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…de Rome est devenue définitivement célèbre grâce à la Salle de réunion municipale du Congrès des Etats-Unis, puisque telle est la fonction (et la définition) d’un capitole, aussi bien à Washington qu’à Toulouse! Et tout ça à cause d’un Jupiter de la mythologie latine auquel était consacré l’une des ‘Sept Collines de Rome’ (1). Comme l’une de ces hauteurs était spécialement dédié au chef des dieux (et aussi à sa femme, mais ça ne compte pas) et que les Grecs avaient déjà piqué l’idée (et le terrain) de l’Olympe, on lui avait donc choisi le qualificatif logique de Jupiter capitolin.

Car la racine de capitolin, c’est celle de ‘caput’, la tête (chez un humain) ou le sommet (pour une montagne), en tous cas quelque chose de haut, donc qui domine, donc qui commande, etc, etc… Tout ce qui est Capitole va donc, au cours des siècles, être plus ou moins directement une référence à une hauteur ou à une altesse si vous préférez, pas forcément monégasque mais simplement communale, d’où le surnom presque systématique de l’équipe de tête de la cité et, par extension, le bâtiment de travail et de représentation officielle.

Etymologiquement, cette ‘caput’ va donc donner son titre à la ville qui est à la tête d’un pays, la capitale, bousculant alors un petit peu le sens centralisé du mot pour en fait ‘juste’ quelque chose d’important, bref de…capital. Sans oublier le verbe qui fera – à tout le moins! – tourner pas mal de têtes grâce à (ou à cause de) un préfixe de…séparation, soit dé-capiter. Signalons à l’occasion que l’adjectif ‘capital’ a eu un sens très particulier à une certaine époque, celui de quelque chose de…grave, en tout cas suffisamment pour être mortel puisqu’un ‘procès capital’ signifiait alors que vous pouviez y perdre la tête (et pas que psychologiquement) !

Ce n’est pas pour me couvrir, mais je vous demande de croire qu’il existe aussi une forme ‘savante’ et apparemment bizarre de ‘caput’ qui s’est transformée en…’chef’. Et là encore, si on commence par le plus proche, le chapeau qui couvre la tête s’appelle bien un couvre-chef; quant au chef de cuisine, au grand-chef ou autres petits chefs, il s’agit bien de celui qui commande sa brigade, sa tribu ou son service, avec toujours le même sens, surtout s’ils habitent un chef-lieu, c’est-à-dire l’agglomération qui est à la tête du département ou du canton!

Et puisqu’on en est aux formes un peu inattendues, rajoutons à ce chef un chapitre, à savoir une tête de paragraphe(s) ou de division dans un ouvrage écrit, un mot lui aussi issu du verbe…capituler (caput > capitulare > chapituler > chapitre). Et pas besoin de s’arracher tous les cheveux de la tête pour faire le lien: en effet, un ‘capitule’ ou un chapitre, dans le contexte de la guerre, c’est un article qu’on rédige pour signer la paix (un peu comme un amendement pour faire taire les députés qui se battent pour une loi). Donc, si on ajoute quelques chapitres à traité de paix, c’est qu’on va capituler; sans violence (même si parfois, des têtes vont tomber)…

Il n’empêche, les locataires les plus connus des Capitole se sont toujours fait plumer un jour car, à côté des dindons de la farce trumpéenne (« Marchez sur le Congrès, mais moi j’ai rien dit, j’ai rien fait… »), ce sont bien des oies qui sont entrées dans l’Histoire en interrompant la sieste (2) des Romains pour les avertir de la présence des Gaulois, une escouade de cacardeuses pas chère et moins dangereuse que les armes de la police capitoline!

  1. Oui, vous les connaissez par coeur: l’Aventin, le Quirinal, le Palatin…Lesquelles n’étaient pas sept d’ailleurs mais huit; il semble qu’il y ait eu une confusion (définitive) avec un terme quasi-homonyme qui signifiait (des collines) ‘protégées par un mur’, ou ‘renforcées’ (et non pas sept!).  
  2. Je sais, c’était peut-être bien la nuit, mais comme on est presque sûr qu’il s’agit d’une légende…

…un nom revient à la Une à l’occasion de la reprise (ou la poursuite) des recherches pour retrouver l’infirmière tarnaise disparue en décembre 2020, et dont le patronyme intrigue plusieurs lecteurs. Désormais avertis de la prudence habituelle avec laquelle il faut aborder des rapprochements sonores trop faciles (1), certains hésitent à proposer des hypothèses. Malheureusement cette fois-ci, pas de quoi se réjouir peut-être, y compris étymologiquement.

Malgré quelques faibles autres pistes, on peut s’accorder sur la provenance de la très grande majorité des porteurs de ce nom, l’Occitanie, et sans doute plus précisément l’actuel département de l’Aude (‘proche’ du Tarn, au moins dans la notion de Région). L’un des premiers indices linguistiques en est ce son final en ‘-ar’ (2), caractéristique des habitudes locales pour qualifier un état ou la personne qui fait une action, un peu l‘équivalent du ‘-eur’ des noms de métiers, comme métreur, carreleur, chauffeur ou…amuseur.

Car la racine du mot cette fois (jubil-) vient bien du verbe latin qui signifie se réjouir (jubilare); on trouve donc des versions avec un ou deux ‘L’ -ce qui ne change rien au sens- qui ont pu qualifier des gens qui, plus précisément, poussent des cris de joie; cela allait du simple joyeux luron au type franchement excité (voire sous la drogue ou la torture), en passant par le ‘ravi’ du village! Avant de devenir au 19ème siècle, donc très ‘tardivement’, un simple synonyme de satisfaction morale ou intellectuelle (parfois ironique ou mal intentionnée d’ailleurs), le mot servait, depuis le Moyen-Age, à exprimer une joie intense qui devait donc se traduire par des débordements sonores.

C’est l’influence chrétienne qui va apaiser progressivement tout ce bruit en consacrant le terme à des chants d’allégresse et donc de louange à l’intention du divin, dans une démarche de réjouissance et donc forcément de…jubilation spirituelle. Or, sur un plan plus laïc, vont probablement se produire un télescopage et une confusion de sens avec la francisation du mot hébreu (‘yôbel’) qui définit une période de rémission, c’est-à-dire, dans la tradition juive, un temps de repos (si possible un an) consacré à Dieu.

Et comme cette période revenait tous les cinquante ans sur décision papale – ce que l’on appellera, à partir du 14ème siècle, l’Année Sainte – le mot a progressivement pris le sens d’anniversaire (50), que ce soit pour célébrer le temps de règne d’un(e) monarque ou les débuts d’arthrose d’un footballeur sur la pelouse. Finalement, pas tant de raisons que ça de faire la fête, et encore moins devant une disparition inquiétante. Sauf, pour une fois, étymologiquement.

(1) Voir tous les articles de la ’Série bizarre’ en archives

(2) Rien à voir avec le suffixe péjoratif ‘-ard’ traditionnel.

…d’un poste à l’autre, d’un club à l’autre, d’un pays voire d’un continent à l’autre. Et c’est largement le cas du nouvel entraineur d’une équipe du PSG français dont il fut autrefois capitaine, puis joueur aux Girondins de Bordeaux, après un retour à l’Espanyol de Barcelone, le tout en provenance de l’Argentine, son pays…non pas d’origine mais ‘simplement’ de naissance, car la vraie racine des Pochettino est bien celle de l’apparence du mot, soit l’Italie..

Les ancêtres de Mauricio ont en effet traversé l’Atlantique en quittant le Piémont, la région la plus à l’ouest des provinces italiennes, limitrophe avec la France. En attendant de s’intégrer assez facilement à la langue espagnole majoritairement parlée à Buenos Aires, la racine transalpine exprime un diminutif, marquée par un suffixe en ‘-ino’ ou -ttino, selon la dernière consonne du mot concerné. 

Tout comme la souris (topo) va devenir le nom de la plus fameuse petite-souris Topolino, celui que nous appelons Mickey (en…français), ‘pochettino’ est une version affectueuse ou ironique -selon le contexte- d’une idée de ‘peu’…Ce dernier mot est d’ailleurs l’une des nombreuses transformations du latin ‘pauci’ (ou pauca, pour désigner des choses) qui signifie pas nombreux ou pas important. Dans tous les cas, petit(e.s)!

Dans plusieurs langues, un mot commençant par ‘pauc-‘ ou ‘poc-’ (1) va se rapporter à cette notion de petitesse. Parfois pour qualifier la taille d’un homme (génétiquement, c’est ironique; familialement, c’est affectueux), d’autres fois au sujet de son intelligence (pas très éveillé) ou pour estimer des richesses (pas beaucoup d’argent). 

Mais le sens le plus ordinaire s’adresse en général à des gens qui « n’en foutent pas une rame », qui se bougent peu ou qui ne produisent que des ‘broutilles’, pour ne pas dire « qui gardent les mains dans les poches ». Lesquelles n’ont rien à voir avec notre patronyme: la poche française de votre pantalon vient en effet de…l’arabe ‘pokka’ qui définit un petit sac ou une bourse (2). Un Pochettino n’a donc pas vocation à s’en mettre plein les poches mais plutôt à en faire le moins possible. Voilà un vrai challenge sportif,  en tous cas étymologiquement!   

  1. Son identique qui va donner le ‘poco’ hispanique ou…italien, réunissant sonorité et orthographe. Certains lient également cette même racine latine au…‘bisschen’ germanique et au ‘beetje’ flamand, avec une évolution gutturale du ‘p’ (pauci) en ‘b’.
  2. D’où, à côté d’un ‘pochon’ académique, l’utilisation impropre d’une ‘poche’ dans certaines régions pour désigner un sac en papier incompréhensible pour des touristes parisiens…

…et de façon parfois surprenante, au moins d’un point de vue orthographique. Alors, pour garder en mémoire l’oeuvre de l’acteur et metteur en scène d’origine…azéri(e), il faut écouter le son du mot et le rapprocher de la grande famille des Hussein, Hocine ou…Usain. Voir donc l’article sur l’athlète jamaïcain Bolt dans les archives!

…ce sont, avec plusieurs autres, les qualificatifs qui ont salué la disparition du couturier et créateur français; on lui a assez reproché, en son temps, d’être également l’industriel qui a vulgarisé le luxe en édifiant un empire commercial de franchises, signe que ce fils d’immigré italien n’avait rien d’un richard mais d’un homme qui savait fixer -et garder- le cap…au plus près de la racine!

Contrairement à la définition un peu hâtive et simpliste qu’en donnent certaines pages, Cardin n’a rien à voir avec une forme…bretonne de Chardin, l’un et l’autre étant effectivement des ‘aphérèses’ de Richard(in), après la chute de la première syllabe.  Ce qui n’empêche pas un certain nombre de Cardin vendéens ou normands (de souche réelle) d’exister.

Mais puisqu’on parle d’ascendance italienne, il faut restituer l’état-civil d’origine du petit Pietro (forcément) Cardin (prononcez Cardine) sur les registres d’un village de la région de Venise…Du coup, le mot se retrouve en tête dans la famille des Cardinali locaux, ceux que l’on va évidemment retrouver en France sous la forme Cardinal pour des désigner des gens qui, comme les Leprêtre ou les Lepape, n’ont pas pas été des dignitaires religieux mais des gens hautains ou orgueilleux, réputation faite à ces derniers en raison de leur comportement (rituel?) grave et pour le moins cérémonieux.   

Les plus Cardinal de tous vont effectivement être ces prélats nommés par les papes, que l’on va qualifier de…cardinaux et qui vont faire voir rouge à certaines époques, ne serait-ce qu’à cause de leur tenue vestimentaire. Et si les Richelieu et autre Mazarin se promenaient en robe pourpre (la véritable nuance de la couleur, dite ‘cardinalice’), c’était pour imiter la toge des sénateurs romains et, dit la mythologie chrétienne, pour rappeler le sang du Christ (à longueur de journée, ça devient gore, non?)

Plus convaincante sans doute (et plus profonde) serait la présence de Jésus comme symbole de repère spirituel, également transmis de façon ‘verticale’ par le Pape sur ses subordonnés qui portent le même adjectifs que les célèbres points géographiques homonymes: le rapport est d’ailleurs à la fois logique, puisque l’équivalent latin ‘cardinalis’ définissait une période, un chiffre ou une direction caractéristiques, comme les saisons par exemple, puis un solstice (donc le point du soleil, à commencer par l’Orient), et enfin les quatre perspectives de l’espace qui ont donné notre expression, sans oublier les nombres naturels qui rythment notre façon de compter.

Or, ces divers symboles déjà très ‘structurants’ sur lesquels on pouvait s’appuyer pour découper le monde ont une raison très ‘étymo’ en plus de logique, c’est la racine même de tous ces termes qui est ‘cardo’. A Rome, c’est l’objet même sans lequel rien ne peut tenir debout et sur lequel on doit s’appuyer pour faire tenir une maison, le gond de la porte! C’est peut-être un détail pour vous, mais pour les Romains ça veut dire beaucoup, car le sens du mot va être élargi à tout ce qui joue le rôle de pivot, d’un point de vue matériel d’abord, puis, au second degré, à une référence intellectuelle (le point capital d’une théorie, le témoignage-clé d’une enquête, par exemple) mais aussi spirituelle. 

Voilà pourquoi l’homme sur lequel on doit s’appuyer en matière de recours et de jugement religieux est forcément devenu cardinal. Pas besoin de beaucoup de commentaires supplémentaires pour voir également en Pierre Cardin une véritable référence de la mode. Y compris donc étymologiquement.