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…ou devenus tels, en général parce que théâtres d’un événement particulier, parfois touristique, parfois plus dramatique comme c’est le cas de cette vallée encaissée des Alpes-Maritimes récemment noyée dans les flots en crue de la rivière éponyme. La plupart des dictionnaires géographiques la définissent d’ailleurs comme ‘une petite rivière abondante, au régime hydrologique pluvio-nival’…c’est le moins qu’on puisse dire.

Donc, même impressionnés par le débit du courant sorti de son lit, les journalistes n’ont donc aucune raison de la traiter de ‘fleuve’ (*), puisque la Vésubie se jette dans le Var (définition même du cours d’eau qui rejoint un fleuve qui, lui, conduit à la mer). Mais pour l’instant, cela ne nous avance pas beaucoup pour décrypter ce nom français issu du nissart (le patois…niçois, forcément) ‘vesubià’. 

D’ailleurs, plusieurs hypothèses s’affrontent dont certaines très significatives des efforts ‘à tout prix’ pour trouver une étymo…logique à ce mot: on a en effet parlé d’un parallèle avec l’italien…Vésuve, soit ‘vésuvius’ en latin, ‘vesubio’ à certaines époques, donc éventuellement possible – au moins d’un point de vue linguistique – en s’appuyant sur une alternance v/b.

On va donc chercher une très ancienne racine pré-indo-européenne ‘vis- ou ves-’, qui signifierait ‘montagne’ (ça tombe bien), et même ‘montagne qui fume’ (ça tombe moins bien, en tous cas pour notre vallée)…D’autant qu’une autre origine (dont j’ignore la langue) s’appuierait sur une syllabe ‘vis(ubie)’ pour en faire ‘une vallée creuse’ (le contraire du précédent, quoi; par ailleurs qui connait une vallée pas creuse; en tous cas, creusée par les tonnes d’eau, c’est sûr).

L’impression d’avoir cherché une explication a-posteriori est un peu moins forte avec la racine d’origine gauloise ‘vesu-’ qui évoquait quelque chose comme ‘bon’ ou ‘adéquat’, ‘convenable’…Elle aurait au moins le mérite de dater le lieu de façon relativement réaliste, d’autant que les Vésubiens sont bien les habitants de cette vallée.

Après ‘vésu-’, nous resterait donc à éclaircir la fonction de ce’-bie’, qui nous met tout droit sur le chemin du latin ‘via’ (la route), francisé en ‘-vie’ (rien à voir avec le contraire de la mort) ou ‘-bie’ au Moyen-Age! La vésubie serait-elle le ‘chemin-correct’ ou le ‘bon-chemin’ qui mène au curieux col de la Fenestre, lieu de passage régulier (au sens de ‘facile’?) entre l’Italie et la France mais surtout sanctuaire dédiée à la Vierge, édifice au-dessus duquel un trou dans un ‘caïre’ (rocher, en provençal) laissait voir la voûte céleste, d’où la ‘fenêtre’ sur le ciel?

Finalement, si la rivière a donné son nom à la vallée puis à certains villages (en composition: St Martin, La Bollène..etc), on ne découvre pas aujourd’hui qu’elle a pu être ‘inadéquate’: tremblements de terre et crues régulières l’ont fait surnommer au cours des siècles « le torrent de la Madone des Fenêtres ». Décidément une avalanche de surnoms; y compris peut-être étymologiquement!

(*) Sur quasiment toutes les chaines dites ‘d’info continue’, comme quoi tout ne coule pas de source…

… »le jeune espoir toulousain du tennis français » aura été le seul du tableau national à être resté le plus longtemps sur le court de Roland-Garros (1). Les journalistes et chroniqueurs sportifs vont devoir s’habituer à prononcer un patronyme un tout petit peu heurté (quatre syllabes très faciles mais un double ‘G’ difficile à articuler); une occasion de remettre en lumière un nom essentiellement mémorisé à la fin du 20ème siècle pour des raisons de gaffes ou de téléfon (2)…

C’est une très ancienne racine germanique (gest/gast) qui serait à l’origine des ‘gasto’, forme typique gauloise devenue un ‘anthroponyme’ (en français courant: un nom de personne). Le terme en question s’appliquait à un ‘hôte’, beaucoup plus clair à comprendre en allemand actuel (Gast, voire Gastgeber) où il désigne un invité, un visiteur, éventuellement un client; en tous cas quelqu’un qui vient vers (chez) vous…

Le mot est plus équivoque en français, où l’hôte est aussi bien celui qui vous reçoit chez lui (y compris celui qui vous accueille dans un…hôtel) que la personne qui a reçu l’invitation. Dire à quelqu’un « vous êtes mon hôte », c’est lui proposer de se mettre à son service; alors que c’est une hôtesse (la chef de cabine) qui vous (re)commande de boucler votre ceinture à bord…

Bref, le son, puis le surnom, puis le nom vont prendre le sens assez général de ‘accueillant’, donc avenant puis chaleureux, qualificatif appliqué à quelques autres variantes comme les Gastou (en Sud-Ouest), les Gastal, les Gastaud (après transformation du ‘L’ en ‘U’), les Gaster ou tout simplement les Gast comme en Alsace, où le terme ‘visiteur’ a longtemps été compris comme ‘étranger’, particulièrement celui qui vient de l’autre côté d’une frontière que je vous laisse deviner.

Or, comme souvent, c’est grâce à (ou à cause de) une figure emblématique religieuse du 5ème siècle que le nom va prendre une autre dimension, sous l’impulsion charismatique du précepteur du petit Chlodovecus (dit Clovis 1er, futur roi des Francs), un certain St-Vaast. Si le rapprochement orthographique vous semble un peu tiré par les moustaches, c’est le moment de rappeler ici un phénomène linguistique habituel qui ‘mue’ d’un ‘V’ (ou plus souvent un ‘W’) très guttural, qui sera noté ‘G’ en français (3).

Pour résumer, voilà pourquoi le ‘v-aast’ va se transformer en ‘g-aast-(on)’, le patronyme du ci-devant évêque d’Arras restant, lui, figé en (St) Vaast pour des raisons de parler local, tout comme la ville normande de St-Vaast-la-hougue, dédiée au même bonhomme (car également évêque de Fécamp) dont la ‘hougue’ n’a pas même besoin de la majuscule actuellement requise car issue d’un terme scandinave signifiant une hauteur, probablement le surplomb du port.

Toutefois, il ne faut pas confondre les Gaston et les Gasté (comme le Loulou de Line) dont l’origine occitane parfois ‘remontée’ jusqu’en Pays-de-Loire évoque un terrain…’gâté’, c’est-à-dire abandonné donc inculte ou marécageux (4). La démarche linguistique a d’ailleurs été la même: il y a à l’origine l’influence du verbe latin ‘vastare’ (pourrir, détruire) et du germain ‘waast’ (idem), lesquels se sont à nouveau fondus dans le ‘g’ attendu!

Rien ne prouve pour autant que le valeureux Hugo ait été un gamin gâté (sauf, pour l’instant, par son talent de joueur); l’homme est d’ailleurs forcément avisé puisqu’Hug(o)’, autre syllabe d’origine gauloise, signifie intelligent. Peut-être le fondateur de la prochaine dynastie du tennis français, comme un certain Hug(ues) le Capétien. En tous cas, étymologiquement.  

(1) Pour l’origine du nom de…l’aviateur, voir l’article de 2011 en tapant son nom dans le champ de recherche.

(2) Soit dit en toute révérence pour le président de la République Doumergue (1930) ou le maire de Marseille Defferre (1960). 

(3) On trouve aussi des Waast picards; c’est l’éternel exemple du parallèle William (ou Wilhem) transcrit en Guillaume, ainsi que plusieurs autres mentionnés au fil des chroniques.

(4) Probable provenance des lieux-dits appelés Le Gast, Gaste ou Gastes, comme le village près d’un lac, sur le littoral landais. Sans oublier la belle région marécageuse vendéenne, la Gâtine (ex-gastine)…

…un député libéral qui a accepté d’être le nouveau Premier Ministre, après seize mois d’incertitude électorale (devinez où). L’homme n’est pas un ‘jeunot’ (il fut plusieurs fois ministre, et même vice-Premier dans le gouvernement Di Rupo en 2012), mais il devra (ré?)concilier une coalition de plusieurs partis. Comme parfois (souvent?) en Belgique, il s’agit d’une véritable croix à porter…littéralement.

Déconcerté par l’orthographe flamande, le lecteur français est parfois loin de se douter que ce ‘de-croo’ est tout simplement l’équivalent de notre ‘del-croix’ ou de-la-croix’ d’origine latine! Attention: même s’il suffit (presque) de se fier à la prononciation, rien à voir ici avec les Ducros ou Ducrocq qui se rapprochent (si j’ose dire) d’un…creux, d’un trou ou d’une excavation particulière dans un terrain.

Il n’empêche que les Delacroix et donc les De Croo (*) sont eux aussi des toponymes, des noms de lieu dont on a qualifié autrefois des gens en rapport avec une croix, en général celle d’un calvaire ou d’un oratoire des bords de route et voisin de la maison qu’ils habitaient…Plus prosaïque et moins sacré, il se peut que la croix en question n’ait rien de religieux mais tout bêtement une forme de crois-ement, autrement dit la croisée de chemins, en français du samedi, un…carrefour!

D’ailleurs, c’est le mot latin ‘crux’ qui a fait pousser quantité de croix dans les langues (‘cross’ en anglais, ‘cruz’ en espagnol, ‘croce’ en italien, ‘kreuz’ en allemand, ‘kruis’ en néerlandais, ‘krzyz’ en polonais, et même ‘krect’ en russe)…sauf que, à l’origine (romaine), une croix avait peu à voir avec celle des églises puisqu’elle était en ‘X’, une croix dite de St-André’, celle qui faisait mourir les crucifiés d’asphyxie (par extension des bras) et qui aurait pu éviter de se poser des questions pendant des siècles sur le nombre de clous dans les pieds de Qui vous savez…

La confusion vient probablement du supplice du gibet (la pendaison), lequel requérait bien une forme de potence telle que décrite au 10ème siècle seulement (!) avant de devenir le point de rencontre favori des habitants du Far-West…Quel qu’en soit son profil, une croix deviendra vite, au sens figuré, synonyme de poids lourd à porter donc de peine ou de punition.

Seule exception à ce châtiment: à condition d’y mettre une majuscule, celle de la Légion d’Honneur (ou de toute autre décoration) se porte à la boutonnière, en remerciement de bons et (en principe) loyaux services. Un souhait que l’on formule pour le fils d’Herman (papa a déjà fait carrière en politique, comme chez les Trudeau) dont on espère qu’il ne fera pas une croix trop rapidement sur le nouveau gouvernement. Y compris donc étymologiquement!

(*) On trouve aussi des Du Croo, des De Kroo ou De Croot…

…et le moins protégé -disent certains- car ancienne adresse de Charlie Hebdo. Le nom qui figure sur la plaque de cette voie du 11ème arrondissement aura également permis de révéler à beaucoup le nom de cet ‘inventeur de la conserve’. En fait, rien à voir avec le contenu de la boite mais avec son principe de stérilisation (par la chaleur), une véritable ouverture technologique. Y compris étymologiquement!

Appert ou Appart (aucun lien avec votre logement), souvent créés à la suite de la forme originelle Apert ou Apart, sont des patronymes dont la souche géographique est principalement localisée dans le Centre-Est de la France, ainsi qu’en Picardie. Avant de subir une influence germanique avec ce suffixe ‘-ert’, la racine ‘app-‘ est directement issue du verbe latin ‘aperire’ qui signifie ouvrir.

Curieusement, même à l’époque dite ‘classique’, on trouve peu de sens ‘propres’ à ce mot; il n’est donc pas encore question de tirer sur la languette de métal pour faite péter la canette, même si le mot est souvent associé à…une porte. Comme le disait très justement Alfred (de Musset) dans le titre de l’une de ses pièces, «Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée »; sauf que, pour un Romain, il était le plus souvent question du sens figuré.

Avoir sa porte ouverte (ou des Journées Portes Ouvertes), c’est surtout un symbole d’accueil et…d’ouverture (intellectuelle, voire commerciale); tout comme avoir le coeur ouvert, ou être ouvert d’esprit, tout cela va amener petit à petit à l’idée d’une qualité de clarté ou de simplicité (pour les choses ou les situations) et de droiture ou d’honnêteté (pour les humains).

Dès le Moyen-Age français, les Appert sont synonymes de franchise et de raison, donc finalement d’intelligence. Voilà qui tombe très bien – au moins symboliquement- pour quelqu’un qui a dû se battre contre l’obscurantisme de l’époque, allant jusqu’à offrir sa découverte à l’Etat français « pour le bien de l’Humanité », avant d’être spolié de tout droit par des exploitants anglais qui auront l’idée de mettre la nourriture dans du fer blanc (et non plus dans du verre, première idée de M.Appert qui n’avait de toutes façons rien d’autre sous la main à l’époque). 

Finalement, un demi-siècle avant la ‘pasteurisation’ (inventée par qui vous savez), le brave Nicolas aura non seulement ouvert la voie aux industriels de la conserve mais aussi au repas des consommateurs, puisque le même verbe latin (qui s’écrivait donc avec un seul’p’) a également permis de former le mot…apéritif, littéralement le grignotage chargé…d’ouvrir l’appétit! 

…or, pour une fois, ce patronyme si bien composé était vraiment celui de son état-civil officiel, Juliette étant la fille d’un fonctionnaire d’origine…corse, car il n’y a que les non-Grecs qui soient en situation de nommer les autres ainsi, les Grecs entre eux se disant depuis longtemps ‘Hellènes’ avant tout.

Ainsi le citoyen Dominikos Théotokopoulos, né en…Crète (île aujourd’hui grecque mais vénitienne au moment de  sa naissance, avant de redevenir ‘turque’), peintre créateur de l’Ecole…Espagnole sous le nom de -forcément- Le Gréco! Bref, la majorité des Gréco sont globalement méditerranéens (surtout Italiens, donc Corses) et concernent des ancêtres ayant (eu) un rapport avec quelqu’un ou quelque chose passé par Athènes.

Avec ça, on n’est pas plus avancé pour une drachme, tellement la chose semble évidente et logique: ‘Gréco: qui vient de Grèce’ dit le ‘Pédia’ du net…Du coup, autant aller voir un peu chez les grecs, dont l’adjectif -identique- sera souvent utilisé pour qualifier un détail physique particulier (le pied grec, le nez grec) sur des critères en général esthétiques; moins élogieux sera le sens qui apparaitra à la Renaissance, les Grecs étant devenus le symbole de la science (politique, entre autres) mais aussi de l’habileté donc de…la ruse (no comment).

Au 19ème siècle, il ne fait pas bon être grec car le terme est désormais synonyme de roublard ou de voleur, au mieux de radin! Il n’y a guère qu’en cuisine que l’expression ‘à la grecque’ gardera une certaine saveur…Alors, pourquoi avons-nous gardé ce terme, alors que les propres nationaux ont opté pour ‘Hellas’ (rien à voir avec une lamentation, comme s’en amusent les élèves de secondaire)?

Bien avant l’ère chrétienne, les soldats de la péninsule sont bien des Héllènes, des gens habitant ‘Hellas’; le mot est utilisé pour désigner la Thessalie du sud (la grande région du nord-est) puis, par extension, la Grèce continentale par opposition aux îles puis aux territoires voisins, la Perse voire l’Italie. Car ce sont les Romains qui vont détruire le nom en imposant le mot ‘Graeci’, déjà synonyme de ‘non-Juifs’ (à l’époque de l’Empire) puis de ‘non-chrétiens’ (au moment de la chrétienté), c’est-à-dire ceux qui ont encore une religion de plusieurs dieux, autant dire des païens…

Tout ça n’explique pas vraiment où les césars sont allés chercher ce son bizarre de ‘grrr-’. Plusieurs linguistes rattachent le son (avec une connotation péjorative) à un adjectif…grec qui signifie vieux, pour ne pas dire vieille, une ‘grèce’ désignant souvent par ironie une vieille femme. Y-aurait-il eu un glissement de sens vers ‘une vieille société’, les Latins considérant la civilisation grecque comme plus ancienne que la leur ?

Le mot pourrait alors peut-être s’appliquer à la longévité de la carrière de Juliette; au moins étymologiquement!