment’ (famines obligent) mais par les Romains.

La ’obesitas’ latine, l’excès d’embonpoint comme le définissent généralement les dictionnaires, vient en fait d’un adjectif (obesus) qui signifie à la base (si j’ose dire)…maigre (!), et plus précisément rongé. Si l’on remonte encore un peu plus loin dans la formation de ‘obesus’, on distingue un préfixe ‘ob-‘ (qui veut dire devant, ou en plus) et le verbe ‘edere’ qui signifie manger. Jusque là, on croit avoir tout compris…

Or, il se trouve que ‘obesus’ veut dire, à l’origine, celui qui est rongé (de l’intérieur, entre autres), spécialement au sens figuré de ‘dévoré’, par le remords par exemple. Or, à la fin de l’Empire, en se mélangeant à des dialectes étrangers qui vont créer une soupe de mots plus ou moins bien compris par les peuples occupés, celui est dévoré va devenir celui qui dévore; et comme, cette fois, on est obligé de basculer dans la réalité concrète, celui qui dévore va forcément grossir, donc devenir obèse, c’est-à-dire gras (vous pouvez même tenter le terme ‘replet’ lors du prochain diner en ville où vous vous gaverez en dénigrant la silhouette de votre voisin). 

Petite note: un certain nombre de lecteurs toujours (très) attentifs sont sans doute déjà prêts à réagir à la faute d’orthographe que j’aurais laissé passer ci-dessus en écrivant ‘embonpoint’ (avec un ’n’), alors que tout le monde sait bien que, devant ‘m, b, p’, un ’n’ devient ‘m’…sauf qu’il est bien question ici de…’bon point’! Rien à voir avec une récompense en classe bien sûr (2), mais avec l’expression qui décrit objectivement votre (bonne) santé et qui prouve que vous êtes ‘en bon-point’, c’est à dire en bonne situation, en bonne condition de vie. 

Et cette fois, on va bien transformer le premier ‘n’ en ‘m’; cela étant, manifestement, il ne faut pas trop forcer sur le bon point si vous ne voulez pas devenir obèse. Y compris étymologiquement.

  1. On lit régulièrement ‘Manifestation pour le cancer’, voire ‘Recherche pour le sida’, par exemple.
  2. Pour ceux qui sont nés (au moins) au 20ème siècle, pour ne pas dire avant.

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